Jules Ferry : le père de l'école républicaine française
Jules Ferry (1832-1893) demeure l'une des figures les plus emblématiques de la Troisième République française.
Lila Dumonteil Divies

Jules Ferry (1832-1893) demeure l'une des figures les plus emblématiques de la Troisième République française. Ministre de l'Instruction publique entre 1879 et 1883, il a profondément transformé le système éducatif français en instaurant l'école gratuite, laïque et obligatoire. Son œuvre législative a posé les fondements de l'école républicaine moderne, façonnant durablement l'identité française. Cependant, son héritage reste complexe et controversé, notamment en raison de sa politique coloniale agressive. Cet article propose une analyse approfondie de la vie et de l'œuvre de Jules Ferry, personnage incontournable pour comprendre les enjeux de la IIIe République et la construction de la France moderne.
Biographie et formation d'un républicain convaincu
Des origines vosgiennes à l'engagement républicain
Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié-des-Vosges dans une famille bourgeoise catholique, Jules François Camille Ferry n'était pas prédestiné à devenir l'un des pères fondateurs de la République laïque. Son grand-père paternel, François-Joseph Ferry, fut fabricant de tuiles et maire de Saint-Dié sous le Directoire et l'Empire. Son père, Charles-Édouard Ferry, avocat au barreau de Saint-Dié, était un libre-penseur aux idées progressistes qui exerça une influence déterminante sur l'orientation intellectuelle de son fils.
Jules Ferry effectue sa scolarité au collège de Saint-Dié, puis au lycée impérial de Strasbourg. Élève brillant et travailleur, il poursuit des études de droit à Paris, où il obtient sa licence en 1851. C'est dans la capitale qu'il découvre l'effervescence intellectuelle et politique du Second Empire naissant. La fréquentation des milieux étudiants et des cercles républicains forge progressivement ses convictions politiques. Il devient avocat au barreau de Paris en 1854, profession qu'il exercera parallèlement à son engagement politique.
L'opposant au Second Empire
Sous le Second Empire, Jules Ferry se fait connaître comme un opposant virulent au régime de Napoléon III. En 1868, il publie une série d'articles dans le journal Le Temps, rassemblés sous le titre "Les Comptes fantastiques d'Haussmann", dans lesquels il dénonce avec une ironie mordante la gestion financière du préfet de la Seine, le baron Haussmann, et plus largement la corruption du régime impérial. Ces pamphlets, qui rencontrent un grand succès, établissent sa réputation de polémiste redoutable et d'opposant déterminé.
En 1869, Jules Ferry est élu député de la Seine sur un programme républicain. Il siège parmi les opposants au régime et participe activement aux débats parlementaires, se spécialisant notamment dans les questions d'instruction publique. Cette expérience parlementaire sous l'Empire lui permet d'acquérir une connaissance approfondie des institutions et de préparer le terrain pour les réformes qu'il mènera sous la République.
La guerre de 1870 et le siège de Paris
La défaite de Sedan en septembre 1870 et la chute du Second Empire marquent un tournant dans la carrière de Ferry. Le 4 septembre 1870, il participe à la proclamation de la République et devient membre du gouvernement de la Défense nationale. Nommé maire de Paris, il doit gérer la capitale assiégée par les Prussiens dans des conditions dramatiques. Sa gestion rigoureuse des approvisionnements lui vaut le surnom hostile de "Ferry-Famine" parmi les Parisiens affamés. Cette période difficile marque profondément Ferry, qui gardera toute sa vie un souvenir traumatisant de l'humiliation nationale et de la défaite face à la Prusse.
Opposé à la Commune de Paris qu'il considère comme une insurrection dangereuse, Jules Ferry se réfugie à Versailles avec le gouvernement d'Adolphe Thiers. Cette position lui vaut la haine durable des communards et des socialistes révolutionnaires. Sa maison de Saint-Dié est d'ailleurs incendiée par des sympathisants de la Commune. Cette confrontation avec le mouvement ouvrier radical influence durablement sa pensée politique : Ferry restera toute sa vie un républicain modéré, attaché à l'ordre social et méfiant envers les mouvements révolutionnaires.
L'architecte de l'école républicaine (1879-1883)
Le contexte : la lutte entre républicains et monarchistes
Lorsque Jules Ferry devient ministre de l'Instruction publique en février 1879, la Troisième République n'a que neuf ans et sa pérennité est loin d'être assurée. La crise du 16 mai 1877, qui a vu le président Mac-Mahon tenter un coup de force contre la majorité républicaine, vient à peine d'être surmontée. Les républicains, désormais majoritaires à la Chambre des députés et au Sénat, doivent consolider le régime face aux menaces monarchistes et bonapartistes toujours présentes.
