De Gaulle : la France libre, la Ve République et le gaullisme

De Gaulle, de l'appel du 18 juin à 1969 : France libre, GPRF, Constitution de 1958, Algérie, réforme de 1962, politique étrangère et débats historiographiques

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De Gaulle désigne Charles de Gaulle (1890-1970), officier français devenu chef de la France libre en juin 1940, puis fondateur et premier président de la Ve République. Sa trajectoire relie deux séquences que les programmes distinguent souvent. La première est celle de la guerre, de l'appel du 18 juin 1940 et de la construction d'une légitimité concurrente de Vichy. La seconde est celle des institutions, avec la Constitution du 4 octobre 1958 et la révision de 1962. Entre les deux se placent la démission de janvier 1946 et douze années hors du pouvoir. Tu trouveras ici les faits datés, les textes qui comptent et les lectures que les historiens en proposent.

L'officier et le théoricien : De Gaulle avant 1940

Une formation militaire classique

Charles de Gaulle naît le 22 novembre 1890 à Lille. Il entre à Saint-Cyr en 1909 et en sort officier d'infanterie en 1912. Il sert alors au 33e régiment d'infanterie d'Arras, commandé par le colonel Philippe Pétain.

Blessé à Douaumont en mars 1916, il est fait prisonnier par l'armée allemande. Il reste en captivité jusqu'à l'armistice de novembre 1918.

Les écrits d'avant-guerre

La Discorde chez l'ennemi paraît en 1924 et analyse les erreurs du commandement allemand. Le Fil de l'épée, publié en 1932, propose une réflexion sur le caractère du chef militaire.

Vers l'armée de métier paraît en 1934. L'ouvrage défend la création d'un corps cuirassé professionnel, articulé autour du char et de la mobilité. La France et son armée, publié en 1938, prolonge cette réflexion sur un mode historique.

Une doctrine restée minoritaire

La thèse de l'arme blindée autonome ne fait pas consensus dans l'armée française des années 1930. La doctrine dominante privilégie le feu, la fortification et l'emploi des chars en appui de l'infanterie. Le député Paul Reynaud relaie ces propositions au Parlement, sans succès législatif.

En mai 1940, De Gaulle commande la 4e division cuirassée de réserve. Il conduit des contre-attaques autour de Montcornet, puis vers Abbeville. Ces engagements ne modifient pas le cours de la campagne, mais lui valent le grade de général de brigade à titre temporaire.

Juin 1940 : l'appel du 18 juin et la fondation de la France libre

Du gouvernement Reynaud au départ pour Londres

Le 6 juin 1940, Paul Reynaud nomme De Gaulle sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale. Reynaud démissionne le 16 juin 1940. Le maréchal Pétain forme un gouvernement et annonce le lendemain la recherche d'un armistice. De Gaulle gagne Londres le 17 juin 1940, et l'armistice est signé le 22 juin à Rethondes.

Le contenu de l'appel

Le 18 juin 1940, De Gaulle s'exprime depuis les studios de la radio britannique. Il distingue la bataille perdue de la guerre, qu'il présente comme mondiale et donc non tranchée. Il appelle les militaires et les techniciens français présents en Grande-Bretagne à le rejoindre.

L'appel n'a pas été enregistré. Les versions diffusées ensuite reposent sur des transcriptions et sur des textes voisins, dont l'affiche placardée à Londres en août 1940.

Les premiers ralliements

Le gouvernement britannique reconnaît De Gaulle le 28 juin 1940 comme chef des Français libres. Un tribunal militaire de Vichy le condamne à mort par contumace le 2 août 1940.

Le Tchad se rallie en août 1940, sous l'impulsion du gouverneur Félix Éboué, suivi du Cameroun, du Congo et de l'Oubangui-Chari. L'échec devant Dakar, en septembre 1940, montre les limites de cette dynamique.

Légitimité, Résistance intérieure et gouvernement provisoire

Un rapport difficile avec les Alliés

De Gaulle ne dispose ni d'un territoire métropolitain ni d'une large reconnaissance diplomatique. Il fonde sa position sur une lecture juridique, selon laquelle l'armistice n'engage pas la France et Vichy exerce un pouvoir de fait. Le manifeste de Brazzaville, en octobre 1940, crée un Conseil de défense de l'Empire.

Le gouvernement américain maintient longtemps des contacts avec Vichy, puis soutient le général Henri Giraud en Afrique du Nord.

