La concordance des temps : la règle expliquée pour ne plus perdre de points en copie
Une faute de concordance des temps ne se repère pas comme une faute d'accord. Elle n'éclate pas à la ligne où elle se produit.
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Une faute de concordance des temps ne se repère pas comme une faute d'accord. Elle n'éclate pas à la ligne où elle se produit. Elle désorganise le paragraphe entier. Le correcteur la perçoit pourtant aussitôt : le récit perd son ancrage et la démonstration cesse d'avancer. Cette règle est souvent réduite à un tableau appris en quatrième, puis jamais revu. Elle pèse pourtant autant dans une copie de l'épreuve anticipée de français que dans une dissertation de concours. Elle n'a rien d'un ornement grammatical. Elle organise la chronologie interne d'un texte et rend lisible l'enchaînement des idées. Sa maîtrise demande quelques heures de travail. Son absence coûte des points à chaque page.
Ce que la concordance des temps organise réellement
Une règle de cohérence avant d'être une règle de conjugaison
La concordance des temps désigne les contraintes qui règlent le choix du temps d'un verbe subordonné. Ce choix se fait en fonction du temps du verbe principal dont il dépend. La règle constitue avant tout un instrument de cohérence. Elle indique où se situe chaque fait par rapport à un repère unique. Maurice Grevisse, dans Le Bon Usage dont la première édition date de 1936, apporte une nuance utile. Selon lui, le temps de la subordonnée dépend moins du temps de la principale que du rapport chronologique voulu entre les deux faits.
L'enjeu est concret. Il affirmait qu'il avait raison et Il affirmait qu'il a raison ne disent pas la même chose. La première phrase enferme l'affirmation dans le passé. La seconde la prolonge jusqu'au moment où l'on écrit. Une copie qui alterne les deux constructions sans motif brouille son propre point de vue. Le lecteur ne sait plus d'où parle le candidat. On écrit Il expliqua qu'il partirait le lendemain et non Il expliqua qu'il partira le lendemain.
Simultanéité, antériorité, postériorité : les trois rapports à identifier
Toute la règle tient dans une question posée avant de conjuguer. Le fait subordonné est-il simultané, antérieur ou postérieur au fait principal ? La simultanéité place les deux événements sur le même plan. L'antériorité situe le fait subordonné avant celui de la principale et appelle un temps composé. La postériorité le situe après et appelle un futur. Ce sera le futur simple si le repère est le présent. Ce sera le futur du passé, de forme identique au conditionnel, si le repère est le passé.
Un même verbe introducteur donne ainsi trois phrases distinctes : Je sais qu'il travaille, Je sais qu'il a travaillé, Je sais qu'il travaillera. Transposées au passé, elles deviennent Je savais qu'il travaillait, Je savais qu'il avait travaillé, Je savais qu'il travaillerait. La faute apparaît lorsque le candidat conserve le temps du style direct. On écrit Elle nous avait promis qu'elle reviendrait et non Elle nous avait promis qu'elle reviendra. Identifier le rapport chronologique avant de choisir la terminaison évite la quasi-totalité de ces erreurs.
La concordance à l'indicatif dans la subordonnée complétive
Le verbe principal au présent ou au futur
Le verbe de la principale est au présent. La subordonnée complétive introduite par que se règle alors sur le moment de l'énonciation. La simultanéité s'exprime au présent. L'antériorité s'exprime au passé composé, ou à l'imparfait pour un état durable révolu. La postériorité s'exprime au futur simple. Cela donne trois phrases : Le narrateur constate que la ville change, Le narrateur constate que la ville a changé, Le narrateur constate que la ville changera.
Le même régime vaut quand la principale est au futur, puisque le repère reste l'axe du présent : Le lecteur comprendra vite que ce raisonnement ne tient pas. Une souplesse existe sur l'antériorité. Le passé simple y demeure possible dans un registre soutenu : Chacun sait que Racine fit jouer Phèdre en 1677. La postériorité, en revanche, n'admet aucune hésitation. On écrit Je crois qu'il viendra et non Je crois qu'il viendrait. Cette seconde forme n'est recevable que pour exprimer une hypothèse. Les rapports de jury signalent souvent le conditionnel employé à la place du futur après une principale au présent.
