La monnaie chinoise : yuan, renminbi et stratégie d'internationalisation

La monnaie chinoise — officiellement le renminbi (RMB, « monnaie du peuple »), dont l'unité de base est le yuan — est l'un des sujets les plus riches et les plus transversaux de la culture générale de classes préparatoires.

Lila Dumonteil Divies

La monnaie chinoise — officiellement le renminbi (RMB, « monnaie du peuple »), dont l'unité de base est le yuan — est l'un des sujets les plus riches et les plus transversaux de la culture générale de classes préparatoires. À la croisée de l'économie monétaire internationale, de la géopolitique des puissances et de l'histoire du système financier mondial, elle concentre plusieurs des grandes tensions contemporaines : la rivalité sino-américaine, la question de la dédollarisation, le déploiement des monnaies numériques de banque centrale et la recomposition en cours de l'ordre monétaire international né de Bretton Woods.

En 2025 et 2026, ce dossier connaît des développements majeurs : le renforcement du yuan face au dollar après des années de dépréciation, l'accélération spectaculaire des règlements commerciaux en yuan dans les échanges internationaux de la Chine, le lancement du centre international d'opérations pour le yuan numérique à Shanghai en septembre 2025, et la décision historique du 1er janvier 2026 de rémunérer les dépôts en e-CNY. Ces évolutions font de ce sujet une référence mobilisable dans de très nombreuses dissertations d'ESH et de HGG, qu'il s'agisse d'analyser la puissance économique de la Chine, les dynamiques du système monétaire international, les relations sino-américaines ou la géopolitique de l'énergie.

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Yuan et renminbi : comprendre la terminologie et le régime de change

Renminbi, yuan, CNY, CNH : les distinctions qui comptent

Une première clarification s'impose, car la confusion terminologique est fréquente dans les copies. Le renminbi (RMB) désigne la monnaie nationale officielle de la République populaire de Chine. Le yuan (¥) est l'unité de compte de base de cette monnaie, comme l'euro est l'unité du système monétaire européen. Dans les usages internationaux et les statistiques financières, le code ISO est CNY pour le yuan onshore, c'est-à-dire échangé sur le territoire continental chinois, et CNH pour le yuan offshore, échangé à Hong Kong et sur les marchés internationaux. Ces deux cours peuvent différer, précisément parce que la Chine maintient un contrôle strict des capitaux qui empêche une libre circulation entre les deux marchés.

Le régime de change du yuan est un flottement géré, parfois qualifié de « dirty float ». Depuis la réforme de 2005, qui a mis fin à l'ancrage fixe au dollar, la Banque populaire de Chine (PBOC) fixe chaque matin un taux de référence, le « fixing » ou cours pivot, à partir duquel le yuan peut évoluer dans une bande de fluctuation de plus ou moins 2 %. Ce mécanisme permet à Pékin de maintenir une certaine stabilité tout en laissant une marge de flexibilité. La PBOC intervient régulièrement sur les marchés pour lisser les fluctuations excessives, ce qui donne à la Chine un outil de politique économique qu'aucune autre grande puissance ne possède au même degré : la capacité d'orienter le cours de sa monnaie selon ses intérêts stratégiques du moment.

Les données de taux de change en 2025-2026

En 2025 et début 2026, le yuan a connu une trajectoire remarquable après une longue période de pression. Entre 2022 et 2025, la monnaie chinoise avait perdu plus de 17 % de sa valeur face au dollar, passant de 6,30 à 7,43 yuans pour un dollar. Depuis lors, la tendance s'est partiellement inversée. Au 8 janvier 2026, le taux USD/CNY s'établissait à 6,98 yuan pour un dollar, et le yuan offshore a atteint ses plus hauts niveaux face au dollar depuis plus d'un an.

