Le subjonctif en espagnol : formation, emplois et concordance

Le subjonctif espagnol est le mode de ce qui n'est pas donné pour un fait : volonté, sentiment, doute, éventualité.

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Le subjonctif espagnol est le mode de ce qui n'est pas donné pour un fait : volonté, sentiment, doute, éventualité. Il compte quatre temps vivants, le présent, l'imparfait (deux séries, en -ra et en -se), le passé composé et le plus-que-parfait. Il s'emploie bien plus qu'en français, à l'oral comme au passé. Trois portes l'ouvrent : un déclencheur dans la principale, une conjonction, ou un antécédent indéfini dans une relative. Une fois la porte repérée, le mode est fixé, et la concordance règle le temps. Les décalages avec le français expliquent l'essentiel des fautes.

Comprendre ce qu'est le subjonctif espagnol

Un mode, et non un temps

L'indicatif donne un contenu pour réel. Le subjonctif présente ce même contenu filtré par une volonté, une émotion, un doute ou une condition. Le mode modifie donc le sens.

Creo que viene mañana. (Je crois qu'il vient demain.)

No creo que venga mañana. (Je ne crois pas qu'il vienne demain.)

On écrit No creo que venga et non No creo que viene.

Pourquoi l'espagnol l'emploie bien plus que le français

Le français a perdu dans l'usage courant l'imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif, que l'espagnol conserve. Plusieurs déclencheurs espagnols correspondent en outre à un indicatif français, comme esperar que ou es probable que.

Espero que llegues a tiempo. (J'espère que tu arriveras à temps.)

Cuando llegues, te llamo. (Quand tu arriveras, je t'appelle.)

On écrit Cuando llegues et non Cuando llegarás.

Les quatre temps à connaître

Le système tient en quatre temps : présent, imparfait, passé composé, plus-que-parfait. L'imparfait possède deux séries de formes, en -ra et en -se. Les temps composés se construisent avec haber et un participe passé. Un cinquième temps, le futur du subjonctif (hablare), ne subsiste que dans les textes juridiques et quelques formules figées.

La formation du présent du subjonctif

La règle de la première personne

Le présent du subjonctif part de la première personne du singulier du présent de l'indicatif. On retire le -o final, puis on ajoute les terminaisons inverses. Les verbes en -ar prennent -e, -es, -e, -emos, -éis, -en. Ceux en -er et en -ir prennent -a, -as, -a, -amos, -áis, -an.

Elle absorbe presque tous les irréguliers : tengo donne tenga, digo donne diga, hago donne haga, salgo donne salga, conozco donne conozca.

Quiero que tengas cuidado. (Je veux que tu fasses attention.)

Es normal que no conozcas la ciudad. (Il est normal que tu ne connaisses pas la ville.)

Certaines consonnes changent enfin de graphie pour garder le son du radical : busque, llegue, empiece, coja, siga. On écrit que tengas et non que tienes, et llegue et non llege.

Les verbes à alternance vocalique

Les verbes à diphtongue gardent leur alternance, sauf aux deux premières personnes du pluriel : pensar donne piense, pienses, piense, pensemos, penséis, piensen. Les verbes en -ir modifient en plus leur voyelle à nosotros et à vosotros : pidamos, sintamos, durmamos.

Quiere que durmamos en el hotel. (Il veut que nous dormions à l'hôtel.)

No creo que sintáis lo mismo. (Je ne crois pas que vous ressentiez la même chose.)

On écrit que durmamos et non que dormamos.

Les six verbes à radical propre

Six verbes échappent à la règle : ser donne sea, estar donne esté, ir donne vaya, haber donne haya, saber donne sepa, dar donne . L'accent de le distingue de la préposition de, alors que des n'en porte aucun.

Ojalá sea verdad. (Pourvu que ce soit vrai.)

Me alegro de que estés mejor. (Je suis content que tu ailles mieux.)

On écrit Espero que vayas et non Espero que vas.

L'imparfait du subjonctif et ses deux séries

La règle de la troisième personne du pluriel du passé simple

L'imparfait du subjonctif se forme sur la troisième personne du pluriel du passé simple. On retire la terminaison -ron, puis on ajoute les terminaisons du subjonctif. Le procédé n'a aucune exception, si bien que tous les irréguliers du passé simple se répercutent.

Hablaron donne habla-, tuvieron donne tuvie-, hicieron donne hicie-, dijeron donne dije-, fueron donne fue-.