Le verbe principal à un temps du passé
Le repère bascule dès que la principale passe à l'imparfait, au passé simple, au passé composé ou au plus-que-parfait. La simultanéité s'exprime alors à l'imparfait. L'antériorité s'exprime au plus-que-parfait, ou au passé antérieur dans un récit au passé simple. La postériorité s'exprime au conditionnel présent. Celui-ci joue ici le rôle de futur du passé et n'exprime aucune hypothèse. Les trois phrases sont : Il ignorait que sa lettre arrivait trop tard, Il ignorait que sa lettre était arrivée trop tard, Il ignorait que sa lettre arriverait trop tard.
La forme en -rait est spontanément lue comme un conditionnel d'hypothèse. Certains candidats la fuient pour cette raison. Elle est pourtant obligatoire ici. On écrit Le jury avait annoncé que les résultats seraient publiés en juillet et non que les résultats seront publiés en juillet. Une exception subsiste. Le présent se maintient lorsque l'énoncé garde une portée générale au moment où l'on écrit. On écrit ainsi Galilée a démontré que la Terre tourne autour du Soleil. La forme tournait laisserait entendre que le fait a cessé d'être vrai.
Du discours direct au discours indirect
La transposition des temps et des personnes
Le passage au discours indirect subordonne les paroles rapportées à un verbe introducteur. Ce verbe impose sa loi. Si l'introducteur est au présent, rien ne bouge : Il dit : « Je pars » devient Il dit qu'il part. S'il est à un temps du passé, la transposition s'applique intégralement. Le présent devient imparfait. Le passé composé et le passé simple deviennent plus-que-parfait. Le futur simple devient conditionnel présent. Le futur antérieur devient conditionnel passé. L'imparfait, le plus-que-parfait et le conditionnel restent inchangés, faute de forme plus reculée disponible.
Il déclara : « J'ai tout relu et je rendrai ma copie » devient ainsi Il déclara qu'il avait tout relu et qu'il rendrait sa copie. Les personnes se transposent en même temps que les temps. Cette double opération concentre les erreurs. On écrit Elle m'a répondu qu'elle ne pouvait pas me recevoir et non qu'elle ne peut pas me recevoir. On n'écrit pas davantage qu'elle ne pouvait pas vous recevoir, qui mêle deux systèmes énonciatifs.
Marqueurs temporels et interrogation indirecte
La transposition atteint également les repères de temps et de lieu. Ils cessent d'être calculés depuis le moment de la parole. Ils le sont désormais depuis le moment raconté.
aujourd'hui devient ce jour-là ; hier devient la veille ; demain devient le lendemain ;
maintenant devient alors ou à ce moment-là ; ici devient là ;
la semaine prochaine devient la semaine suivante ; il y a trois jours devient trois jours plus tôt.
On écrit donc Il m'avait promis la veille qu'il partirait le lendemain et non Il m'avait promis hier qu'il partirait demain. L'interrogation indirecte obéit aux mêmes contraintes. Trois règles propres s'y ajoutent : disparition du point d'interrogation, disparition de l'inversion du sujet, transformation des tournures en est-ce que. Ainsi est-ce que devient si, qu'est-ce que devient ce que, qu'est-ce qui devient ce qui. On écrit Il demanda si nous avions terminé et non Il demanda est-ce que nous avions terminé. On écrit Elle voulait savoir quand il partirait et non Elle voulait savoir quand partirait-il.
La concordance au subjonctif
La règle classique à quatre temps
Le subjonctif dispose en théorie de quatre temps. La grammaire classique les répartit selon un schéma symétrique de celui de l'indicatif. Le verbe principal est au présent ou au futur. La subordonnée se met alors au subjonctif présent pour la simultanéité et la postériorité, au subjonctif passé pour l'antériorité : Je doute qu'il vienne, Je doute qu'il soit venu. Le verbe principal est à un temps du passé ou au conditionnel. La subordonnée se met alors au subjonctif imparfait pour la simultanéité et la postériorité, au subjonctif plus-que-parfait pour l'antériorité : Je doutais qu'il vînt, Je doutais qu'il fût venu.
