Sujets probables HGG 2026 : analyse complète BCE (ESSEC et ESCP) et Ecricome

L'épreuve d'Histoire, Géographie et Géopolitique du monde contemporain, connue sous le nom d'HGGMC ou plus simplement de HGG, est l'une des épreuves les plus discriminantes du parcours géopolitique au concours BCE.

Lila Dumonteil Divies

L'épreuve d'Histoire, Géographie et Géopolitique du monde contemporain, connue sous le nom d'HGGMC ou plus simplement de HGG, est l'une des épreuves les plus discriminantes du parcours géopolitique au concours BCE. Son coefficient peut atteindre 8 à l'ESCP, à l'EDHEC, à emlyon et à GEM dans l'option maths appliquées, et 7 à l'ESSEC dans l'option maths approfondies. Pour les candidats du parcours maths appliquées et HGG, c'est souvent l'épreuve sur laquelle se joue l'essentiel du classement.

Si la HGG partage avec l'ESH la durée de quatre heures et le format dissertation, elle s'en distingue profondément par son objet : les relations internationales, les dynamiques de puissance, les enjeux géographiques et spatiaux, et l'histoire des grandes transformations du monde depuis 1913. L'épreuve ESCP connaît en 2026 une évolution majeure avec la suppression de la carte à réaliser, ce qui modifie significativement la façon dont les candidats doivent préparer cette épreuve.

Cet article décrypte l'architecture des épreuves, la logique propre à chaque banque et à chaque concepteur, l'analyse des sujets tombés depuis 2019, leur mise en relation avec l'actualité géopolitique du moment, et les sujets les plus probables pour la session 2026 à partir des grandes tensions géopolitiques de 2024-2026.

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L'architecture des épreuves HGG en 2026 : ce qui change et ce qui reste

Deux épreuves distinctes à la BCE, le changement majeur ESCP 2026

La BCE propose deux épreuves de HGG distinctes, conçues par deux écoles différentes. La première est conçue par l'ESSEC Business School, avec un coefficient de 7 dans le parcours maths approfondies pour l'ESSEC, mais surtout utilisée par plusieurs autres écoles du top BCE. La seconde est conçue par l'ESCP Business School et constitue de loin l'épreuve HGG la plus utilisée de la BCE : son coefficient atteint 8 à l'ESCP, à l'EDHEC, à emlyon et à GEM dans le parcours maths appliquées, ce qui en fait l'épreuve déterminante pour des dizaines de milliers de candidats.

La grande nouveauté pour la session 2026 est la suppression de la carte à réaliser dans l'épreuve ESCP. Depuis sa création, cette épreuve comportait une carte géopolitique à produire à partir d'un fond muet, notée sur 5 points, qui faisait de l'ESCP une épreuve atypique nécessitant un entraînement spécifique à la cartographie. À partir de 2026, l'épreuve ESCP bascule vers un format 100 % dissertation, accompagnée d'un dossier de trois documents maximum incluant une carte de référence tirée d'une publication reconnue. Le temps libéré par la suppression de la carte renforce les exigences analytiques : le jury sera plus attentif à la profondeur historique, à la dimension géographique et à la rigueur géopolitique de la dissertation.

Cette évolution rapproche l'épreuve ESCP du format ESSEC, et oblige les candidats à revoir entièrement leur stratégie de préparation. Les deux à trois schémas explicatifs facultatifs introduits dans la nouvelle formule permettent d'intégrer une dimension spatiale sans la contrainte de la carte notée. L'épreuve n'est pas allégée pour autant : le jury a explicitement indiqué dans le sujet zéro publié en juillet 2025 qu'il valorisera davantage la profondeur historique, la précision géographique et les croisements entre géopolitique, géoéconomie et science politique.

Le format Ecricome : deux sujets complémentaires avec dossier documentaire

Le concours Ecricome propose chaque année deux sujets de HGG distincts, accompagnés d'un dossier documentaire. Le format Ecricome se distingue de la BCE par la présence de questions sur documents préalables à la dissertation, ce qui implique une capacité à mobiliser rapidement les documents proposés pour enrichir une argumentation. Les deux sujets Ecricome sont traditionnellement complémentaires : l'un porte souvent sur un espace géopolitique régional ou un acteur en particulier, l'autre sur une problématique transversale (mondialisation, ressources, gouvernance mondiale, etc.).

