Thomas Piketty : thèses, méthode et critiques
Thomas Piketty est un économiste français né en 1971, spécialiste de la répartition historique des revenus et des patrimoines.
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Thomas Piketty est un économiste français né en 1971, spécialiste de la répartition historique des revenus et des patrimoines. Il est directeur d'études à l'EHESS depuis 2000 et professeur à l'École d'économie de Paris depuis 2007. Sa singularité tient à sa méthode. Il reconstitue des séries statistiques très longues à partir des déclarations fiscales et successorales, plutôt qu'à partir des seules enquêtes déclaratives. Son ouvrage le plus connu, Le Capital au XXIe siècle, paru au Seuil en 2013, soutient que la concentration patrimoniale tend à s'accroître lorsque le rendement du capital dépasse durablement le taux de croissance. Ses résultats et ses propositions sont largement discutés.
Le parcours de Thomas Piketty et sa place institutionnelle
Un théoricien devenu historien des inégalités
Piketty soutient sa thèse en 1993, dans un programme doctoral européen mené entre l'EHESS et la London School of Economics. Il rejoint ensuite le MIT comme assistant professor, de 1993 à 1995. Ses premiers travaux relèvent de la théorie pure de la redistribution.
Le tournant se produit au retour en France. Il délaisse la modélisation abstraite pour l'enquête historique. Les Hauts revenus en France au XXe siècle, publié chez Grasset en 2001, reconstitue les revenus français sur tout le siècle.
L'EHESS et l'École d'économie de Paris
Piketty est directeur d'études à l'EHESS depuis 2000. Il est aussi professeur à l'École d'économie de Paris, dont il a été le directeur entre 2005 et 2007, au moment de sa création. Cette double appartenance éclaire son travail, entre sciences sociales et recherche quantitative.
Le laboratoire sur les inégalités mondiales
Piketty codirige depuis 2015 le World Inequality Lab, hébergé à l'École d'économie de Paris. Ce laboratoire alimente la base WID.world, née de la World Top Incomes Database. Celle-ci est créée en janvier 2011 par Facundo Alvaredo, Anthony Atkinson, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, puis élargie aux patrimoines en décembre 2015.
Le laboratoire publie aussi des rapports collectifs. Le Rapport sur les inégalités mondiales 2022 est coordonné par Lucas Chancel, avec Piketty, Saez et Gabriel Zucman. Il indique que le 1 % le plus riche a capté 38 % de la croissance des patrimoines depuis le milieu des années 1990. La moitié la moins dotée en a capté 2 %.
La méthode de Piketty : les sources fiscales et successorales
Ce que les enquêtes déclaratives laissent échapper
Les enquêtes auprès des ménages reposent sur un échantillon interrogé et sur des réponses déclarées. Elles présentent deux limites pour l'étude des inégalités.
La première est la faible représentation du sommet, car les ménages très fortunés sont peu nombreux et souvent absents des échantillons. La seconde est la troncature des montants les plus élevés dans les questionnaires, à quoi s'ajoute la sous-déclaration des revenus du capital.
Une enquête décrit donc bien le milieu de la distribution, moins bien ses extrémités. Or c'est le sommet qui intéresse Piketty.
Le pari des déclarations d'impôt et de succession
Piketty se tourne donc vers les archives fiscales. Les déclarations de revenus existent aux États-Unis depuis 1913, et les déclarations de succession donnent une photographie des patrimoines transmis.
L'avantage tient à la profondeur temporelle. Ces documents remontent sur un siècle ou davantage, et couvrent les très hauts revenus que les enquêtes manquent. L'article fondateur paraît avec Emmanuel Saez en 2003 dans le Quarterly Journal of Economics, sur les revenus américains de 1913 à 1998.
Le programme s'est ensuite élargi. La méthode des comptes nationaux distributifs, ou DINA selon l'acronyme anglais, répartit l'intégralité du revenu national entre les individus. Elle combine données fiscales, enquêtes et comptes nationaux, afin que les parts de chaque groupe additionnent le revenu national total.
Les limites que la méthode traîne avec elle
Piketty et ses coauteurs reconnaissent plusieurs fragilités. Les données fiscales ne mesurent que ce que la loi définit comme imposable, si bien qu'un changement de législation modifie la série sans que les inégalités réelles aient bougé. L'évasion fiscale introduit un second biais, et la valorisation au prix de marché rend les séries sensibles aux cycles immobiliers et boursiers.
Pour les vérifier, tu peux consulter la base WID.world et, pour la France, les publications de l'Insee tirées de l'enquête Histoire de vie et Patrimoine.