Ce système reste vivant chez les auteurs classiques et chez la plupart des prosateurs du XIXe siècle. Il explique donc une part considérable des formes rencontrées en explication de texte. Savoir les reconnaître est décisif. Les formes qu'il fût, qu'il eût, qu'il pût, qu'il fît portent un accent circonflexe. Cet accent les distingue du passé simple il fut, il eut, il put, il fit. Confondre les deux revient à se tromper de mode, donc de sens. Cette distinction graphique revient régulièrement aux questions de langue.
L'usage contemporain et ce qui est attendu dans une copie
L'usage a fortement réduit ce système à quatre temps. Dès le XIXe siècle, l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif reculent dans la langue parlée. Au XXe siècle, ils quittent la prose courante. Ils se maintiennent surtout à l'écrit soutenu, et principalement à la troisième personne du singulier. La langue soignée d'aujourd'hui emploie à leur place le subjonctif présent et le subjonctif passé, quel que soit le temps de la principale : Je doutais qu'il vienne, Je regrettais qu'il soit parti.
Deux états de langue coexistent donc, et les copies peuvent s'appuyer sur l'un comme sur l'autre. Le subjonctif imparfait n'est ni exigé ni sanctionné par les correcteurs. Deux exigences demeurent en revanche. La première porte sur le mode. Le subjonctif s'emploie là où la construction l'impose, après bien que, avant que, pour que, à moins que, il faut que, ainsi qu'après les verbes de volonté, de sentiment et de doute. On écrit Il faut qu'il sache et non Il faut qu'il sait. La seconde porte sur la morphologie. Une forme d'imparfait du subjonctif employée sans sûreté produit une erreur de conjugaison, alors que le subjonctif présent aurait suffi.
Le système hypothétique avec « si »
Les trois constructions
L'hypothèse introduite par si obéit à un système fermé. Il ne compte que trois constructions canoniques. Les connaître dispense de toute hésitation.
Si + présent dans la subordonnée, présent, futur simple ou impératif dans la principale. L'hypothèse est réalisable : S'il révise ce chapitre, il gagnera deux points.
Si + imparfait dans la subordonnée, conditionnel présent dans la principale. L'hypothèse est irréelle dans le présent, ou simplement envisagée : S'il révisait ce chapitre, il gagnerait deux points.
Si + plus-que-parfait dans la subordonnée, conditionnel passé dans la principale. L'hypothèse est irréelle dans le passé, le fait ne s'étant pas produit : S'il avait révisé ce chapitre, il aurait gagné deux points.
Une quatrième combinaison, parfaitement correcte, mêle les deux dernières. Elle s'emploie quand la conséquence porte sur le présent alors que l'hypothèse porte sur le passé : Si j'avais accepté ce poste, je vivrais aujourd'hui à Lyon. La langue littéraire connaît en outre une variante. Le subjonctif plus-que-parfait et le conditionnel passé deuxième forme y prennent le relais : S'il eût voulu, il eût réussi. En copie, cette tournure se rencontre surtout dans les citations.
Jamais de conditionnel ni de futur après le « si » de condition
La règle la plus rentable de toute la concordance tient en une ligne. Après le si de condition, ni futur ni conditionnel. La subordonnée hypothétique n'admet que le présent, l'imparfait, le passé composé et le plus-que-parfait. On écrit Si j'avais su, je serais venu et non Si j'aurais su, je serais venu. On écrit Si je peux, je le préviendrai et non Si je pourrai, je le préviendrai.
Encore faut-il ne pas généraliser abusivement l'interdiction, car tous les si ne sont pas conditionnels. Celui de l'interrogation indirecte équivaut à est-ce que. Il accepte sans réserve le futur et le conditionnel : Je me demande si j'aurai le temps et Il ignorait s'il réussirait sont irréprochables. Le si concessif, synonyme de bien que, échappe lui aussi au système hypothétique : S'il est brillant, il reste maladroit. Le test est immédiat. Si l'on peut remplacer si par à supposer que, la restriction s'applique. Si l'on peut le remplacer par est-ce que ou par bien que, elle ne s'applique pas.