Jean Moulin et le Conseil national de la Résistance

Jean Moulin est parachuté en France au début de 1942 avec mission de rassembler les mouvements. Le Conseil national de la Résistance tient sa première réunion le 27 mai 1943 à Paris.

Le CNR donne à De Gaulle un appui intérieur organisé. Jean Moulin est arrêté à Caluire le 21 juin 1943 et meurt peu après. Le CNR adopte son programme en mars 1944, qui prévoit des nationalisations, un plan de sécurité sociale et le retour des libertés publiques.

Du CFLN au GPRF

Le Comité français de la Libération nationale est créé à Alger le 3 juin 1943. Il est d'abord coprésidé par De Gaulle et Giraud, avant que De Gaulle en prenne seul la direction politique à l'automne 1943. Une Assemblée consultative provisoire siège à Alger à partir de novembre 1943.

La conférence de Brazzaville se tient du 30 janvier au 8 février 1944 et porte sur l'avenir administratif des colonies africaines. Le CFLN se transforme en Gouvernement provisoire de la République française le 3 juin 1944. Les Alliés ne le reconnaissent formellement que le 23 octobre 1944.

La Libération, les réformes de 1944-1946 et le discours de Bayeux

Rétablir l'État et réformer

Le 25 août 1944, De Gaulle prononce un discours à l'Hôtel de Ville de Paris et affirme la continuité de la République. Il intègre progressivement les Forces françaises de l'intérieur à l'armée régulière, et ouvre une épuration judiciaire dont le bilan est discuté par les historiens.

L'ordonnance du 21 avril 1944 accorde le droit de vote et l'éligibilité aux femmes, qui votent pour la première fois aux municipales d'avril 1945. Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 créent le régime général de sécurité sociale, celle du 22 février 1945 les comités d'entreprise. Renault est nationalisé début 1945, la Banque de France et quatre grandes banques de dépôt en décembre 1945.

La démission de janvier 1946

Le référendum du 21 octobre 1945 écarte le retour à la Constitution de 1875 et élit une Assemblée constituante. Celle-ci élit De Gaulle chef du gouvernement provisoire le 13 novembre 1945. Le désaccord porte ensuite sur le budget militaire et sur le rôle de l'exécutif. De Gaulle démissionne le 20 janvier 1946.

Le discours de Bayeux

Le 16 juin 1946, De Gaulle prononce à Bayeux un discours de doctrine constitutionnelle. Il y défend un chef de l'État placé au-dessus des partis, chargé d'arbitrer, de nommer le gouvernement et d'assurer la continuité nationale. Ce discours sert ensuite de référence aux rédacteurs de 1958, mais les juristes discutent l'ampleur exacte de cette filiation.

La traversée du désert, le RPF et le retour de 1958

Le RPF et les Mémoires de guerre

De Gaulle annonce la création du Rassemblement du peuple français à Strasbourg le 7 avril 1947, et le mouvement est fondé le 14 avril 1947. Il se présente comme un rassemblement et non comme un parti, et demande une révision de la Constitution de 1946. Il obtient de forts résultats aux municipales d'octobre 1947, puis un groupe important après les législatives de 1951.

Faute de révision obtenue, De Gaulle rend leur liberté d'action aux élus RPF en 1953, et le mouvement est dissous en 1955. Retiré à Colombey-les-Deux-Églises, il rédige ses Mémoires de guerre, publiés en 1954, 1956 et 1959. Les historiens les utilisent comme un témoignage de premier plan, mais aussi comme une mise en récit rétrospective.

Mai 1958 et l'investiture

Le 13 mai 1958, une manifestation à Alger débouche sur la formation d'un comité de salut public. Le 15 mai 1958, De Gaulle se déclare prêt à assumer les pouvoirs de la République.

Le président René Coty adresse un message au Parlement le 29 mai 1958. L'Assemblée nationale investit De Gaulle comme président du Conseil le 1er juin 1958. La loi constitutionnelle du 3 juin 1958 fixe une procédure dérogatoire de révision et impose cinq conditions de fond, dont le suffrage universel et la responsabilité du gouvernement devant le Parlement.

La Constitution du 4 octobre 1958

Le projet est préparé durant l'été 1958 par un groupe de travail réuni autour de Michel Debré. De Gaulle le présente publiquement le 4 septembre 1958, et le référendum du 28 septembre 1958 l'approuve par 82,60 % des suffrages exprimés.

