Sujet HGG ESCP 2026 « Convoitises étrangères en Afrique » : analyse complète et plan détaillé

Analyse complète du sujet HGG ESCP 2026 sur les nouvelles convoitises étrangères en Afrique : termes, problématique, plan détaillé, références et auteurs à mobiliser.

Virage prépa

Sujet HGG ESCP 2026 « Convoitises étrangères en Afrique » : analyse complète et plan détaillé

Le lundi 27 avril 2026, les candidats ECG option HGG ont planché pendant 4 heures sur l'épreuve de géopolitique ESCP, une épreuve importante du parcours géopolitique au sein de la BCE. Le sujet tombé cette année : « Nouvelles convoitises étrangères et reconfigurations des alliances internationales en Afrique ». Un sujet exigeant, dense, à plusieurs entrées, qui demande à la fois une connaissance fine des dynamiques régionales africaines, une maîtrise des acteurs émergents (Chine, Russie, Turquie, puissances du Golfe) et une réflexion historique sur la continuité ou la rupture des logiques d'accaparement extérieur du continent. Cet article te propose une analyse complète du sujet : décryptage des termes, problématiques possibles, plan détaillé en trois parties, références et auteurs à mobiliser, pièges à éviter et conseils pour les candidats qui veulent retravailler ce sujet en vue des oraux ou des concours futurs.

Analyse des termes du sujet

« Nouvelles convoitises étrangères »

Le mot « convoitises » est central. Convoiter, c'est désirer s'approprier quelque chose. Les convoitises étrangères désignent donc l'ensemble des ressources, territoires et intérêts faisant l'objet d'une volonté d'accaparement par des puissances extérieures à l'Afrique. L'adjectif « nouvelles » est piégeux. Il suppose qu'il existerait des convoitises anciennes (coloniales, néocoloniales) et des convoitises plus récentes liées à de nouveaux acteurs ou à de nouveaux objets. Le candidat peut donc jouer sur cette tension entre continuité et rupture, plutôt que de présenter les convoitises actuelles comme un phénomène inédit. Les objets de convoitises peuvent être très variés : ressources minières et hydrocarbures, ressources critiques pour la transition énergétique (cobalt, lithium, terres rares), territoire en tant que tel, main-d'œuvre, débouchés commerciaux, contrats militaires, votes à l'ONU, influence idéologique et culturelle.

« Reconfigurations des alliances internationales »

Le terme « reconfigurations » suggère un mouvement, une recomposition en cours. Il ne s'agit pas d'un état stable mais d'un processus dynamique. Le pluriel « des alliances » indique également qu'il peut être pertinent de traiter plusieurs systèmes d'alliances en parallèle, et non un seul. Les alliances internationales peuvent être de deux types : des alliances formalisées par traité (accords militaires, partenariats stratégiques, organisations régionales) ou des alliances plus tacites, fondées sur des intérêts convergents. Les deux dimensions méritent d'apparaître dans le devoir.

« En Afrique »

Le terme « Afrique » mérite d'être problématisé. Le continent africain regroupe 54 États, près de 30 millions de km² et plus d'un milliard quatre cents millions d'habitants. Il est marqué par une grande diversité régionale : Maghreb, Sahel, Corne de l'Afrique, Golfe de Guinée, Afrique centrale, Afrique australe. Une copie qui traite « l'Afrique » comme un bloc homogène risque d'être pénalisée. Une approche plus solide différencie les régions et montre que les logiques de convoitise et d'alliance ne sont pas les mêmes selon les sous-ensembles continentaux.

Problématique : quelques pistes possibles

Plusieurs problématiques peuvent être défendues. Voici trois exemples qui peuvent servir de base : Piste 1 : En quoi les convoitises étrangères en Afrique relèvent-elles à la fois d'une continuité avec les logiques d'accaparement antérieures et d'une rupture liée à de nouveaux acteurs et à de nouvelles ressources stratégiques ? Piste 2 : Dans quelle mesure la reconfiguration des alliances internationales en Afrique révèle-t-elle un changement profond de l'ordre géopolitique mondial, ou bien la persistance d'un continent toujours pensé comme périphérie ? Piste 3 : L'Afrique est-elle l'objet passif de convoitises extérieures, ou bien le théâtre d'un jeu où les États africains instrumentalisent eux-mêmes la compétition entre puissances ? La troisième piste est probablement la plus ambitieuse, car elle introduit dès la problématique l'idée que les Africains ne sont pas seulement des objets de la géopolitique mais aussi des acteurs.