Si tuviera tiempo, viajaría más. (Si j'avais le temps, je voyagerais davantage.)

Nos pidió que hiciéramos el ejercicio. (Il nous a demandé de faire l'exercice.)

On écrit Si tuviera et non Si tendría.

Les deux séries, en -ra et en -se

Chaque personne possède deux formes. La série en -ra donne hablara, hablaras, hablara, habláramos, hablarais, hablaran. La série en -se donne hablase, hablases, hablase, hablásemos, hablaseis, hablasen. Les deux sont correctes et interchangeables dans les subordonnées, et la première personne du pluriel porte un accent écrit.

Nos pidió que esperáramos. (Il nous a demandé d'attendre.)

Nos pidió que esperásemos. (Même sens, autre série.)

Une seule différence sépare les deux séries. Celle en -ra peut remplacer le conditionnel dans la principale d'une hypothèse passée, et atténuer une demande avec querer, poder et deber.

Si lo hubiera sabido, te lo hubiera dicho. (Si je l'avais su, je te l'aurais dit.)

Quisiera hablar con usted. (Je voudrais vous parler.)

On écrit habláramos et non hablaramos, et Quisiera hablar et non Quisiese hablar.

Les temps composés et le tableau de conjugaison

Le passé composé du subjonctif

Il associe haber au présent du subjonctif et le participe passé : haya, hayas, haya, hayamos, hayáis, hayan. Il marque un fait antérieur ou achevé.

Me alegro de que hayas aprobado. (Je suis content que tu aies réussi.)

No creo que hayan llegado todavía. (Je ne crois pas qu'ils soient déjà arrivés.)

On écrit que hayas aprobado et non que has aprobado.

Le plus-que-parfait du subjonctif

Il associe hubiera ou hubiese et le participe passé, pour un fait antérieur dans un contexte passé ou une hypothèse non réalisée.

Si hubieras estudiado, habrías aprobado. (Si tu avais étudié, tu aurais réussi.)

Lamenté que no hubiese venido. (J'ai regretté qu'il ne soit pas venu.)

On écrit que hubiera venido et non que había venido.

Le tableau des quatre temps

Temps et verbe

yo

él, ella

nosotros

vosotros

ellos

Présent, hablar

hable

hables

hable

hablemos

habléis

hablen

Présent, comer

coma

comas

coma

comamos

comáis

coman

Présent, vivir

viva

vivas

viva

vivamos

viváis

vivan

Présent, ser

sea

seas

sea

seamos

seáis

sean

Présent, estar

esté

estés

esté

estemos

estéis

estén

Présent, ir

vaya

vayas

vaya

vayamos

vayáis

vayan

Présent, haber

haya

hayas

haya

hayamos

hayáis

hayan

Présent, dar

des

demos

deis

den

Imparfait en -ra, hablar

hablara

hablaras

hablara

habláramos

hablarais

hablaran

Imparfait en -se, hablar

hablase

hablases

hablase

hablásemos

hablaseis

hablasen

Imparfait en -ra, ser et ir

fuera

fueras

fuera

fuéramos

fuerais

fueran

Passé composé, hablar

haya hablado

hayas hablado

haya hablado

hayamos hablado

hayáis hablado

hayan hablado

Plus-que-parfait, hablar

hubiera hablado

hubieras hablado

hubiera hablado

hubiéramos hablado

hubierais hablado

hubieran hablado

Les emplois du subjonctif, classés par déclencheur

La volonté, l'ordre et le souhait

Tout verbe d'influence déclenche le subjonctif : querer, esperar, pedir, mandar, prohibir, permitir, aconsejar. Une condition s'ajoute, celle de deux sujets différents : avec un sujet unique, l'espagnol passe à l'infinitif. Decir rapporte un fait à l'indicatif, un ordre au subjonctif.

Quiero que vengas. (Je veux que tu viennes.)

Dice que vengas. (Il te dit de venir.)

On écrit Quiero ir et non Quiero que vaya, puisque le sujet ne change pas.

Le sentiment et le jugement affectif

La joie, la peur, la surprise et le regret entraînent le subjonctif : alegrarse de que, gustar que, molestar que, temer que, lamentar que. Ojalá relève de la même famille et change de temps selon le degré d'espoir.

Me molesta que hables así. (Cela me gêne que tu parles ainsi.)