La Constitution est promulguée le 4 octobre 1958. Elle crée un président élu par un collège de grands électeurs, un gouvernement responsable devant l'Assemblée et un Conseil constitutionnel. De Gaulle est élu président le 21 décembre 1958 et entre en fonction le 8 janvier 1959.

Date

Événement

18 juin 1940

Appel diffusé depuis Londres

27 mai 1943

Première réunion du Conseil national de la Résistance

3 juin 1944

Le CFLN devient le GPRF

20 janvier 1946

Démission de la présidence du GPRF

16 juin 1946

Discours de Bayeux

14 avril 1947

Fondation du RPF

1er juin 1958

Investiture comme président du Conseil

4 octobre 1958

Promulgation de la Constitution de la Ve République

8 janvier 1959

Entrée en fonction comme président de la République

18 mars 1962

Signature des accords d'Évian

28 octobre 1962

Référendum sur l'élection présidentielle au suffrage universel

19 décembre 1965

Réélection au second tour de la présidentielle

7 mars 1966

Annonce du retrait du commandement intégré de l'OTAN

30 mai 1968

Dissolution de l'Assemblée nationale

28 avril 1969

Départ de la présidence

L'Algérie et la réforme constitutionnelle de 1962

De l'autodétermination aux accords d'Évian

Le 16 septembre 1959, De Gaulle reconnaît publiquement le droit des Algériens à l'autodétermination. La semaine des barricades d'Alger, en janvier 1960, traduit la rupture avec une partie des partisans de l'Algérie française. Le référendum du 8 janvier 1961 approuve le principe de l'autodétermination par 75,0 % des suffrages exprimés.

Le putsch des généraux, en avril 1961, échoue en quelques jours, et De Gaulle applique l'article 16 du 23 avril au 29 septembre 1961. L'Organisation armée secrète mène des actions violentes en Algérie et en métropole. Les accords d'Évian sont signés le 18 mars 1962 et prévoient un cessez-le-feu applicable dès le lendemain.

Le référendum d'avril 1962 et l'indépendance

Le référendum métropolitain du 8 avril 1962 approuve ces accords par 90,8 % des suffrages exprimés. Le scrutin d'autodétermination se tient en Algérie le 1er juillet 1962, et l'indépendance est proclamée dans les jours suivants.

L'année 1962 est aussi celle du départ massif des Européens d'Algérie. Elle marque également le sort des harkis, objet d'une importante historiographie.

L'article 11 et le référendum du 28 octobre 1962

Le 22 août 1962, De Gaulle échappe à un attentat au Petit-Clamart. Il annonce le 20 septembre 1962 une révision instituant l'élection du président au suffrage universel direct. Il choisit la voie de l'article 11, alors que la procédure de révision figure à l'article 89, ce qu'une partie des juristes conteste.

L'Assemblée adopte une motion de censure le 5 octobre 1962 et renverse le gouvernement Pompidou. De Gaulle dissout l'Assemblée le 9 octobre 1962. Le référendum du 28 octobre 1962 approuve la réforme par 13 150 516 oui contre 7 974 538 non, soit 62,25 % des suffrages exprimés.

Le Conseil constitutionnel se déclare ensuite incompétent pour contrôler une loi adoptée par référendum. La première élection présidentielle au suffrage universel direct a lieu en décembre 1965.

De Gaulle est réélu le 19 décembre 1965 avec 13 083 699 voix contre 10 619 735 à François Mitterrand, soit 55,2 % des suffrages exprimés.

Consultation

Date

Objet

Résultat

Référendum constitutionnel

28 septembre 1958

Projet de Constitution

82,60 % de oui

Référendum

8 janvier 1961

Autodétermination en Algérie

75,0 % de oui

Référendum

8 avril 1962

Accords sur l'Algérie

90,8 % de oui

Référendum

28 octobre 1962

Élection du président au suffrage universel

62,25 % de oui

Présidentielle, second tour

19 décembre 1965

Réélection

55,2 % des suffrages exprimés

Référendum

27 avril 1969

Régions et rénovation du Sénat

52,41 % de non

La politique extérieure : dissuasion, OTAN et Europe

La force de frappe

La France procède à son premier essai nucléaire le 13 février 1960, à Reggane, au Sahara. La loi de programme militaire du 8 décembre 1960 organise la constitution d'une force stratégique. Les bombardiers Mirage IV forment la première composante opérationnelle, à partir de 1964.