Le Capital au XXIe siècle : la thèse centrale de 2013
La relation entre le rendement du capital et la croissance
Le Capital au XXIe siècle paraît au Seuil en 2013. L'ouvrage compte 976 pages et la traduction anglaise paraît en 2014 chez Harvard University Press. Il propose une histoire longue de la répartition des richesses, appuyée sur des séries couvrant plus de vingt pays et trois siècles.
La formulation la plus citée est l'inégalité notée r supérieur à g. La lettre r désigne le rendement moyen du capital, la lettre g le taux de croissance de l'économie.
L'argument est le suivant. Quand le rendement du capital excède durablement la croissance, les patrimoines déjà constitués progressent plus vite que le revenu moyen. Les fortunes héritées prennent alors le pas sur celles du travail.
Une précision évite le contresens. Piketty ne présente pas cette relation comme une loi mécanique. Il écrit en 2015, dans l'American Economic Review, qu'il ne la considère pas comme le seul ni même le principal outil d'analyse du XXe siècle.
La dynamique du rapport capital sur revenu
Le second bloc porte sur le rapport entre le stock de capital et le revenu national, souvent noté bêta. Piketty le relie à l'épargne et à la croissance, par une relation qu'il nomme seconde loi fondamentale du capitalisme. À taux d'épargne donné, un ralentissement de la croissance élève ce rapport.
Les ordres de grandeur viennent d'un article écrit avec Gabriel Zucman, publié en 2014 dans le Quarterly Journal of Economics. Les auteurs y observent une hausse du rapport patrimoine sur revenu d'environ 200 à 300 % en 1970 à environ 400 à 600 % en 2010. Ces niveaux se rapprochent de ceux observés en Europe aux XVIIIe et XIXe siècles, de l'ordre de 600 à 700 %.
La courbe en U des inégalités au XXe siècle
Les parts de revenu des plus hauts déciles suivent, sur le XXe siècle, une trajectoire en forme de U. Les valeurs américaines sont les plus commentées.
Dans l'article de 2003 avec Saez, la part du décile supérieur oscille entre 40 et 45 % du revenu total durant l'entre-deux-guerres. Elle recule à environ 30 % pendant la Seconde Guerre mondiale, puis reste stable entre 31 et 32 % des années 1950 aux années 1970. Elle repasse au-dessus de 40 % au milieu des années 1990.
L'interprétation de Piketty accorde un rôle central aux chocs et aux institutions. Guerres, inflation et fiscalité progressive ont selon lui comprimé les patrimoines au milieu du siècle.
Capital et idéologie, puis Une brève histoire de l'égalité
Les régimes inégalitaires et leur justification
Capital et idéologie paraît au Seuil en 2019. Le livre déplace la question. Il ne s'agit plus seulement de mesurer les inégalités, mais d'examiner les discours qui les rendent acceptables.
La thèse centrale tient en une proposition. Toute société inégalitaire produit un récit justificateur, que Piketty nomme idéologie, et ce récit est une construction historique. Les niveaux d'inégalité relèvent donc de choix collectifs.
Le livre propose une typologie des régimes inégalitaires. Il distingue les sociétés ternaires, organisées autour d'un clergé, d'une noblesse et d'un tiers état, et les sociétés de propriétaires issues des révolutions de la fin du XVIIIe siècle. Viennent ensuite les sociétés coloniales, communistes et hypercapitalistes.
Une seconde partie, plus politique, analyse la recomposition des électorats et l'éclatement des clivages de classe. Ce fil est prolongé en 2023 dans Une histoire du conflit politique, avec Julia Cagé.
Le récit long de la marche vers l'égalité
Une brève histoire de l'égalité paraît au Seuil en 2021. Piketty y résume deux décennies de travaux pour un public non spécialiste. Il soutient qu'un mouvement de long terme vers plus d'égalité est observable depuis la fin du XVIIIe siècle, en matière de droits, d'éducation, de santé et de revenus. Il ajoute que ce mouvement n'a rien d'automatique.
Les ouvrages de Thomas Piketty en un tableau
Ouvrage | Année | Éditeur | Thèse centrale selon l'auteur |
|---|---|---|---|
Introduction à la théorie de la redistribution des richesses | 1994 | Economica | Approche théorique de la redistribution |
L'Économie des inégalités | 1997 | La Découverte | Synthèse sur la mesure des inégalités |
Les Hauts revenus en France au XXe siècle | 2001 | Grasset | Les revenus français de 1901 à 1998 vus par les archives fiscales |
Pour une révolution fiscale, avec C. Landais et E. Saez | 2011 | Seuil | Progressivité affaiblie du système fiscal français |
Le Capital au XXIe siècle | 2013 | Seuil | La concentration patrimoniale croît quand le rendement du capital dépasse la croissance |
Capital et idéologie | 2019 | Seuil | Chaque régime inégalitaire repose sur un récit justificateur historique, donc modifiable |
Une brève histoire de l'égalité | 2021 | Seuil | Une marche longue vers l'égalité, portée par les conflits |
Une histoire du conflit politique, avec Julia Cagé | 2023 | Seuil | Le vote français de 1789 à 2022 à l'échelle communale |
Les propositions normatives défendues par Piketty
Les paragraphes qui suivent exposent les propositions de Thomas Piketty, et non des recommandations.