Cette appréciation récente s'explique par plusieurs facteurs convergents : la faiblesse relative du dollar américain dans un contexte de politique monétaire de la Fed orientée vers des baisses de taux, la solidité des exportations chinoises (hausse de 21,8 % en glissement annuel pour les deux premiers mois de 2026), et le discours de la PBOC insistant sur la stabilité du yuan comme réserve de valeur. Zhu Lan, vice-gouverneure de la PBOC, a d'ailleurs assuré en janvier 2026 que Pékin n'entendait pas exploiter la faiblesse du yuan pour obtenir un avantage commercial, une déclaration qui vise à rassurer les partenaires commerciaux et à contrer les accusations américaines de manipulation de change.

L'internationalisation du yuan : bilan 2025 et nouvelles dynamiques

Une ambition ancienne, des progrès réels mais encore limités

La stratégie d'internationalisation du yuan est un projet de longue haleine que Pékin poursuit depuis la crise financière de 2008, laquelle avait révélé la vulnérabilité d'un système mondial trop dépendant du dollar américain. L'objectif est triple : faire du yuan une monnaie de facturation dans le commerce international, une monnaie d'investissement et d'émission de dette sur les marchés financiers mondiaux, et une monnaie de réserve détenue par les banques centrales étrangères. En octobre 2016, une étape symbolique avait été franchie avec l'intégration du yuan dans le panier des Droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, aux côtés du dollar, de l'euro, de la livre sterling et du yen japonais.

En 2025, un bilan nuancé s'impose. D'un côté, des progrès significatifs sont à noter dans le domaine commercial. Dans les trois premiers trimestres de 2025, les règlements commerciaux transfrontaliers en yuan ont atteint 13 000 milliards de yuans (soit 1 850 milliards de dollars), en hausse de 11 % sur un an, représentant 39 % des échanges de marchandises de la Chine sur cette période. Ce chiffre est quatre fois supérieur au niveau de 2017, avant la première guerre commerciale sino-américaine. En juillet 2025, le yuan représentait environ 6 % des transactions commerciales traitées par SWIFT, contre seulement 2 % en 2021, dépassant pour la première fois l'euro dans ce périmètre spécifique.

De l'autre côté, les limites demeurent importantes. La part du yuan dans les réserves de change des banques centrales mondiales ne représente que 2,1 % des réserves mondiales au deuxième trimestre 2025, légèrement en recul par rapport aux 2,3 % de 2020, selon les données du FMI. L'émission de dette libellée en yuan sur les marchés internationaux (les « dim sum bonds ») ne représente toujours que 0,8 % du marché mondial. Et dans les paiements SWIFT toutes catégories confondues, le yuan reste sous la barre des 3 %, quand le dollar dépasse 80 % des transactions commerciales mondiales. En juin 2025, Pan Gongsheng, gouverneur de la PBOC, a lui-même reconnu ces limites tout en réaffirmant l'ambition chinoise lors du Forum financier asiatique de Shanghai.

Les obstacles structurels à l'internationalisation

Les experts sont quasi unanimes sur les deux obstacles structurels qui freinent l'internationalisation du yuan. Le premier est le contrôle des capitaux : contrairement au dollar, à l'euro ou au yen, le yuan n'est pas pleinement convertible. Les entrées et sorties de capitaux financiers sont soumises à des restrictions strictes qui limitent la capacité des investisseurs étrangers à acheter, détenir et vendre librement des actifs libellés en yuan. Cette inconvertibilité est un choix politique délibéré de Pékin, qui préfère garder le contrôle sur les flux financiers au détriment de l'internationalisation accélérée de sa monnaie.

Le deuxième obstacle est la profondeur et l'ouverture des marchés financiers chinois. Pour qu'une monnaie soit internationalement adoptée comme réserve de valeur, les investisseurs doivent pouvoir placer leurs avoirs en actifs libellés dans cette monnaie de façon sûre et liquide. Or les marchés obligataires et boursiers chinois restent partiellement fermés aux étrangers, les protections juridiques des droits de propriété sont jugées insuffisantes par les standards internationaux, et la transparence de la politique monétaire de la PBOC est inférieure à celle des grandes banques centrales occidentales. Comme le note Maximilian Kärnfelt, expert du MERICS, l'internationalisation du yuan se heurte à une contradiction fondamentale : pour internationaliser sa monnaie, la Chine devrait libéraliser ses marchés financiers, ce qu'elle ne souhaite pas faire car cela réduirait sa capacité de contrôle sur l'économie.