Les systèmes de temps du récit et de la dissertation
Le système du passé simple
Le récit littéraire classique repose sur un ensemble solidaire. Le passé simple en constitue le pivot. Autour de lui gravitent l'imparfait, qui installe le décor et les états durables, puis le plus-que-parfait et le passé antérieur, qui marquent l'antériorité, enfin le conditionnel présent, qui exprime le futur du passé. Ce système a la particularité d'être coupé de la situation d'énonciation. Émile Benveniste, dans ses Problèmes de linguistique générale réunis en 1966, le nomme le plan de l'histoire, par opposition au plan du discours. Harald Weinrich, dans Tempus paru en 1964 et traduit en français en 1973, parle de monde raconté par opposition au monde commenté.
Concrètement, le passé antérieur ne s'emploie qu'en corrélation avec un passé simple. Il apparaît dans une subordonnée temporelle introduite par quand, lorsque, dès que, aussitôt que ou après que : Quand il eut achevé sa lettre, il la relut lentement. On écrit Dès qu'il eut compris son erreur, il se tut et non Dès qu'il avait compris son erreur, il se tut, qui rompt la corrélation.
Le système du passé composé
Le second système remplace le passé simple par le passé composé. Il conserve l'imparfait et le plus-que-parfait. Il ancre le récit dans le présent du narrateur. Les faits sont racontés depuis le point où celui-ci se trouve. La postériorité s'y dit au futur simple et non au conditionnel. L'exemple le plus souvent commenté en est L'Étranger de Camus, paru en 1942. Jean-Paul Sartre, dans une étude publiée en 1943, y voit une juxtaposition d'instants sans lien de causalité, produite par l'emploi du passé composé.
Le point décisif, en copie, tient à l'unité de la séquence narrative. Les deux systèmes ne se mélangent pas à l'intérieur d'une même séquence. On écrit Il entra dans la pièce et vit la lettre sur la table. On écrit aussi Il est entré dans la pièce et il a vu la lettre sur la table. On n'écrit pas Il entra dans la pièce et il a vu la lettre sur la table. La règle vaut pour l'écriture d'invention comme pour les récits insérés dans une dissertation ou une colle. Le premier verbe de premier plan fixe le système, et tous les autres s'y conforment.
Présent de vérité générale, présent de narration et présent d'analyse
Trois emplois du présent traversent ces systèmes sans les contredire. Le présent de vérité générale énonce un fait dont la validité déborde le moment de l'énonciation : L'homme est un roseau pensant. C'est lui qui autorise la complétive à rester au présent après une principale au passé.
Le présent de narration s'insère dans un récit au passé pour en dramatiser un moment : Il marchait depuis deux heures dans le brouillard. Soudain, une silhouette sort du fossé et lui barre la route. L'effet repose sur sa rareté. Employé trois fois dans la même page, il devient une incohérence de temps. Le présent d'analyse, enfin, est celui du commentaire et de la dissertation. On écrit Flaubert construit son roman sur une série de désillusions et non Flaubert construisait son roman, parce que l'œuvre est traitée comme un objet permanent. Le passé composé y reste réservé aux faits biographiques et éditoriaux datés : Flaubert a publié Madame Bovary en 1857. Une dissertation cohérente combine ainsi présent d'analyse et passé composé documentaire, sans glisser à l'imparfait.
Les erreurs les plus fréquentes dans les copies
Les fautes lourdes
Quatre fautes reviennent avec régularité et coûtent des points de langue à chaque occurrence. La première est le conditionnel après si : si j'aurais, si je serais, s'il pourrait. La deuxième est l'abandon du futur du passé. On écrit Le professeur nous avait prévenus que le devoir porterait sur le chapitre trois et non que le devoir portera sur le chapitre trois. La troisième est le mélange des systèmes narratifs. Elle produit des séquences comme Elle ouvrit la porte et elle a compris que tout était fini.
La quatrième est plus discrète. Elle se loge dans le discours indirect long. Le candidat transpose correctement, puis revient sans s'en apercevoir aux temps et aux personnes du discours direct. Le texte oscille alors entre il disait qu'il partirait et il disait : je partirai demain, sans guillemets pour signaler le changement. Relire d'un seul trait les passages rapportés permet de repérer cette dérive. Une relecture phrase par phrase la laisse passer.