Dans ce contexte, l'éducation apparaît comme un enjeu politique majeur. Avant les lois Ferry, l'enseignement primaire était largement contrôlé par l'Église catholique, souvent hostile à la République. La loi Falloux de 1850 avait renforcé cette influence en accordant un droit d'inspection aux évêques et en facilitant l'ouverture d'écoles confessionnelles. Pour les républicains, cette situation constitue un obstacle fondamental à l'enracinement du nouveau régime. Comme le déclare Jules Ferry dans un discours au conseil général des Vosges en 1879 : "Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. Si cet état de choses se perpétue, il est à craindre que d'autres écoles ne se constituent, ouvertes aux fils d'ouvriers et de paysans, où l'on enseignera des principes totalement opposés."
Les lois fondamentales : gratuité, laïcité, obligation
Jules Ferry fait voter une série de lois qui transforment radicalement le paysage éducatif français. La première, votée le 16 juin 1881, instaure la gratuité absolue de l'enseignement primaire dans les écoles publiques. Cette mesure, qui supprime la rétribution scolaire établie par la loi Falloux, rend l'école accessible à tous les enfants, indépendamment des revenus de leurs parents. Dans les faits, le changement est moins radical qu'il n'y paraît : en 1870, avant les lois Ferry, environ 66% des élèves bénéficiaient déjà de la gratuité. La loi de 1881 achève donc un mouvement déjà bien engagé et l'universalise.
La loi du 28 mars 1882 sur l'enseignement primaire obligatoire constitue la pièce maîtresse de la réforme Ferry. Elle rend l'instruction obligatoire pour tous les enfants des deux sexes, français et étrangers, âgés de 6 à 13 ans. Surtout, elle retire l'instruction religieuse du programme scolaire obligatoire pour la remplacer par un enseignement de "morale laïque" et d'"instruction civique". L'article 1er de cette loi précise que l'enseignement primaire comprend notamment "l'instruction morale et civique" ainsi que "les éléments des sciences naturelles physiques et mathématiques, leurs applications à l'agriculture, à l'hygiène, aux arts industriels". Un jour par semaine (le jeudi, puis le mercredi) est libéré pour permettre l'enseignement religieux en dehors de l'école, si les familles le souhaitent.
Pour garantir la qualité de l'enseignement, la loi du 16 juin 1881 relative aux titres de capacité exige que tous les instituteurs obtiennent un brevet de capacité. Ferry développe également massivement les écoles normales d'instituteurs, chargées de former les futurs enseignants dans l'esprit républicain. Ces "hussards noirs de la République", comme les surnommera Charles Péguy, deviennent les missionnaires laïques chargés de diffuser les valeurs républicaines jusque dans les villages les plus reculés.
L'enseignement secondaire féminin : une révolution sociale
Parmi les réformes de Ferry, la création de l'enseignement secondaire féminin laïque occupe une place particulière. La loi Camille Sée du 21 décembre 1880 crée des lycées et collèges de jeunes filles, dispensant un enseignement comparable à celui des garçons, bien que distinct dans ses contenus et ses finalités. Cette innovation constitue une véritable révolution sociale dans une France où l'éducation des filles était presque exclusivement confiée aux congrégations religieuses.
Ferry justifie cette réforme par une formule restée célèbre : il s'agit de "donner des compagnes républicaines aux hommes républicains". Pour former les professeures de ces nouveaux lycées féminins, l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres est créée en 1881, et une agrégation féminine est instituée. Cependant, l'enseignement dispensé aux filles reste marqué par une conception genrée : à côté des matières classiques, les jeunes filles reçoivent un enseignement ménager (couture, cuisine, puériculture) censé les préparer à leur rôle de mères et d'épouses. Cette ambivalence révèle les limites de l'égalitarisme républicain de Ferry, qui reste prisonnier des préjugés de son temps concernant les rôles sociaux masculins et féminins.
Les finalités politiques de l'école républicaine
Les réformes scolaires de Jules Ferry ne visent pas seulement à instruire les enfants, mais poursuivent des objectifs politiques explicites. Premièrement, il s'agit d'enraciner le régime républicain en formant des citoyens attachés aux valeurs de la République. L'enseignement de la morale laïque et de l'instruction civique vise à créer un socle commun de valeurs partagées par tous les Français, quelles que soient leurs origines sociales ou religieuses. Les manuels scolaires, comme le célèbre "Le Tour de France par deux enfants" de G. Bruno (pseudonyme d'Augustine Fouillée), diffusent une vision républicaine et patriotique de la France.
Deuxièmement, l'école républicaine poursuit un objectif patriotique directement lié au traumatisme de la défaite de 1870. Dans un discours prononcé à Reims en 1882, Ferry affirme : "L'instituteur prussien a fait la victoire de sa patrie, l'instituteur de la République préparera la revanche." Cette formule révèle la dimension nationaliste du projet éducatif : il s'agit de former des citoyens instruits et disciplinés, capables de redresser la France et de venger l'humiliation de 1870. L'enseignement de la gymnastique pour les garçons, explicitement conçu comme une préparation militaire, s'inscrit dans cette perspective.