Le yuan numérique (e-CNY) : la CBDC la plus avancée du monde en 2025-2026

Un projet décennal qui change de nature en 2026

Le yuan numérique, officiellement dénommé e-CNY ou DCEP (Digital Currency Electronic Payment), est la monnaie numérique de banque centrale (CBDC) développée par la Banque populaire de Chine depuis 2014. C'est de loin la CBDC la plus avancée parmi les grandes économies mondiales. En août 2025, le e-CNY était déployé dans 26 provinces et utilisait 360 millions de portefeuilles personnels actifs et 19 millions de portefeuilles professionnels. Fin novembre 2025, la Banque populaire de Chine a communiqué des chiffres impressionnants : 3,48 milliards de transactions traitées, pour un volume cumulé de 16 700 milliards de yuans soit environ 2 380 milliards de dollars.

Le 1er janvier 2026, le e-CNY franchit une nouvelle étape historique. La PBOC a autorisé les banques commerciales à verser des intérêts sur les soldes détenus en yuan numérique. Cette décision transforme fondamentalement la nature de l'instrument : le e-CNY passe d'une simple monnaie numérique liquide (comparable à du cash digitalisé, classé en M0) à une monnaie de dépôt numérique, concurrente directe des comptes d'épargne et des applications de paiement privées comme WeChat Pay et Alipay. Lu Lei, vice-gouverneur de la PBOC, a présenté ce « plan d'action » comme une étape clé de la stratégie d'adoption de masse du yuan numérique, visant à terme à remplacer intégralement le cash physique en circulation.

En septembre 2025, la Banque populaire de Chine a franchi une étape supplémentaire en inaugurant à Shanghai un Centre international d'opérations pour le yuan numérique. Sa mission est explicitement internationale : développer l'usage du e-CNY dans les paiements transfrontaliers, notamment dans le cadre des nouvelles Routes de la soie, et réduire la dépendance aux réseaux de paiements contrôlés par les États-Unis. En mars 2025, Hong Kong, avec le soutien de Pékin, a également adopté une loi encadrant l'émission de stablecoins adossés au yuan, ouvrant une nouvelle voie pour l'internationalisation numérique de la monnaie chinoise.

Le projet mBridge : contourner SWIFT par les CBDC

L'outil le plus stratégique du déploiement international du yuan numérique est le projet mBridge, développé sous l'égide de la Banque des règlements internationaux (BRI). Ce système de paiement transfrontalier utilise les monnaies numériques de banque centrale pour effectuer des règlements instantanés entre banques centrales partenaires, sans passer par le réseau SWIFT ni par le système bancaire correspondant en dollars. Les banques centrales membres en 2025 sont celles de Chine, de Hong Kong, des Émirats arabes unis, de Thaïlande et de l'Arabie saoudite, qui a rejoint le projet en 2024. Les transactions réalisées sur cette plateforme sont, par construction, à l'abri des sanctions économiques américaines et du contrôle de Washington sur les flux financiers internationaux.

Cette dimension géopolitique est cruciale pour comprendre la signification du yuan numérique. Il ne s'agit pas simplement d'une modernisation technologique des paiements : c'est un instrument de souveraineté monétaire conçu pour réduire la vulnérabilité de la Chine et de ses partenaires face au « weaponisation » du dollar par les États-Unis, c'est-à-dire l'utilisation du contrôle américain sur le système financier mondial comme arme géopolitique. Depuis le gel des actifs russes en 2022, ce risque est pris très au sérieux par de nombreux pays du Sud global, qui regardent le système mBridge avec un intérêt croissant.