Ojalá apruebe. (Pourvu que je réussisse.) Ojalá hubiera aprobado marque un regret.

On écrit Temo que sea tarde et non Temo que es tarde.

Le doute, la négation et l'opinion niée

Dudar que, no estar seguro de que et puede que imposent le subjonctif. Les verbes d'opinion sont symétriques : indicatif à la forme affirmative, subjonctif à la forme négative. Quizá, tal vez et probablemente admettent les deux modes, alors que a lo mejor prend l'indicatif seul.

Creo que tiene razón. (Je crois qu'il a raison.)

No creo que tenga razón. (Je ne crois pas qu'il ait raison.)

On écrit A lo mejor viene et non A lo mejor venga.

Les expressions impersonnelles et les tournures figées

Les tournures de nécessité, d'appréciation et de probabilité appellent le subjonctif : es necesario que, es mejor que, hace falta que, es probable que. Celles de certitude prennent l'indicatif, sauf quand elles sont niées. Certaines formules figées redoublent le verbe.

Es necesario que estudies más. (Il est nécessaire que tu étudies davantage.)

Pase lo que pase, te llamo. (Quoi qu'il arrive, je t'appelle.)

On écrit No es evidente que mienta et non No es evidente que miente.

Catégorie

Déclencheurs les plus courants

Mode

Exemple

Volonté, ordre, influence

querer que, pedir que, mandar que, prohibir que

Subjonctif

Te pido que me escuches.

Sentiment

alegrarse de que, molestar que, temer que, lamentar que

Subjonctif

Me molesta que hables así.

Doute

dudar que, puede que, no estar seguro de que

Subjonctif

Dudo que sea verdad.

Opinion niée

no creer que, no pensar que, negar que

Subjonctif

No creo que tenga razón.

Opinion affirmée

creer que, pensar que, parecer que

Indicatif

Creo que tiene razón.

Jugement impersonnel

es necesario que, es mejor que, es raro que

Subjonctif

Es necesario que estudies más.

Certitude impersonnelle

es verdad que, es evidente que, está claro que

Indicatif

Es evidente que miente.

Probabilité

es probable que, es posible que, quizá, tal vez

Subjonctif

Es probable que llueva.

Tournures figées

pase lo que pase, sea como sea, que yo sepa

Subjonctif

Pase lo que pase, te llamo.

Les conjonctions et les propositions relatives

Les conjonctions toujours suivies du subjonctif

Un premier groupe n'admet jamais l'indicatif : para que, a fin de que, antes de que, sin que, a menos que, con tal de que, en caso de que. Toutes présentent un contenu non réalisé. Avec un sujet unique, une préposition et l'infinitif les remplacent.

Te lo explico para que lo entiendas. (Je te l'explique pour que tu le comprennes.)

Saldremos antes de que empiece a llover. (Nous partirons avant qu'il commence à pleuvoir.)

On écrit Salí sin decir nada et non Salí sin que yo dijera nada.

Cuando et les conjonctions de temps

C'est le point qui te coûtera le plus cher. Cuando, en cuanto, tan pronto como, mientras, hasta que, después de que et una vez que changent de mode selon le moment visé. Une action à venir entraîne le subjonctif, une habitude ou un fait passé l'indicatif.

Cuando llego a casa, ceno. (Quand je rentre, je dîne. Habitude, indicatif.)

Cuando llegue a casa, cenaré. (Quand je rentrerai, je dînerai. Action à venir, subjonctif.)

Cuando llegué a casa, cené. (Quand je suis rentré, j'ai dîné. Fait passé, indicatif.)

On écrit Cuando llegue a casa, cenaré et non Cuando llegaré a casa, cenaré. Pour después de que marquant la postériorité, les Académies de la langue donnent le subjonctif comme usage normal.

Aunque et les conjonctions à double lecture

Aunque suivi de l'indicatif donne le fait pour réel et connu. Suivi du subjonctif, il pose une hypothèse, ou minimise une information déjà connue.

Aunque llueve, salgo. (Bien qu'il pleuve, je sors. Il pleut effectivement.)

Aunque llueva, saldré. (Même s'il pleut, je sortirai. La pluie reste hypothétique.)

D'autres conjonctions basculent de même. De modo que marque la conséquence à l'indicatif, le but au subjonctif. Mientras signifie « pendant que » à l'indicatif, « tant que » au subjonctif. On écrit Como no vengas, me voy et non Como no vienes, me voy.