La doctrine associée est celle de la dissuasion nationale. Elle repose sur l'idée que la menace nucléaire propre garantit l'indépendance de la décision.

Le retrait du commandement intégré de l'OTAN

Le 7 mars 1966, De Gaulle adresse au président Lyndon Johnson une lettre annonçant le retrait français du commandement militaire intégré. La France reste membre de l'Alliance atlantique et partie au traité de 1949. Les états-majors alliés quittent le territoire français, et le siège de l'organisation est transféré de Paris vers la Belgique.

L'Allemagne, le Royaume-Uni et la méthode européenne

Le traité de l'Élysée est signé le 22 janvier 1963 avec le chancelier Konrad Adenauer. Il organise des consultations régulières et des coopérations en matière de défense, d'éducation et de jeunesse.

Lors d'une conférence de presse du 14 janvier 1963, De Gaulle s'oppose à l'entrée du Royaume-Uni dans la Communauté économique européenne, opposition renouvelée en novembre 1967. Il défend une Europe fondée sur la coopération entre États et pratique la politique de la chaise vide à partir de juin 1965. La crise se referme par le compromis de Luxembourg, en janvier 1966, et le Royaume-Uni adhère aux Communautés en 1973.

Mai 1968, 1969 et les lectures du gaullisme

La crise de mai-juin 1968

La crise débute dans les universités au début du mois de mai 1968. Les affrontements du Quartier latin culminent dans la nuit du 10 au 11 mai. Un mouvement de grève très large paralyse ensuite l'économie, et les négociations de Grenelle, fin mai, n'obtiennent pas l'adhésion immédiate des grévistes.

Le 29 mai 1968, De Gaulle quitte Paris et se rend à Baden-Baden auprès du général Massu. Le 30 mai 1968, il annonce à la radio le maintien du Premier ministre et la dissolution de l'Assemblée nationale. Les élections des 23 et 30 juin 1968 donnent une large majorité aux gaullistes.

Le référendum de 1969 et le départ

Georges Pompidou quitte Matignon en juillet 1968 et Maurice Couve de Murville lui succède. De Gaulle engage ensuite un projet de loi sur la création de régions et la rénovation du Sénat. Il lie explicitement son maintien en fonction au résultat du référendum du 27 avril 1969.

Le non l'emporte avec 12 007 102 voix contre 10 901 753 oui, soit 52,41 % des suffrages exprimés. De Gaulle annonce dans la nuit qu'il cesse d'exercer ses fonctions, avec effet le jour même à midi, et Alain Poher assure l'intérim. Il meurt à Colombey-les-Deux-Églises le 9 novembre 1970, laissant inachevés ses Mémoires d'espoir.

Les lectures du gaullisme

Jean Lacouture publie une biographie en trois volumes entre 1984 et 1986, organisée autour des figures du rebelle, du politique et du souverain. Éric Roussel propose en 2002 une biographie appuyée sur des archives nouvellement accessibles. Julian Jackson publie une synthèse traduite en français en 2020.

Serge Berstein, dans son Histoire du gaullisme parue en 2001, étudie le gaullisme comme une culture politique durable. René Rémond, dans Les Droites en France, le rattache à la tradition bonapartiste. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, dans La France Libre publiée en 1996, restitue de son côté l'organisation concrète de la France combattante.

Le débat sur la nature du régime

Maurice Duverger parle de monarchie républicaine dans un ouvrage de 1974. D'autres juristes préfèrent les notions de régime semi-présidentiel ou de parlementarisme rationalisé à exécutif renforcé. Nicolas Roussellier, dans La Force de gouverner publiée en 2015, inscrit la montée de l'exécutif dans une évolution longue, antérieure à 1958.

Henry Rousso analyse dans Le Syndrome de Vichy, paru en 1987, la construction d'un récit résistancialiste après 1944. Odile Rudelle, dans Mai 58. De Gaulle et la République publié en 1988, examine la conduite de la crise de 1958.

FAQ

L'appel distingue la bataille de France, perdue, et la guerre, qu'il présente comme mondiale. Il invite les militaires et les ingénieurs français présents en Grande-Bretagne à prendre contact avec son auteur. Il ne mentionne pas explicitement l'armistice, qui n'est alors pas encore signé. Aucun enregistrement sonore n'a été conservé. Les versions circulant aujourd'hui reposent sur des transcriptions et sur des textes proches, dont l'affiche diffusée en août 1940.