L'examen des sujets tombés depuis 2018 révèle la cohérence de cette logique de complémentarité. En 2025, les sujets Ecricome portaient sur l'eau douce comme enjeu géopolitique et sur la construction de l'Europe de la défense, deux thématiques très différentes en termes d'échelle et d'objet mais toutes deux ancrées dans l'actualité géopolitique de 2024. En 2023, la paire FTN et puissance des États / Chine et Inde illustrait la même alternance entre acteurs non étatiques et relations entre puissances. En 2022, le nucléaire dans les relations internationales côtoyait les nouvelles réalités stratégiques du Pacifique.

Qui conçoit les sujets et selon quelle logique

Le sujet ESCP est conçu par François Bost, professeur agrégé de géographie et président du jury de l'épreuve d'HGGMC de l'ESCP. Sa sensibilité disciplinaire est clairement géographique : les sujets ESCP depuis vingt ans valorisent systématiquement la dimension spatiale, l'analyse des territoires et les recompositions géographiques liées aux grandes dynamiques mondiales. Les thèmes de prédilection de l'épreuve ESCP incluent les matières premières et la géopolitique des ressources (2019), les frontières et leurs mutations (2022), la mondialisation et ses recompositions (2024), les grandes puissances en transition (2025). Dans le sujet zéro 2026, François Bost a explicitement demandé une approche multiscalaire, c'est-à-dire capable d'articuler l'échelle mondiale, régionale et locale dans l'analyse géopolitique.

Le sujet ESSEC est conçu par les équipes académiques de l'ESSEC, avec une sensibilité plus marquée pour l'histoire des relations internationales et les enjeux de puissance au sens large. Les sujets ESSEC valorisent historiquement une approche par les grandes puissances et leurs zones d'influence (Chine en Asie orientale en 2019, construction européenne et nation en 2018, arcs de crise en 2025), les espaces maritimes et les routes stratégiques (2022), et la France comme acteur international (2023). L'ESSEC a tendance à formuler des sujets à bornes chronologiques larges (depuis 1913, depuis la guerre froide), ce qui exige une maîtrise de la longue durée historique.

Les annales décryptées : sujets et actualité d'ancrage (2019-2025)

Le tableau suivant recense les sujets tombés depuis 2019 pour les trois banques, en les mettant en regard de l'actualité géopolitique qui a pu les nourrir. Cette lecture croisée est la clé pour anticiper les thèmes 2026.

Année

Banque

Sujet

Actualité d'ancrage

2025

ESSEC

Les arcs de crise dans le monde depuis le début de la guerre froide

Conflit Russie-Ukraine, guerre Gaza, Sahel en recomposition, tensions mer de Chine méridionale

2025

ESCP

La Chine, puissance rattrapée par ses vulnérabilités ?

Crise immobilière Evergrande 2024, déclin démographique, tensions sur semi-conducteurs, ralentissement économique

2025(1)

ECR

L'eau douce, enjeu de développement durable et de paix ?

Sécheresses records 2022-2024, tensions hydropolitiques Éthiopie/Égypte/Soudan sur le Grand Barrage de la Renaissance

2025(2)

ECR

Construire l'Europe de la défense depuis les années 1950

Guerre en Ukraine, réarmement européen, débats sur l'autonomie stratégique de l'UE, OTAN renforcé

2024

ESSEC

Globalisation et multiplication des frontières depuis 1990 : un paradoxe ?

Retour des murs et clôtures, Brexit, frontières migratoires, tensions géopolitiques fragmentant le monde

2024

ESCP

Le changement climatique, facteur de recomposition de la mondialisation

COP28 à Dubaï, montée des extrêmes climatiques, recomposition des routes maritimes (passage arctique)

2024

GEM

Quelle place pour l'Union européenne dans l'espace méditerranéen ?