Du pétrodollar au pétroyuan : la bataille des hydrocarbures

L'accord de 1945 et les fondements du système pétrodollar

Pour comprendre les enjeux de la montée en puissance du yuan dans le commerce énergétique mondial, il faut partir des fondements du système pétrodollar. En 1945, les accords de Bretton Woods ont fait du dollar la monnaie de référence internationale. En 1971, Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or, menaçant son statut de monnaie de réserve. Pour compenser, Henry Kissinger a négocié en 1974 un accord historique avec l'Arabie saoudite : le Royaume accepterait de ne facturer son pétrole qu'en dollars et réinvestirait ses excédents en bons du Trésor américain. En contrepartie, les États-Unis offraient leur protection militaire au régime saoudien. Cet accord, progressivement étendu à l'ensemble des membres de l'OPEP, a créé une demande mondiale structurelle et permanente de dollars, fondant l'hégémonie monétaire américaine sur la ressource énergétique la plus stratégique du monde.

Ce système commence à se fissurer sous la pression combinée de plusieurs facteurs. La Chine est aujourd'hui le premier importateur mondial de pétrole, ayant ravi ce titre aux États-Unis. Elle importe une part croissante de ses hydrocarbures auprès de pays sous sanctions américaines ou en tension avec Washington : Russie, Iran, Venezuela. Ces pays n'ont aucun intérêt à être payés en dollars, sur lesquels Washington peut exercer des pressions via le contrôle des circuits financiers. Plus de 80 % du commerce bilatéral sino-russe se règle désormais directement en yuans et en roubles, sans passer par le dollar.

Le pétroyuan en 2025 : avancées et limites

En 2018, la Chine a lancé des contrats à terme sur le pétrole libellés en yuans et adossés à l'or sur la Bourse de Shanghai. Ces instruments créent une alternative aux benchmarks pétroliers occidentaux comme le Brent ou le WTI, libellés en dollars. En 2025, la facturation d'une part croissante du pétrole importé par la Chine en yuan se poursuit, notamment auprès de la Russie, de l'Irak et du Venezuela. Ce dernier, dont le pétrole est vendu à la Chine en yuan, a d'ailleurs été au centre d'un épisode géopolitique révélateur : certains analystes ont lié l'intervention américaine au Venezuela début 2026 à la volonté de Washington de freiner l'expansion de l'usage du yuan dans les échanges énergétiques internationaux.

L'Arabie saoudite reste la pièce centrale du puzzle. Riyadh est tiraillée entre sa relation stratégique historique avec les États-Unis, fondée précisément sur le système pétrodollar, et l'attraction économique croissante de la Chine, son premier partenaire commercial. Les discussions entre Pékin et Riyadh sur une facturation partielle du pétrole saoudien en yuan ont été engagées, sans qu'un accord définitif soit annoncé à ce stade. La participation de l'Arabie saoudite au projet mBridge constitue néanmoins un signal fort de son intérêt pour les infrastructures financières alternatives au dollar. Barry Eichengreen, professeur d'économie à Berkeley, identifie précisément le tandem sino-saoudien comme le développement le plus susceptible de nourrir une dédollarisation graduelle des marchés pétroliers.

Yuan et dédollarisation : le bilan mesuré de 2025

La part du dollar dans les réserves et les transactions mondiales

La question de la dédollarisation est l'une des plus débattues de l'économie internationale contemporaine, et l'une des plus souvent mal posées. Les faits méritent d'être présentés avec précision. La part du dollar dans les réserves de change des banques centrales mondiales est passée de 71 % en 2000 à environ 56-58 % aujourd'hui selon les dernières données du FMI. Cette baisse est réelle mais graduelle. Le dollar reste impliqué dans environ 88 % des transactions sur le marché des changes, et représente plus de 80 % des transactions commerciales traitées par SWIFT. La part du yuan dans les réserves mondiales n'est que de 2,1 %, et elle est même légèrement en recul par rapport à 2020.