Les relatives, entre antécédent défini et indéfini

Dans une relative, le mode dépend de l'antécédent. Un antécédent que tu identifies appelle l'indicatif. Un antécédent inconnu, seulement recherché, ou inexistant, appelle le subjonctif.

Busco al camarero que habla francés. (Je cherche le serveur qui parle français, celui que je connais.)

Busco un camarero que hable francés. (Je cherche un serveur qui parle français, n'importe lequel.)

No hay nadie que sepa la respuesta. (Il n'y a personne qui sache la réponse.)

On écrit No conozco a nadie que hable ruso et non que habla ruso. Le a personnel tombe souvent devant un antécédent indéfini, mais reste obligatoire devant nadie.

La concordance des temps, le point le plus difficile

La règle des deux blocs

La concordance relie le temps de la principale à celui de la subordonnée. Deux blocs couvrent presque tout. Le premier réunit le présent, le futur, le passé composé et l'impératif. Il appelle le présent du subjonctif, ou le passé composé du subjonctif pour un fait antérieur.

Le second réunit l'imparfait, le passé simple, le plus-que-parfait et le conditionnel. Il appelle l'imparfait du subjonctif, ou le plus-que-parfait pour un fait antérieur.

Quiero que vengas. (Je veux que tu viennes.)

Quería que vinieras. (Je voulais que tu viennes.)

On écrit Quería que vinieras et non Quería que vengas.

Temps de la principale

Temps de la subordonnée

Exemple

Présent, futur, passé composé, impératif

Présent du subjonctif, action simultanée ou à venir

Quiero que vengas.

Présent, futur, passé composé, impératif

Passé composé du subjonctif, action antérieure

Me alegro de que hayas venido.

Imparfait, passé simple, plus-que-parfait, conditionnel

Imparfait du subjonctif, action simultanée ou à venir

Quería que vinieras.

Imparfait, passé simple, plus-que-parfait, conditionnel

Plus-que-parfait du subjonctif, action antérieure

Me alegré de que hubieras venido.

Les déplacements admis

Le conditionnel de politesse appartient au second bloc, malgré son sens présent. Quand l'action reste à venir au moment où l'on parle, le présent du subjonctif s'entend toutefois après une principale au passé, comme dans Te dije que vengas mañana.

Certains verbes changent en outre de sens selon le mode. Sentir signifie « percevoir » à l'indicatif, « regretter » au subjonctif.

Me gustaría que vinieras. (J'aimerais que tu viennes.)

Siento que no puedas venir. (Je regrette que tu ne puisses pas venir.)

On écrit Me gustaría que vinieras et non Me gustaría que vengas.

Hypothétiques avec si, impératif négatif et pièges des francophones

Les trois structures hypothétiques avec si

L'espagnol distingue trois degrés. L'hypothèse réelle emploie si et le présent de l'indicatif, avec une principale au futur ou à l'impératif. L'hypothèse improbable emploie si et l'imparfait du subjonctif, avec une principale au conditionnel. L'hypothèse non réalisée emploie si et le plus-que-parfait.

Si tengo tiempo, iré. (Si j'ai le temps, j'irai.)

Si tuviera tiempo, iría. (Si j'avais le temps, j'irais.)

Si hubiera tenido tiempo, habría ido. (Si j'avais eu le temps, j'y serais allé.)

Deux interdictions encadrent la structure. Le présent du subjonctif ne suit jamais si : on écrit Si tienes tiempo et non Si tengas tiempo. Le conditionnel non plus : on écrit Si tuviera et non Si tendría.

Como si appelle toujours l'imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif : Habla como si fuera el jefe. Le si interrogatif indirect garde l'indicatif : No sé si vendrá.

L'impératif négatif

L'impératif négatif emprunte toutes ses formes au présent du subjonctif : no hables, no comáis, no vengas, no te vayas. Les formes de politesse usted et ustedes en viennent aussi, à l'affirmative comme à la négative. Les pronoms se soudent au verbe à l'affirmative et le précèdent à la négative.

Dímelo. (Dis-le-moi.)

No me lo digas. (Ne me le dis pas.)

On écrit No hables et non No habla, qui est une forme d'indicatif.

Les erreurs les plus fréquentes chez les francophones

Presque toutes tes fautes viendront d'un décalage direct avec le français.