Crises migratoires, rivalités grandes puissances en Méditerranée, expansion russe et turque, frontière sud de l'UE

2024(1)

ECR

L'Afrique au XXIe siècle : de nouvelles dépendances postcoloniales ?

Coups d'État au Sahel 2023, présence russe (Wagner), retrait français, montée de l'influence chinoise

2024(2)

ECR

Sommes-nous entrés dans l'ère de la démondialisation ?

Guerre Russie-Ukraine, sanctions, fragmentation des chaînes d'approvisionnement, politiques industrielles nationales

2023

ESSEC

La France, puissance d'influence mondiale ?

Rivalité franco-américaine en Afrique, retrait du Sahel, crise de l'AUKUS, influence culturelle et diplomatique

2023

ESCP

Instabilités et violences en Amérique latine

Crises au Pérou (destitution de Boluarte), Équateur sous état d'urgence, Brésil (émeutes janvier 2023), violence des cartels

2023(1)

ECR

FTN, auxiliaires ou concurrentes de la puissance des États ?

Montée en puissance des GAFAM, SpaceX comme acteur spatial, StarLink en Ukraine, débats de souveraineté numérique

2023(2)

ECR

Chine et Inde, partenaires ou rivales ?

Dépasse la Chine en population (2023), tensions himalayennes, compétition économique et diplomatique au sein des BRICS

2022

ESSEC

Le contrôle des routes stratégiques depuis 1913, vecteur de domination mondiale

Détroit de Taïwan, mer de Chine méridionale, Mer Noire sous tension, détroit d'Ormuz, route arctique

2022

ESCP

Vers un retour des frontières ?

Invasion de l'Ukraine (fév. 2022), construction de murs, recentrage identitaire, frontières sanitaires Covid

2022(1)

ECR

Le nucléaire dans les relations internationales

Menaces nucléaires russes en Ukraine, Iran et bombe nucléaire, arsenal nord-coréen en expansion

2022(2)

ECR

Le Pacifique : de nouvelles réalités stratégiques ?

Tensions autour de Taïwan, AUKUS (sept. 2021), compétition États-Unis/Chine dans les îles du Pacifique

2021

ESSEC

La maîtrise des espaces communs (maritime, aérien, extra-atmosphérique, numérique), enjeu de puissance par les États depuis 1945

Incidents en mer de Chine méridionale, cyberattaques étatiques (SolarWinds), compétition spatiale (SpaceX, Blue Origin, Artémis)

2021

ESCP

Mondialisation et mise en concurrence des pays et des territoires pour attirer les activités économiques

Guerre fiscale internationale, relocalisation post-Covid, compétition pour attirer les investissements technologiques

2019

ESSEC

La puissance chinoise en Asie orientale

Mer de Chine méridionale, AIIB, Route de la Soie, tensions Taiwan, domination économique régionale

2019

ESCP

Les matières premières dans les stratégies de puissance des États

Tensions géopolitiques autour du pétrole (golfe Persique), terres rares chinoises, arme des ressources

Les grandes tendances qui se dégagent des annales

L'analyse croisée de ces sujets fait apparaître plusieurs tendances très nettes. La banque ESSEC alterne entre trois grands registres : les espaces régionaux de tensions ou de puissance (bassin méditerranéen en 2020, Chine en Asie en 2019, arcs de crise en 2025), les routes et espaces stratégiques (routes stratégiques en 2022, espaces communs en 2021), et la France ou l'Europe comme acteur international (France en 2023, construction européenne en 2018). La marque de fabrique de l'ESSEC est la formulation à bornes historiques larges, ce qui oblige à mobiliser l'histoire depuis 1913 ou depuis la guerre froide. Un sujet de type ESSEC ne se traite pas sans une solide maîtrise des repères historiques du XXe siècle.

La banque ESCP est plus centrée sur les recompositions géographiques et les grandes mutations spatiales : frontières et mondialisation (2022), changement climatique et mondialisation (2024), Chine et ses vulnérabilités (2025). ESCP aime les sujets qui mettent en tension deux dynamiques apparemment contradictoires : « Vers un retour des frontières ? » (2022) interroge la mondialisation triomphante face au repli identitaire, « La Chine, puissance rattrapée par ses vulnérabilités ? » (2025) met en tension la montée en puissance et les fragilités internes. Cette logique dialectique est la signature du sujet ESCP.