Ces chiffres semblent contredire la thèse d'une dédollarisation rapide. Mais ils masquent des dynamiques plus fines. Le CIPS (China International Payments System), lancé en 2015, est le système de règlement concurrent du réseau SWIFT développé par la Chine. Il opère principalement en yuans et permet des transactions entièrement à l'abri du contrôle américain. La JP Morgan estime que si l'on intègre les volumes du CIPS, la part effective du yuan dans les paiements internationaux serait beaucoup plus proche de 13 % que des 3 % apparents dans SWIFT. Le système mondial de paiement est en cours de bifurcation, non de basculement : deux infrastructures parallèles coexistent de plus en plus clairement.

Xi Jinping et l'offensive déclarée de début 2026

Début 2026, Xi Jinping a durci le ton sur la question monétaire. Ses propos, qualifiés par L'Économiste Maghrébin de « véritable offensive du yuan contre l'hégémonie du dollar », clarifient la vision de Pékin et les fondations financières nécessaires pour la soutenir. Cette prise de position publique intervient dans un contexte de tensions commerciales renouvelées avec Washington, les droits de douane imposés par l'administration Trump à partir de 2025 ayant renforcé la conviction chinoise que la dépendance au dollar constitue un risque systémique qu'il faut réduire.

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a quant à elle appelé fin 2025 la Chine à corriger les déséquilibres de son économie, notamment la déflation persistante des prix à la production, qui a selon elle entraîné une baisse significative de la valeur réelle du taux de change. Cette pression internationale s'ajoute aux tensions commerciales avec les États-Unis pour créer un environnement macroéconomique complexe dans lequel la politique de change chinoise doit naviguer entre plusieurs impératifs contradictoires : soutenir la croissance des exportations, attirer les capitaux étrangers, et asseoir le yuan comme réserve de valeur internationale crédible.

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Comment utiliser ce dossier dans vos copies de concours

Les axes mobilisables en ESH

En Économie, Sociologie et Histoire, le dossier yuan-renminbi permet d'alimenter plusieurs types de sujets avec une précision chiffrée et analytique appréciée des correcteurs. Il peut illustrer une question sur le système monétaire international et ses évolutions depuis Bretton Woods : l'histoire du yuan, du taux fixe au flottement géré en passant par l'intégration dans le panier DTS, constitue un cas d'école. Il peut nourrir une réflexion sur la puissance économique et les instruments de la politique commerciale : la gestion du taux de change par la PBOC comme outil de compétitivité ou de stabilité. Il peut également servir une analyse du rôle des institutions financières internationales (FMI, BRI, SWIFT) et de leurs alternatives chinoises (CIPS, mBridge, NDB).

Les données quantitatives disponibles sur le yuan en 2025 sont particulièrement précieuses pour les développements chiffrés que les correcteurs apprécient. La progression des règlements en yuan dans le commerce (de 10 % à 39 % en quelques années), la part du yuan dans les réserves mondiales (2,1 %), le volume du e-CNY (3,48 milliards de transactions), le taux USD/CNY et ses variations sont autant de données mobilisables pour construire une argumentation quantifiée et actuelle.

Les axes mobilisables en HGG

En Histoire, Géographie et Géopolitique, le yuan est une entrée exceptionnelle pour traiter les grandes questions de la compétition sino-américaine, de la recomposition de l'ordre international et de la géopolitique des ressources énergétiques. La question du pétroyuan permet d'articuler géopolitique de l'énergie, géopolitique monétaire et relations internationales dans une même démonstration. La stratégie du yuan numérique peut illustrer la thèse d'une « fragmentation de la mondialisation » ou d'une bifurcation technologique entre les deux blocs en compétition. Les BRICS et leur effort de dédollarisation constituent un terrain d'application direct des thèses sur la multipolarité.

Pour les sujets portant sur la puissance chinoise, le yuan est un révélateur des ambitions et des contradictions de Pékin : une puissance qui veut une monnaie internationale mais refuse la liberté de circulation des capitaux que cela implique ; une puissance qui déploie la technologie la plus avancée du monde en matière de monnaie numérique tout en bannissant les cryptomonnaies décentralisées ; une puissance qui cherche à construire un ordre financier alternatif tout en restant profondément intégrée dans le système commercial mondial dont le dollar est le pivot.

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