  • Esperar que prend le subjonctif, quand « espérer que » prend l'indicatif : Espero que vengas.

  • Es probable que prend le subjonctif : Es probable que llueva.

  • Les conjonctions de temps prennent le subjonctif là où le français met un futur : Cuando llegues.

  • Aunque accepte l'indicatif pour un fait réel, quand « bien que » impose le subjonctif.

  • La concordance reste stricte : Quería que vinieras, et non Quería que vengas.

  • L'infinitif remplace la subordonnée quand le sujet ne change pas : Quiero ir.

  • L'accent du nosotros se perd souvent : habláramos, hubiéramos, fuéramos.

  • Haya est une forme verbale, à distinguer de halla et de allá.

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FAQ

L'indicatif donne un contenu pour un fait réel et affirmé. Le subjonctif présente ce contenu filtré par une volonté, un sentiment, un doute ou une condition. Le sens change donc avec le mode. Creo que viene affirme une venue probable, No creo que venga la met en doute. Le choix ne dépend pas du verbe seul, mais du déclencheur qui le commande.

On part de la première personne du singulier du présent de l'indicatif. On retire le -o final, puis on ajoute les terminaisons inverses. Les verbes en -ar prennent -e, -es, -e, -emos, -éis, -en, ceux en -er et en -ir prennent -a, -as, -a, -amos, -áis, -an. La règle couvre la plupart des irréguliers, comme tengo qui donne tenga. Six verbes font exception, dont ser et ir.

Cuando prend le subjonctif quand l'action est encore à venir, car elle n'est pas un fait acquis. Le français emploie un futur dans ce cas, ce qui explique la faute. On écrit Cuando llegue, te llamo et non Cuando llegaré. Avec une habitude ou un fait passé, cuando reprend l'indicatif : Cuando llego a casa, ceno. En cuanto et hasta que suivent la même logique.

Non, jamais. Trois structures existent : si plus présent de l'indicatif pour une hypothèse réelle, si plus imparfait du subjonctif pour une hypothèse improbable, si plus plus-que-parfait du subjonctif pour une hypothèse non réalisée. Le conditionnel est lui aussi exclu après si. On écrit donc Si tengo tiempo, iré, puis Si tuviera tiempo, iría, et enfin Si hubiera tenido tiempo, habría ido.

Elle relie le temps de la principale à celui de la subordonnée. Une principale au présent, au futur, au passé composé ou à l'impératif appelle le présent du subjonctif, ou le passé composé pour un fait antérieur. Une principale à l'imparfait, au passé simple ou au conditionnel appelle l'imparfait du subjonctif, ou le plus-que-parfait. Quiero que vengas devient ainsi Quería que vinieras.

Non, et c'est une différence nette avec le français. Aunque suivi de l'indicatif donne le fait pour réel : Aunque llueve, salgo signifie qu'il pleut effectivement. Suivi du subjonctif, il pose une hypothèse ou minimise une information déjà connue : Aunque llueva, saldré. Le français « bien que » impose le subjonctif dans les deux cas, ce qui pousse beaucoup d'élèves à généraliser.

Parce que l'espagnol range l'espoir parmi les attitudes du locuteur, au même titre que la volonté. Le contenu espéré n'est pas donné pour un fait. On écrit donc Espero que llegues a tiempo et non Espero que llegas a tiempo. Le français traite « espérer que » comme un verbe d'opinion et garde l'indicatif. Le même écart vaut pour es probable que.

Conclusion

Le subjonctif espagnol n'est pas une liste d'exceptions à mémoriser. C'est un système à trois portes d'entrée : un déclencheur dans la principale, une conjonction, ou un antécédent indéfini dans une relative. Une fois la porte identifiée, le mode est fixé, et la concordance règle le temps.

La méthode de travail découle de cette architecture. Tu apprends d'abord les formes, présent et imparfait en priorité, puisque les temps composés en dérivent. Tu classes ensuite les déclencheurs par catégorie plutôt qu'un par un. Tu traites enfin les zones de décalage avec le français, cuando, esperar que, aunque et les hypothétiques en si, qui concentrent la majorité des fautes.

Reprends chaque exemple ci-dessus, traduis-le dans les deux sens, puis fabrique tes propres phrases sur le même moule. Répète l'opération sur des textes authentiques, en soulignant chaque subjonctif rencontré et en nommant son déclencheur. Le mode finit alors par se déclencher tout seul.

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