Ecricome suit deux logiques parallèles. Une logique régionale : les sujets portant sur un espace précis (Pacifique, Afrique, Amérique latine, Moyen-Orient) alternent régulièrement. Une logique transversale : des sujets sur les grandes dynamiques mondiales (mondialisation, nucléaire, technologies et puissance, gouvernance mondiale) viennent compléter les sujets régionaux. La paire 2025 est exemplaire : eau douce comme ressource géopolitique mondiale, puis Europe de la défense comme construction institutionnelle régionale. Cette complémentarité structurelle donne des indications précieuses sur ce qu'Ecricome pourrait proposer en 2026.

La relation entre l'actualité géopolitique et les sujets

La relation entre l'actualité et les sujets de HGG est directe mais décalée. Les concepteurs ne construisent pas leurs sujets en réponse à un événement immédiat, mais l'actualité récente influe sur les thématiques qui s'imposent dans le débat géopolitique et académique. La guerre en Ukraine déclenchée en février 2022 a directement alimenté les sujets 2022 sur les frontières (ESCP), le nucléaire (Ecricome) et le Pacifique (Ecricome, par contraste avec l'Europe). L'accélération des bouleversements géopolitiques en 2023 (coups d'État en Afrique, Chine et Inde comme nouvelles puissances émergentes) a directement nourri les sujets Ecricome 2023.

La règle pratique à retenir est la suivante : les grands événements géopolitiques de l'année N-1 et N-2 constituent le socle des sujets de l'année N. Pour anticiper les sujets 2026, il faut donc identifier les événements majeurs de 2024-2025 et comprendre quelles grandes tensions géopolitiques structurelles ils révèlent ou accentuent. Ce sont ces tensions structurelles, pas les événements ponctuels eux-mêmes, qui donnent leur matière aux sujets.

Les sujets probables pour la session 2026 : notre analyse banque par banque

Les grandes tensions géopolitiques de 2024-2026 qui alimenteront les sujets

Plusieurs événements et dynamiques géopolitiques de 2024-2026 constituent des zones de haute probabilité pour les sujets d'HGG. Le premier, et probablement le plus marquant, est le conflit entre les États-Unis et l'Iran déclenché en février 2026, avec les frappes américano-israéliennes, le blocus du détroit d'Ormuz et la déstabilisation massive de l'ensemble du Moyen-Orient. Ce conflit, que certains analystes qualifient de troisième guerre du Golfe, remet sur le devant de la scène la géopolitique des ressources énergétiques, la fragilité des équilibres régionaux et le rôle du Moyen-Orient comme révélateur des mutations de l'ordre mondial. C'est un sujet taillé sur mesure pour l'ESCP ou l'ESSEC.

La recomposition de l'ordre mondial autour de la multipolarité est la seconde grande tendance de 2024-2025. L'élargissement des BRICS (Arabie Saoudite, Iran, Éthiopie, Égypte, Argentine entrés en 2024), la présidence indienne du G20 en 2023, les ambiguïtés stratégiques de la Turquie et du Brésil, et l'affaiblissement du leadership américain sous Trump constituent ensemble un tableau de multipolarité qui n'a pas encore été traité directement en HGG à la BCE. C'est un thème qui s'inscrit dans la continuité des sujets sur la puissance des États, le multilatéralisme et les nouvelles hiérarchies mondiales.

La puissance russe et la guerre en Ukraine entrent dans leur quatrième année en 2026. La Russie n'a pas fait l'objet d'un sujet ESCP ou ESSEC depuis 2018 (États-Unis-Chine : rivalités de pouvoir et d'influence, qui traitait marginalement la Russie). Pourtant, la guerre en Ukraine a fondamentalement redéfini la Russie comme acteur géopolitique : à la fois affaiblie militairement et économiquement par les sanctions, et renforcée dans ses alliances avec la Chine, l'Inde et le Sud global. Ce double visage de la Russie est exactement le type de tension dialectique que l'ESCP affectionne.