Troisièmement, Ferry conçoit l'école comme un rempart contre les idées socialistes et anarchistes. Ayant combattu la Commune, il redoute la diffusion des idées révolutionnaires dans les masses ouvrières. L'école républicaine doit donc transmettre une vision modérée et ordonnée de la République, fondée sur le respect de la propriété, de la hiérarchie sociale et de l'ordre établi. Comme il le déclare en 1879, il faut éviter que "d'autres écoles ne se constituent, ouvertes aux fils d'ouvriers et de paysans, où l'on enseignera des principes totalement opposés" aux valeurs républicaines modérées.
Le colonisateur : l'autre visage de Ferry
La doctrine de l'expansion coloniale
Parallèlement à son œuvre scolaire, Jules Ferry mène une politique coloniale agressive qui constitue l'autre facette de son action politique. Président du Conseil à deux reprises (1880-1881 et 1883-1885), il est l'artisan principal de l'expansion coloniale française en Afrique et en Asie. Cette politique s'inscrit dans un contexte de compétition impérialiste entre les grandes puissances européennes pour le contrôle de nouveaux territoires et de nouveaux marchés.
Dans son célèbre discours du 28 juillet 1885 à la Chambre des députés, Ferry défend ouvertement la colonisation au nom d'une hiérarchie des races et d'une "mission civilisatrice" de la France. Il affirme sans détour : "Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures." Cette déclaration, choquante aux yeux contemporains, reflète les convictions largement partagées à son époque parmi les élites européennes. Ferry y ajoute des arguments économiques, affirmant que la colonisation est nécessaire pour assurer des débouchés à l'industrie française et garantir la prospérité nationale.
Ce discours suscite une réplique virulente de Georges Clemenceau, alors député radical, qui dénonce la théorie des "races supérieures" : "Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit. Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieure !" Ce débat révèle que, même à l'époque, la doctrine coloniale de Ferry suscitait des oppositions vigoureuses au sein du camp républicain lui-même.
Les conquêtes coloniales de Ferry
Sous les gouvernements Ferry, la France étend considérablement son empire colonial. En 1881, le traité du Bardo établit le protectorat français sur la Tunisie, mettant fin à la souveraineté ottomane nominale sur ce territoire. Cette conquête, relativement rapide et peu coûteuse, sert de modèle pour les expansions ultérieures. Ferry y voit la preuve que la colonisation peut servir les intérêts français sans engager le pays dans des conflits trop onéreux.
En Afrique équatoriale, entre 1883 et 1885, l'explorateur Savorgnan de Brazza étend l'influence française dans le bassin du Congo, créant ce qui deviendra l'Afrique-Équatoriale française. En 1883, le protectorat français est établi sur Madagascar, bien que la conquête complète de l'île ne sera achevée que dans les années 1890. Cependant, c'est en Indochine que la politique coloniale de Ferry connaît ses développements les plus importants et les plus controversés.
L'affaire du Tonkin et la chute de Ferry
L'expansion française en Indochine, et particulièrement au Tonkin (actuel Nord-Vietnam), constitue le dossier le plus épineux de la politique coloniale de Ferry. La conquête du Tonkin, commencée sous son premier gouvernement, se heurte à une résistance vietnamienne soutenue par la Chine. Les opérations militaires s'enlisent, les coûts s'accumulent, et l'opinion publique française, peu enthousiaste pour ces aventures lointaines, devient de plus en plus hostile.
Le 30 mars 1885, la nouvelle d'un revers militaire français à Lạng Sơn (présenté de manière exagérée comme un désastre) provoque un scandale à la Chambre des députés. L'opposition, menée par Clemenceau, accuse Ferry d'avoir mené une politique coloniale ruineuse et dangereuse, négligeant la question de la "Revanche" contre l'Allemagne pour s'enliser dans des conquêtes lointaines. Le 30 mars 1885, le gouvernement Ferry est renversé par 306 voix contre 149. Ferry quitte le pouvoir sous les huées et les insultes : on le surnomme "Ferry-Tonkin" ou "Ferry-Tonkinois", écho au "Ferry-Famine" de 1870.
Cette chute brutale marque la fin de la carrière gouvernementale de Jules Ferry. Bien que réélu député des Vosges et élu sénateur en 1891, il ne retrouvera jamais de fonction ministérielle. L'affaire du Tonkin ternit durablement sa réputation et divise profondément l'opinion sur son bilan. Pour certains, Ferry reste le grand colonisateur qui a donné à la France son second empire colonial ; pour d'autres, il est le responsable d'une politique coûteuse et moralement condamnable.