Plan détaillé en trois parties

Partie I — Des convoitises anciennes qui structurent encore le continent

A. Les convoitises coloniales : du « Scramble for Africa » à la Seconde Guerre mondiale La conférence de Berlin (1884-1885) marque le début du partage du continent africain entre puissances européennes. L'Afrique devient un espace de projection de puissance plus qu'un espace de rentabilité économique immédiate. On peut mobiliser ici Paul Bairoch (Mythes et paradoxes de l'histoire économique, 1994), qui montre que les colonies n'étaient pas nécessairement rentables pour les métropoles. B. Les indépendances n'ont pas mis fin à l'accaparement : l'ère néocoloniale La décolonisation à partir de 1960 ne fait pas disparaître les liens économiques et politiques entre anciennes métropoles et colonies. La « Françafrique » en est l'exemple le plus connu : maintien du franc CFA, présence militaire française (Opérations Barkhane, Serval), accords de coopération asymétriques, réseaux d'influence (Foccart). Référence utile : François-Xavier Verschave, La Françafrique, 1998. C. Les institutions financières internationales et le piège de la dette Les plans d'ajustement structurel (PAS) mis en place par le FMI et la Banque mondiale dans les années 1980, dans le sillage du consensus de Washington, marquent une autre forme d'accaparement. Ils imposent des politiques d'ouverture économique, de privatisation et de réduction des dépenses publiques. Référence : Joseph Stiglitz, La Grande Désillusion, 2002.

Partie II — De nouveaux acteurs, de nouvelles convoitises

A. La fin du monopole occidental Le tournant des années 2000 marque l'irruption de nouveaux acteurs sur le continent. La Chine, en particulier, déploie une stratégie de coopération économique massive à travers les sommets FOCAC (Forum sur la Coopération Chine-Afrique) depuis 2000 et les Nouvelles Routes de la Soie depuis 2013. La Chine est devenue le premier partenaire commercial de nombreux pays africains et, plus largement, de l'Afrique subsaharienne. B. La Russie, la Turquie, les puissances du Golfe : la diversification des acteurs La Russie progresse au Sahel via le groupe Wagner puis l'Africa Corps, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Centrafrique. La création de l'Alliance des États du Sahel (AES) en 2024 par ces trois pays s'accompagne d'un rapprochement diplomatique et militaire avec Moscou et d'un rejet de la présence française. La Turquie, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Qatar et Israël développent aussi leurs propres stratégies, notamment dans la Corne de l'Afrique (Djibouti, Soudan, Somalie) et au Maghreb. C. Les nouveaux objets de convoitise : ressources critiques et transition énergétique La transition écologique des économies occidentales et chinoises ouvre une nouvelle géopolitique extractive dont l'Afrique est l'un des épicentres. Le cobalt de la RDC (une part très majoritaire de la production mondiale, généralement estimée autour de 65 à 75 % selon les années), le lithium du Zimbabwe et du Mali, les terres rares, le manganèse du Gabon et d'Afrique du Sud deviennent des ressources critiques. Cette nouvelle convoitise est probablement la plus « nouvelle » du sujet.

Partie III — Les Africains acteurs de la reconfiguration

A. Les États africains instrumentalisent la compétition entre puissances Loin d'être passifs, de nombreux États africains jouent les puissances les unes contre les autres : négociation de contrats, mise en concurrence des partenaires, choix stratégiques affirmés. Le retrait progressif de la France au Mali (2022), au Burkina Faso (2023) et au Niger (2023), ainsi que la fin des accords de défense avec le Tchad annoncée fin 2024 et le retrait effectif des troupes françaises début 2025, illustrent une volonté de réorientation diplomatique vers d'autres partenaires. B. Les institutions régionales africaines et les tentatives d'unité L'Union africaine, la CEDEAO, la ZLECAf (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine entrée en vigueur en 2021) traduisent une volonté d'autonomisation. Référence utile : Achille Mbembe, qui invite à penser une « Afrique-Monde » dépassant la seule logique extractive. C. Les limites de cette agentivité africaine L'agentivité africaine reste contrainte par la dépendance économique, le poids de la dette, la fragmentation politique et la vulnérabilité face aux pressions extérieures. Stephen Smith, dans La Ruée vers l'Europe (2018), souligne aussi les défis démographiques et migratoires qui pèsent sur la trajectoire continentale.

Références et auteurs à mobiliser

Pour solidifier la copie, plusieurs auteurs et références peuvent être maîtrisés :

  • Bertrand BadieL'Hégémonie contestée (2019), pour penser la fin du monopole occidental sur l'ordre international.

  • Paul BairochMythes et paradoxes de l'histoire économique (1994), sur la rentabilité réelle des colonies.

  • Achille MbembeCritique de la raison nègre (2013) et Sortir de la grande nuit (2010), pour la pensée postcoloniale africaine.

  • Stephen SmithLa Ruée vers l'Europe (2018), sur la démographie africaine et ses implications géopolitiques.

  • François-Xavier VerschaveLa Françafrique (1998), sur les réseaux d'influence postcoloniaux.

  • Sylvie BrunelL'Afrique est-elle si bien partie ? (2014), pour une analyse économique nuancée.

  • Howard FrenchChina's Second Continent (2014), sur la présence chinoise en Afrique.

Quelques chiffres et faits récents à connaître : retrait militaire français du Mali (2022), du Burkina Faso (2023), du Niger (2023), fin des accords de défense avec le Tchad fin 2024 et retrait effectif début 2025. Création de l'AES en 2024. Premier FOCAC en 2000, neuvième FOCAC en 2024 à Pékin. Adhésion de l'Égypte et de l'Éthiopie aux BRICS+ en 2024.