Enfin, la montée en puissance de l'Inde comme grande puissance du XXIe siècle s'est confirmée sur plusieurs fronts en 2023-2025 : premier pays le plus peuplé du monde, croissance économique supérieure à 6 % pendant plusieurs années consécutives, présidence du G20, ambiguïté stratégique entre BRICS et Occident (indépendance vis-à-vis des sanctions contre la Russie). L'Inde n'a pas encore fait l'objet d'un sujet ESCP ou ESSEC en solo depuis de nombreuses années, ce qui en fait un candidat sérieux pour 2026, notamment pour Ecricome qui avait déjà traité l'Inde en 2013.

Les sujets probables banque par banque

Voici nos propositions de sujets probables pour la session 2026, fondées sur l'analyse des annales, la logique des concepteurs et les grands événements géopolitiques de 2024-2026. Ces sujets ne constituent pas des prédictions mais des zones de forte probabilité thématique.

Banque

Thème

Sujet probable

Ancrage 2024-2026

ESSEC

Moyen-Orient et recomposition géopolitique mondiale

Le Moyen-Orient depuis 1945 : un espace révélateur des grandes mutations de l'ordre mondial

Guerre États-Unis/Israël contre l'Iran (fév.-mars 2026), détroit d'Ormuz bloqué, montée des tensions régionales, effondrement de l'Axe de la Résistance

ESSEC

Puissance américaine en question

Les États-Unis peuvent-ils encore exercer une hégémonie mondiale ?

Retour de Trump, unilatéralisme américain, retrait de l'OTAN, tensions avec alliés européens, réorientation vers l'Indo-Pacifique

ESCP

Russie et recomposition de l'ordre eurasiatique

La Russie : une puissance déclassée ou recomposée ?

Guerre en Ukraine (3e année), contournement des sanctions, rapprochement sino-russe, nouvelles alliances dans le Sud global

ESCP

Golfe Persique et géopolitique de l'énergie

Le golfe Persique : espace de toutes les tensions depuis la seconde moitié du XXe siècle

Conflit États-Unis/Iran 2026, blocus d'Ormuz, choc pétrolier, fragilité des monarchies du Golfe, réarmement régional

ECR (1)

Multipolarité et nouveau désordre mondial

Vers un monde multipolaire : rupture ou continuité dans l'ordre international depuis 1945 ?

BRICS élargi, montée de l'Inde et de la Turquie, fragmentation des alliances occidentales, retrait américain du multilatéralisme

ECR (2)

Europe face à ses crises internes

L'Union européenne face aux crises : approfondissement ou désintégration ?

Montée des extrêmes droites en Europe, recul de la démocratie (Hongrie), élections européennes 2024, guerre à ses portes

ECR (1)

Inde, nouvelle puissance mondiale

L'Inde peut-elle s'imposer comme une grande puissance du XXIe siècle ?

Première puissance démographique mondiale (2023), croissance économique supérieure à 6 %, présidence du G20 2023, ambiguïté stratégique (entre BRICS et Occident)

ECR (2)

Afrique et nouvelles dépendances

L'Afrique subsaharienne à l'heure de la recomposition des puissances : émancipation ou nouvelles dépendances ?

Coups d'État sahéliens 2023-2025, départ de la France, installation russe (Wagner/Africa Corps), montée de la Chine et de la Turquie, Afrique comme enjeu de la multipolarité

Comment préparer la HGG pour maximiser ses chances en 2026

Intégrer le changement de format ESCP : la dissertation renforcée

La suppression de la carte à l'ESCP modifie en profondeur la façon de préparer cette épreuve. Jusqu'en 2025, une partie significative de la préparation portait sur les techniques de cartographie : légendes, figurés, organisation spatiale, maîtrise du fond de carte. À partir de 2026, cette compétence n'est plus notée. Le temps libéré doit être réinvesti dans la qualité de la dissertation elle-même.