L'impôt progressif sur le capital
Dans Le Capital au XXIe siècle, Piketty défend un impôt annuel et progressif sur le patrimoine net, dont le taux augmenterait avec la fortune détenue. Il présente cet instrument comme cohérent avec son diagnostic, puisqu'il agit sur le rendement net du capital.
Il y ajoute une condition de coordination internationale, car la mobilité des capitaux affaiblit selon lui l'assiette. Il reconnaît que la mise en oeuvre mondiale se heurte à de forts obstacles politiques. Dans Capital et idéologie, il combine cet impôt avec une fiscalité successorale fortement progressive.
La dotation en capital pour tous
Piketty propose dans Capital et idéologie une dotation en capital versée par la collectivité à chaque jeune adulte, à vingt-cinq ans, calibrée en proportion du patrimoine moyen par adulte.
L'argument est celui d'une circulation de la propriété. Une transmission concentrée reproduit selon lui les positions acquises, alors qu'une dotation universelle élargirait l'accès initial au patrimoine. Le financement viendrait de l'impôt sur la propriété et des successions.
Le socialisme participatif et le partage du pouvoir
Le troisième volet est institutionnel. Piketty nomme socialisme participatif le régime qu'il esquisse. Il y associe un partage des droits de vote dans les instances dirigeantes des entreprises, sur le modèle de la cogestion pratiquée en Allemagne et en Europe du Nord.
L'idée défendue est que la propriété du capital ne doit pas conférer seule le contrôle. Il propose d'attribuer une part significative des sièges aux salariés, et évoque un plafonnement des droits de vote des plus gros actionnaires.
Les critiques adressées au travail de Piketty
Les critiques portant sur la mesure du capital et le rendement
Une première série de critiques porte sur l'objet mesuré. Les séries de Piketty additionnent des actifs immobiliers, financiers et professionnels valorisés aux prix de marché, ce qui mélange selon plusieurs économistes capital productif et valeurs d'actifs.
La contribution la plus citée est celle de Matthew Rognlie, publiée en 2015 dans les Brookings Papers on Economic Activity. Son résultat central est que la hausse de longue période de la part nette du capital, dans les grands pays développés, tient entièrement au logement. Il y voit un effet de rareté du foncier.
Les données de l'Insee vont dans le même sens pour la France. Selon l'institut, la part des inégalités de patrimoine attribuable à l'immobilier passe de 55 % en 1998 à 62 % en 2021.
Les critiques théoriques : élasticité de substitution et seconde loi
La critique la plus technique concerne le lien entre le rapport capital sur revenu et la part du capital dans le revenu. Pour que cette part augmente quand le rapport s'élève, il faut que l'élasticité de substitution entre capital et travail soit supérieure à un.
Cette condition est contestée. De nombreuses estimations la situent en dessous de un dans les économies développées. La hausse du stock de capital ferait alors baisser la part du capital, et non l'inverse.
Une seconde critique vise la formule bêta égale s divisé par g. Per Krusell et Anthony Smith y consacrent un article publié en 2015 dans le Journal of Political Economy. Leur argument porte sur le taux d'épargne retenu, net de la dépréciation, qui implique selon eux des taux bruts très élevés lorsque la croissance tend vers zéro.
Les critiques institutionnelles et politiques
Daron Acemoglu et James Robinson publient en 2015, dans le Journal of Economic Perspectives, un article intitulé The Rise and Decline of General Laws of Capitalism. Ils y contestent l'ambition même de formuler des lois générales du capitalisme.
Leur argument est institutionnel. Selon eux, les inégalités s'expliquent d'abord par les institutions politiques et économiques, elles-mêmes endogènes. Leurs régressions sur plusieurs pays et plusieurs périodes ne font pas apparaître de relation positive robuste entre l'écart r moins g et la part des hauts revenus.
D'autres objections sont politiques. Certains jugent les propositions fiscales difficilement applicables sans coordination internationale.
Les réponses que Piketty apporte
Piketty a répondu à plusieurs de ces critiques dans sa contribution de 2015 à l'American Economic Review. Le premier point concerne le statut de r supérieur à g. Il y écrit qu'il ne la voit pas comme le seul ni même le principal outil d'analyse du XXe siècle.
Le deuxième concerne l'élasticité de substitution. Il indique que la lecture par un modèle à un seul bien n'est pas son interprétation préférée, et défend un modèle à plusieurs secteurs où les prix de l'immobilier jouent un rôle.