Les pièges à éviter

Traiter « l'Afrique » comme un bloc homogène

C'est probablement le piège le plus pénalisant. Une copie qui ne distingue pas le Sahel, la Corne, le Maghreb, l'Afrique australe et le Golfe de Guinée perd beaucoup de finesse. Chaque région a ses dynamiques propres.

Se contenter d'opposer « Occident vs nouveaux acteurs »

L'analyse binaire (Occident en recul, nouveaux acteurs en montée) reste simpliste. La réalité montre des recompositions complexes, des coexistences, des rivalités entre nouveaux acteurs (Chine vs Russie, Turquie vs Émirats), et des continuités occidentales (présence militaire américaine, économique européenne).

Oublier les acteurs africains eux-mêmes

Un sujet sur les « convoitises étrangères » peut donner l'impression que les Africains sont passifs. C'est précisément l'angle mort que le bon devoir peut exploiter, en troisième partie ou en ouverture, en montrant que les États africains négocient, jouent les puissances les unes contre les autres, et structurent eux-mêmes une partie de la reconfiguration.

Manquer de précision empirique

En géopolitique ESCP, la précision empirique est généralement attendue. Le candidat gagne à mobiliser des pays, des dates, des accords, des chiffres, des références d'auteurs. Les affirmations générales sans illustration concrète sont rarement valorisées.

FAQ

Le sujet demande une bonne maîtrise de l'histoire africaine depuis la fin du XIXe siècle, des grands enjeux contemporains (ressources, sécurité, démographie), et des nouveaux acteurs (Chine, Russie, Turquie, puissances du Golfe). Une dizaine d'auteurs solidement maîtrisés et une vingtaine de faits précis permettent généralement de construire une copie compétitive.

Le plan en trois parties est fréquent en dissertation HGG, sans être obligatoire. Un plan en deux parties très bien construites peut également fonctionner. L'essentiel reste la cohérence de la démonstration.

Sur une épreuve de 4 heures, consacrer entre 45 minutes et 1 heure à l'analyse, la problématisation et la construction du plan reste généralement raisonnable. C'est souvent ce qui détermine la solidité de la copie.

Selon les annonces communiquées par la BCE pour la session 2026 (avec un sujet zéro publié à l'été 2025), l'épreuve a évolué : la réalisation d'une carte à partir d'un fond muet n'a plus été demandée. Avec cette évolution, la dissertation et l'analyse du dossier documentaire occupent une place encore plus centrale dans la copie.

Pas tous, mais quelques figures clés peuvent être utiles : Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Mohamed Bazoum puis Abdourahamane Tiani (Niger), Assimi Goïta (Mali), Ibrahim Traoré (Burkina Faso), William Ruto (Kenya), Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud), Paul Kagame (Rwanda), Bola Tinubu (Nigeria). Les nommer dans la copie peut renforcer la précision.

Comme chaque année, le sujet ESCP s'accompagne d'un dossier documentaire à exploiter dans la dissertation. Avec l'évolution du format, l'analyse du dossier prend désormais une place encore plus importante dans la notation.

Le sujet est exigeant mais traitable. Il s'inscrit dans l'actualité géopolitique récente (retraits militaires français au Sahel, BRICS+, FOCAC 2024) et fait largement écho aux chapitres du programme officiel. Les candidats qui ont sérieusement révisé l'Afrique pouvaient construire une copie compétitive.

Bertrand Badie pour la recomposition de la puissance, Achille Mbembe pour la pensée africaine contemporaine, Stephen Smith pour la démographie, Sylvie Brunel pour l'économie africaine, et François-Xavier Verschave pour les héritages postcoloniaux français.

Cela dépend du plan choisi. Dans un plan chronologique (anciennes convoitises → nouvelles convoitises → agentivité africaine), la Chine apparaît surtout en partie 2 et 3. Dans un plan thématique, elle peut traverser l'ensemble de la copie.

L'Afrique reste un thème central du programme HGGMC et revient régulièrement aux concours. Travailler ce sujet est une bonne préparation pour les oraux d'admissibilité, où les questions sur l'actualité africaine sont fréquentes.

Et maintenant ? Approfondis ta préparation HGG

Le sujet HGG ESCP 2026 illustre bien les attendus d'une copie de haut niveau : précision empirique, finesse régionale, mobilisation d'auteurs, capacité à nuancer entre continuité et rupture, prise de hauteur sur le rôle des acteurs africains. C'est précisément ce que nous travaillons chez Virage Prépa : un accompagnement individuel en HGG par des étudiants issus des meilleures écoles et des enseignants spécialisés, avec correction de dissertations, fiches d'auteurs, actualités géopolitiques et entraînement aux sujets-types pour aborder l'épreuve avec une vraie aisance méthodologique. Pour aller plus loin sur la méthodologie HGG, les attendus de l'épreuve ESCP et les pistes de révision, on a aussi réuni dans une vidéo nos meilleurs retours d'expérience pour transformer cette épreuve en levier de classement.

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