Le jury ESCP a précisé dans le sujet zéro 2026 ses nouvelles attentes. En histoire, une profondeur chronologique réelle depuis 1913 sera valorisée : il ne s'agira plus de placer quelques repères en début de partie mais de construire une périodisation argumentée. En géographie, des raisonnements multiscalaires seront attendus : le candidat doit articuler les échelles mondiale, régionale et locale en montrant comment chaque niveau éclaire le sujet. En géopolitique, des croisements avec la géoéconomie, la science politique et la sociologie des relations internationales seront bienvenus. Les deux à trois schémas facultatifs sont encouragés pour les candidats capables de les produire avec pertinence et lisibilité.

Constituer des fiches thématiques solides sur les zones de forte probabilité

Pour la session 2026, les zones géographiques et thématiques sur lesquelles tout candidat doit disposer d'une fiche complète sont les suivantes. Le Moyen-Orient dans sa totalité : géopolitique du pétrole depuis 1945, guerres israélo-arabes, montée de l'Iran, place des États du Golfe, détroit d'Ormuz, guerre du Golfe 1991, guerre de 2003, conflit de 2026. La Russie comme acteur géopolitique : de la fin de l'URSS à la montée en puissance de Poutine, expansion vers l'ancien espace soviétique, annexion de la Crimée (2014), guerre en Ukraine (2022-2026), sanctions et recomposition des alliances.

L'Inde en tant que puissance en construction : économie et démographie, Nehru et le non-alignement, tensions avec la Chine et le Pakistan, BJP et nationalisme hindou, diplomatie de l'ambiguïté stratégique. La multipolarité et le déclin relatif de l'Occident : histoire des organisations internationales depuis 1945, BRICS, G20, OCS, fragilisation de l'OTAN, retrait américain du multilatéralisme. Les espaces de ressources : géopolitique de l'eau, des terres rares, du gaz naturel, du lithium, compétition pour les ressources en Afrique, Arctique comme espace de ressources convoitées.

Maîtriser les outils conceptuels de la géopolitique

L'ESCP et l'ESSEC attendent des candidats une maîtrise des grands concepts géopolitiques, pas une simple accumulation d'exemples. Il est indispensable de savoir mobiliser des notions comme le Heartland et le Rimland de Mackinder et Spykman, les notions de puissance douce et dure (Joseph Nye), la géopolitique des ressources et la malédiction des ressources, les concepts d'arc de crise et de croissant de crises (Brzeziński), la théorie du piège de Thucydide (Graham Allison), les notions de weaponisation des interdépendances (Farrell et Newman), ou encore les concepts d'État défaillant et de zones grises.

Ces concepts doivent être mobilisés avec précision et à bon escient, jamais plaqués mécaniquement. Le rapport de jury ESSEC 2025 insiste sur le fait que les meilleures copies sont celles qui utilisent les concepts comme des outils d'analyse et non comme des citations démonstratives. Il ne s'agit pas de montrer qu'on connaît le nom de Mackinder, mais de démontrer que la notion de Heartland éclaire réellement le sujet traité.

S'entraîner sur les deux épreuves BCE et adapter sa méthode à chaque banque

Les épreuves ESCP et ESSEC, bien qu'elles portent sur la même matière, sont fondamentalement différentes dans leur logique de traitement. Un sujet ESCP demande un raisonnement par les espaces et les territoires, avec une articulation forte entre l'histoire, la géographie et la géopolitique, et une capacité à montrer des recompositions spatiales. Un sujet ESSEC demande une maîtrise de la longue durée historique et des relations de puissance entre États, avec une capacité à identifier des ruptures et des continuités sur une période souvent longue (depuis 1913, depuis 1945, depuis la guerre froide).

Pour les candidats qui composent à la fois à l'ESCP et à l'ESSEC, ce qui est le cas de la quasi-totalité des candidats du parcours maths appliquées et HGG, il est indispensable de s'entraîner sur des sujets des deux banques et d'adapter sa méthode de traitement en fonction du type de sujet. Une bonne copie ESCP sur les frontières ne se traite pas comme une bonne copie ESSEC sur les routes stratégiques, même si les thèmes sont proches.

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