Les fautes discrètes qui pèsent aussi
D'autres erreurs échappent au candidat, mais pas au correcteur. Le mode employé après après que en fait partie. La règle classique demande l'indicatif, parce que la locution présente un fait accompli et réel : Après qu'il eut terminé, il rangea ses affaires. L'usage courant emploie fréquemment le subjonctif, par analogie avec avant que : après qu'il eût terminé. L'Académie française maintient l'indicatif, et c'est la forme attendue en copie. La locution avant que, elle, réclame le subjonctif, puisque le fait n'est pas encore réalisé. Le verbe espérer, à la forme affirmative, se construit à l'indicatif : on écrit J'espère qu'il viendra et non J'espère qu'il vienne.
Viennent ensuite les confusions de terminaisons. Une seule lettre sépare le passé simple je chantai de l'imparfait je chantais. Une seule lettre sépare de même le futur je chanterai du conditionnel je chanterais. Dans un système hypothétique, cette lettre décide de la correction de la phrase entière. On écrit Si j'avais le temps, je relirais tout et non je relirai tout. Enfin, quoique et bien que commandent le subjonctif. On écrit Bien qu'il soit fatigué et non Bien qu'il est fatigué.
Méthode : relire sa concordance en temps limité
Une passe de relecture dédiée aux subordonnants
Une relecture globale ne détecte pas les fautes de concordance. L'œil suit le sens et non la chronologie. Une passe spécifique, rapide et ciblée, donne de meilleurs résultats. Le principe consiste à balayer la copie en s'arrêtant à quatre signaux seulement : que, si, quand et les guillemets ouvrants. Chacun ouvre une zone à risque, et il n'y en a guère d'autres en pratique.
À chaque que, on remonte au verbe introducteur et l'on pose une question binaire : présent ou passé ? Si l'introducteur est au passé, aucun futur simple ne doit apparaître dans la subordonnée, sauf portée de vérité générale. À chaque si, on vérifie d'abord sa nature : condition, interrogation indirecte ou concession. S'il est conditionnel, on s'assure qu'aucune terminaison en -rai ou en -rais ne figure dans la subordonnée. À chaque guillemet ouvrant, on contrôle que le passage rapporté reste homogène jusqu'à la fermeture. Cette passe demande peu de temps, puisqu'elle ignore tout le reste du texte.
Trois tests rapides et un budget de temps
Trois tests mécaniques tranchent ensuite les cas douteux. Le test de substitution de personne règle l'opposition entre -ai et -ais. On remplace je par il et l'on écoute le résultat. Je chanterais devient il chanterait, forme de conditionnel. Je chanterai devient il chantera, forme de futur. Le test du remplacement de si fixe la nature de la conjonction. Le test du premier verbe contrôle enfin l'unité du récit. On repère le premier verbe de premier plan, on note son système, puis on vérifie que les suivants s'y tiennent.
Reste la question du temps disponible. L'écrit de l'épreuve anticipée de français dure quatre heures, comme la dissertation de culture générale en ECG. Cinq à sept minutes réservées à cette seule passe suffisent à couvrir une copie de cette longueur. Sur les six heures d'une composition française de khâgne, dix minutes constituent un ordre de grandeur raisonnable. La condition est de les réserver d'avance, en arrêtant la rédaction assez tôt. Une relecture grammaticale improvisée dans les deux dernières minutes ne détecte presque rien.
Conclusion
La concordance des temps ne relève pas de l'élégance facultative. Elle conditionne la lisibilité d'une chronologie narrative comme celle d'un enchaînement démonstratif. Tout le système se ramène à un petit nombre de décisions. On identifie le temps du verbe principal. On détermine si le fait subordonné est simultané, antérieur ou postérieur. On choisit la forme correspondante. On ne laisse ni futur ni conditionnel derrière un si de condition. On transpose intégralement temps, personnes et repères au discours indirect. On verrouille un seul système narratif et on s'y tient. Ces réflexes couvrent la quasi-totalité des occurrences rencontrées en quatre heures d'épreuve. Le reste se joue à la relecture, dans une passe courte et ciblée, réservée d'avance. La règle se connaît en quelques heures. Elle devient un automatisme au fil des copies corrigées et reprises.
Travaille tes concours avec un mentor et transforme ces connaissances en points, avec ViragePrépa.