Le troisième concerne les institutions. Il écrit que les changements institutionnels et les chocs politiques, largement endogènes au développement, ont joué un rôle majeur. Piketty et son laboratoire publient par ailleurs leurs séries et leurs annexes en ligne.
Les auteurs avec lesquels confronter Piketty en dissertation
Kuznets et Solow : le socle avec lequel il discute
Simon Kuznets publie en 1955, dans l'American Economic Review, un article intitulé Economic Growth and Income Inequality. Il y avance l'hypothèse d'une relation en U inversé entre développement et inégalités.
Piketty se situe explicitement par rapport à cette hypothèse. Ses séries longues montrent une remontée des hauts revenus après les années 1970, qu'il attribue à des chocs et à des politiques plutôt qu'au développement.
Robert Solow propose en 1956, dans le Quarterly Journal of Economics, son modèle de croissance, qui relie stock de capital, épargne et croissance. La seconde loi de Piketty s'énonce dans ce type de cadre, ce qui explique que Krusell et Smith s'y placent aussi.
Atkinson, Saez et Zucman : l'école de la mesure
Anthony Atkinson est une référence obligée. Il travaille dès les années 1970 sur les patrimoines britanniques à partir de sources fiscales, et codirige avec Piketty des volumes collectifs sur les hauts revenus. Son ouvrage Inequality: What Can Be Done, publié en 2015 par Harvard University Press, propose un catalogue de mesures redistributives.
Emmanuel Saez est le coauteur des séries américaines depuis 2003, Gabriel Zucman celui des travaux sur les patrimoines. Attribuer à Piketty seul des résultats produits en coauteurs est une erreur fréquente.
Milanovic et Rawls : l'échelle mondiale et la justification
Branko Milanovic déplace la focale à l'échelle mondiale. Son ouvrage Global Inequality: A New Approach for the Age of Globalization, publié en 2016 par Harvard University Press, examine la distribution des revenus entre citoyens du monde. Il mobilise davantage les enquêtes de ménages harmonisées, ce qui offre un contrepoint méthodologique.
John Rawls fournit le versant philosophique. Sa Théorie de la justice, publiée en 1971, formule le principe de différence, selon lequel les inégalités doivent bénéficier aux plus défavorisés. La confrontation sépare le constat du choix de critère.
Mobiliser Piketty dans une copie sans le caricaturer
Les erreurs qui coûtent des points
La première erreur consiste à réduire l'auteur à une formule. Écrire simplement que Piketty dit r supérieur à g ne démontre rien. Le correcteur attend la mécanique et ses conditions.
La deuxième erreur consiste à présenter la relation comme une loi déterministe, alors que Piketty a lui-même relativisé ce statut en 2015. La troisième consiste à confondre le constat statistique et les propositions fiscales, qui relèvent de deux ordres différents.
La quatrième erreur consiste à ignorer les critiques. Citer Rognlie sur le logement, Krusell et Smith sur la seconde loi, Acemoglu et Robinson sur les institutions donne de la densité à ton propos.
Les usages qui fonctionnent en dissertation
Piketty sert d'abord de fournisseur de données longues. Sur les inégalités, la croissance ou la mondialisation, ses séries datent et localisent ton argumentation.
Il sert ensuite d'appui à une problématisation. Sur un sujet croissance et inégalités, tu peux opposer la lecture héritée de Kuznets, les séries de Piketty et Saez, puis le débat explicatif entre rendement du capital, prix de l'immobilier et institutions.
Il sert enfin d'exemple de méthode, le passage des enquêtes aux sources fiscales illustrant le lien entre choix de données et résultats.
Ce qu'il faut savoir dire en colle
Un exposé court peut suivre quatre étapes. Tu situes l'auteur et sa méthode fiscale, puis tu énonces la thèse de 2013 avec ses conditions. Tu donnes ensuite un ordre de grandeur daté, et tu termines par une critique nommée et la réponse de Piketty. Cette structure tient en deux minutes et évite de transformer l'oral en prise de position personnelle.
Conclusion
Thomas Piketty occupe une place singulière dans le paysage de l'ESH. Il fournit des séries longues, un cadre d'analyse identifiable et des propositions clairement assumées. Il est aussi l'objet de critiques académiques précises, auxquelles il a répondu par écrit.
Pour toi, l'enjeu n'est pas de choisir un camp. Il est de savoir restituer la thèse avec ses conditions, citer un ordre de grandeur daté, nommer un contradicteur et exposer la réponse. Cette mécanique vaut en dissertation comme en colle. Elle transforme un auteur très commenté en outil de raisonnement.
Garde en tête que les données évoluent. Les séries de WID.world et les publications de l'Insee sont mises à jour régulièrement. Vérifie donc un chiffre avant de le placer dans une copie.
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