Un héritage controversé et contradictoire
La postérité de l'œuvre scolaire
L'héritage scolaire de Jules Ferry traverse les décennies et façonne durablement l'identité française. L'école gratuite, laïque et obligatoire devient rapidement un pilier de la République et un élément fondamental du pacte social français. Les principes posés par les lois Ferry survivent à tous les régimes politiques : Quatrième République, Cinquième République, alternances politiques. La laïcité scolaire, en particulier, devient une valeur centrale de l'identité républicaine française, régulièrement réaffirmée et défendue.
Cependant, l'école de Jules Ferry telle qu'il l'avait conçue a profondément évolué. L'historien Antoine Prost, dans son article "Quand l'école de Jules Ferry est-elle morte ?" (1982), montre que le modèle original - une école primaire du peuple, distincte du secondaire réservé aux élites - a progressivement disparu avec la démocratisation de l'enseignement secondaire et la création du collège unique dans les années 1970. L'école républicaine contemporaine conserve les principes de gratuité, laïcité et obligation, mais dans un cadre profondément transformé.
Les débats contemporains sur la laïcité, la place du fait religieux à l'école, l'enseignement des valeurs républicaines ou la lutte contre le communautarisme s'inscrivent directement dans l'héritage de Jules Ferry. La loi de 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles à l'école, par exemple, se réclame explicitement de l'esprit des lois Ferry, bien qu'elle aille plus loin que ce que Ferry lui-même avait envisagé. Ces débats montrent que l'œuvre de Ferry reste un référent vivant dans les discussions politiques françaises, même si son interprétation fait l'objet de controverses permanentes.
La remise en cause de l'héritage colonial
Si l'héritage scolaire de Ferry fait l'objet d'un consensus relativement large, son héritage colonial est aujourd'hui violemment contesté. La décolonisation des années 1950-1960 a d'abord conduit à une réévaluation critique de la colonisation française. Les historiens ont progressivement déconstruit le mythe de la "mission civilisatrice" et mis en lumière les violences, les spoliations et l'exploitation qui ont caractérisé la domination coloniale.
Dans les années 2000 et 2010, les mouvements antiracistes et décoloniaux ont intensifié la critique de Ferry, allant jusqu'à demander le déboulonnage de ses statues et le retrait de son nom des établissements scolaires. Ces militants dénoncent le racisme explicite de ses discours sur les "races supérieures" et considèrent qu'honorer Ferry revient à légitimer l'idéologie coloniale et raciste. En 2020, dans le contexte du mouvement Black Lives Matter, plusieurs statues de Jules Ferry ont été vandalisées en France, des inscriptions "Ferry = raciste" apparaissant sur leurs socles.
Cette polémique révèle la difficulté de juger les figures historiques selon les critères moraux contemporains. Les défenseurs de Ferry rappellent qu'il partageait les préjugés raciaux de son époque, largement répandus dans l'ensemble de la société européenne du XIXe siècle, et qu'il serait anachronique de le condamner pour n'avoir pas eu la conscience morale du XXIe siècle. Ses détracteurs répliquent que certains de ses contemporains, comme Clemenceau, avaient déjà formulé des critiques virulentes de la théorie des "races supérieures", prouvant qu'une position antiraciste était possible à l'époque.
Ferry dans l'enseignement : un personnage à contextualiser
Pour les étudiants en classe préparatoire, Jules Ferry constitue un personnage historique essentiel à connaître et à comprendre dans toute sa complexité. Il ne suffit pas de le réduire à ses lois scolaires ou à sa politique coloniale : il faut saisir les tensions et les contradictions qui traversent son action politique. Ferry incarne à la fois les idéaux progressistes de la République (instruction pour tous, émancipation par l'éducation, égalité des chances) et les aspects les plus sombres de l'impérialisme européen du XIXe siècle (racisme, domination coloniale, violence).
Cette ambivalence fait de Ferry un cas d'étude particulièrement riche pour réfléchir aux rapports entre politique intérieure et politique extérieure, entre valeurs proclamées et pratiques effectives, entre émancipation et domination. Elle invite également à une réflexion critique sur la construction de la mémoire nationale et sur la manière dont les sociétés choisissent d'honorer ou de condamner leurs grandes figures historiques.
Lors d'un oral d'histoire ou dans une dissertation, il est important de présenter Ferry dans toute sa complexité, sans le réduire à un héros immaculé de la République ni à un simple apologiste du colonialisme. Il faut contextualiser ses actions dans leur époque, tout en étant conscient que cette contextualisation ne constitue pas nécessairement une justification morale. Cette approche nuancée et critique est précisément ce qui est attendu dans les exercices académiques de haut niveau.