La France libre désigne l'ensemble constitué à Londres à partir de juin 1940, autour de forces militaires et de ralliements territoriaux. Le Comité français de la Libération nationale est créé à Alger le 3 juin 1943 et unifie les autorités gaullistes et giraudistes. Il devient le Gouvernement provisoire de la République française le 3 juin 1944. Les Alliés reconnaissent formellement ce gouvernement le 23 octobre 1944.

Il démissionne le 20 janvier 1946, après un désaccord avec l'Assemblée constituante. Le conflit porte notamment sur le budget militaire et, plus largement, sur la place de l'exécutif dans les institutions à venir. Il ne publie pas alors de contre-projet constitutionnel détaillé. Ses conceptions sont exposées ensuite, en particulier dans le discours de Bayeux du 16 juin 1946 et dans celui d'Épinal du 29 septembre 1946.

Prononcé le 16 juin 1946, il expose une doctrine constitutionnelle. De Gaulle y défend un chef de l'État situé au-dessus des partis, chargé d'arbitrer, de nommer le gouvernement et d'assurer la continuité de l'État. Il évoque aussi une seconde chambre représentant les collectivités et les activités économiques. Les juristes discutent l'ampleur de sa filiation avec le texte de 1958, dont Michel Debré fut un rédacteur central.

La loi constitutionnelle du 3 juin 1958 autorise le gouvernement à préparer une révision, en fixant cinq conditions de fond. Le projet est élaboré durant l'été 1958, puis examiné par un Comité consultatif constitutionnel et par le Conseil d'État. Le référendum du 28 septembre 1958 l'approuve par 82,60 % des suffrages exprimés. La Constitution est promulguée le 4 octobre 1958.

Elle instaure l'élection du président de la République au suffrage universel direct. Le référendum du 28 octobre 1962 l'approuve par 62,25 % des suffrages exprimés. Le recours à l'article 11 plutôt qu'à l'article 89 est contesté par une partie des juristes et conduit au renversement du gouvernement Pompidou. La première application a lieu en décembre 1965, avec la réélection de De Gaulle au second tour.

Non. La lettre du 7 mars 1966 annonce le retrait du commandement militaire intégré, pas la dénonciation du traité de l'Atlantique Nord. La France demeure membre de l'Alliance. Les états-majors et les forces alliées quittent le territoire français, et le siège de l'organisation est transféré vers la Belgique. La France réintègre le commandement intégré en 2009. Cette distinction est régulièrement attendue par les correcteurs.

Il avait lié son maintien en fonction au résultat du référendum du 27 avril 1969, portant sur la création de régions et la rénovation du Sénat. Le non l'emporte avec 52,41 % des suffrages exprimés. Il annonce dans la nuit qu'il cesse d'exercer ses fonctions, avec effet le jour même. Alain Poher, président du Sénat, assure l'intérim jusqu'à l'élection présidentielle de juin 1969.

Commence par distinguer les usages du terme. Il désigne le ralliement à De Gaulle pendant la guerre, puis un mouvement politique organisé, puis une culture politique et des partis successifs. Serge Berstein l'étudie comme culture politique durable, tandis que René Rémond le rattache à la tradition bonapartiste. Précise toujours la période et l'auteur que tu mobilises, car les définitions diffèrent selon les deux.

Conclusion

Le dossier De Gaulle se tient avec des dates, des textes et des attributions précises. Retiens les trois séquences institutionnelles : la construction d'une légitimité de guerre entre 1940 et 1944, les réformes du GPRF jusqu'en janvier 1946, puis la fondation de la Ve République entre 1958 et 1962. Ajoute les chiffres vérifiés des référendums et la distinction entre Alliance atlantique et commandement intégré.

Garde aussi la dimension historiographique. Nommer Lacouture, Roussel, Jackson, Berstein, Rémond, Duverger, Roussellier, Crémieux-Brilhac, Rousso ou Rudelle te permet de présenter des lectures concurrentes sans trancher à leur place. C'est souvent ce qui sépare une copie descriptive d'une copie problématisée.

Révise ces repères avec une chronologie sous les yeux, et entraîne-toi à les replacer dans un plan. La matière est ici, il reste à la faire circuler dans une démonstration.

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