Crise climatique 2025-2026 : comprendre les dynamiques actuelles pour réussir vos concours

La crise climatique s’impose désormais comme un cadre structurant de la réflexion contemporaine. Elle ne relève plus d’un simple thème d’actualité mobilisable à titre illustratif dans une dissertation : elle redéfinit les équilibres économiques, géopolitiques et sociaux du XXIᵉ siècle.

Lila Dumonteil Divies

La crise climatique s’impose désormais comme un cadre structurant de la réflexion contemporaine. Elle ne relève plus d’un simple thème d’actualité mobilisable à titre illustratif dans une dissertation : elle redéfinit les équilibres économiques, géopolitiques et sociaux du XXIᵉ siècle. Les années 2025 et 2026 confirment un basculement. Records thermiques, multiplication des événements extrêmes, tensions diplomatiques persistantes malgré une décennie d’Accord de Paris : l’enjeu climatique constitue aujourd’hui une matrice d’analyse incontournable pour les candidats aux concours.

Maîtriser ce sujet suppose d’aller au-delà des formules générales. Il faut articuler données scientifiques récentes, enjeux politiques, justice internationale et transformations structurelles du système productif mondial. Une copie solide ne se contente pas d’énoncer que « le climat se dérègle » : elle montre en quoi ce dérèglement reconfigure les rapports de puissance, les modèles de développement et les inégalités.

2025-2026 : un réchauffement devenu structurel

Un dépassement répété du seuil des +1,5 °C

Après l’année 2024, qui avait marqué un record absolu de température moyenne mondiale, 2025 s’est maintenue parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées. Plusieurs mois ont franchi le seuil symbolique des +1,5 °C par rapport à la période préindustrielle (1850-1900), seuil que l’Accord de Paris visait précisément à ne pas dépasser durablement.

Ce point est central. Le dépassement ponctuel n’implique pas encore que la moyenne pluriannuelle ait définitivement franchi 1,5 °C, mais il témoigne d’une dynamique préoccupante. Les scientifiques parlent désormais d’« ère du dépassement temporaire », marquée par des excursions régulières au-delà du seuil critique. Cela signifie que le réchauffement n’est plus interprétable comme une anomalie exceptionnelle liée à un phénomène climatique cyclique. Il s’inscrit dans une trajectoire lourde, alimentée par des concentrations record de gaz à effet de serre.

Dans une dissertation, cette évolution permet de problématiser la tension entre engagements internationaux et trajectoires effectives. L’écart entre les objectifs proclamés et la réalité mesurée nourrit une réflexion sur l’efficacité du multilatéralisme environnemental.

Le rôle déterminant des océans

Plus de 90 % de l’excès de chaleur accumulé par le système climatique est absorbé par les océans. Or, en 2025, les températures de surface marines ont atteint des niveaux historiquement élevés. Cette accumulation thermique a plusieurs conséquences directes.

D’une part, elle favorise l’intensification des cyclones tropicaux, qui puisent leur énergie dans les eaux chaudes. D’autre part, elle accélère les phénomènes de blanchiment corallien. Entre 2023 et 2025, un épisode mondial a affecté une large majorité des récifs tropicaux, menaçant la biodiversité marine et les économies littorales dépendantes de la pêche et du tourisme.

L’océan n’est donc pas seulement un régulateur passif. Il devient un indicateur majeur du déséquilibre global. Dans une copie, insister sur cette dimension systémique permet d’éviter une approche strictement atmosphérique du réchauffement.

L’intensification des événements extrêmes

Vagues de chaleur et stress thermique

L’année 2025 a été marquée par des vagues de chaleur répétées en Europe méridionale et centrale. Les estimations font état de plusieurs dizaines de milliers de décès liés à la chaleur extrême sur l’ensemble du continent. Ce phénomène souligne une transformation qualitative. La canicule n’est plus un épisode isolé, mais une récurrence estivale.

L’un des éléments déterminants réside dans la hausse des températures nocturnes. Les « nuits tropicales » empêchent le corps humain de récupérer, aggravant la mortalité chez les personnes âgées ou vulnérables. Les villes, marquées par le phénomène d’îlot de chaleur urbain, amplifient cette vulnérabilité.

En Asie du Sud, les températures enregistrées ont approché les limites physiologiques humaines. La notion de température humide critique, qui combine chaleur et humidité, devient centrale. Au-delà d’un certain seuil, le corps humain ne peut plus dissiper efficacement la chaleur par transpiration. Cette réalité ouvre une réflexion sur l’habitabilité future de certaines régions du globe.

Pour les concours, l’articulation entre climat et santé publique constitue une entrée particulièrement pertinente, notamment dans des sujets portant sur les inégalités ou la responsabilité collective.

Incendies et sécheresses structurelles

Début 2026, des incendies majeurs ont touché plusieurs régions de l’hémisphère Sud, notamment en Patagonie et en Australie. Ces feux s’inscrivent dans un contexte de sécheresses prolongées et de températures élevées.

Les chercheurs évoquent le phénomène d’« hydroclimate whiplash », qui désigne l’alternance rapide entre années très humides et années très sèches. Les périodes pluvieuses favorisent la croissance de la végétation ; les périodes de sécheresse ultérieures la transforment en combustible hautement inflammable. Ce mécanisme illustre l’effet combiné des extrêmes.

Dans une dissertation, ces incendies peuvent servir d’exemple pour montrer que le réchauffement ne se traduit pas uniquement par une hausse linéaire des températures, mais par une intensification de la variabilité et des risques.

Inondations et précipitations extrêmes

L’air plus chaud peut contenir davantage de vapeur d’eau, environ 7 % de plus par degré Celsius supplémentaire. Cette loi physique explique l’augmentation de l’intensité des précipitations extrêmes.

En 2025 et 2026, plusieurs régions d’Europe et d’Asie ont connu des épisodes d’inondations majeures. Ces événements soulignent la vulnérabilité des infrastructures et l’existence d’un important « protection gap » : une part significative des pertes économiques n’est pas assurée.

Ces inondations permettent d’introduire la notion d’adaptation. Si l’atténuation vise à réduire les émissions, l’adaptation concerne l’ajustement des sociétés aux impacts déjà inévitables. Une copie solide distingue clairement ces deux dimensions.

Diplomatie climatique et tensions géopolitiques

Dix ans après l’Accord de Paris

La COP30, organisée en 2025 au Brésil, avait une portée symbolique forte. Dix ans après l’Accord de Paris, les États devaient présenter des contributions nationales renforcées.

Le bilan demeure contrasté. Certains pays ont annoncé des efforts accrus en matière d’énergies renouvelables et de financement de l’adaptation. Toutefois, les trajectoires globales d’émissions restent insuffisantes pour garantir un maintien durable sous les 1,5 °C.

Cette situation alimente une réflexion sur les limites du multilatéralisme climatique. Les engagements reposent sur des contributions nationales volontaires, sans mécanisme coercitif global.

La fracture Nord-Sud et la question du financement

Les pays du Sud réclament un soutien financier massif pour faire face aux pertes et dommages causés par des événements dont ils ne sont historiquement que faiblement responsables. Le Fonds dédié aux pertes et dommages a été opérationnalisé, mais ses ressources demeurent très inférieures aux besoins estimés.

Cette tension illustre la dimension morale et politique du débat climatique. La responsabilité historique des pays industrialisés entre en collision avec les capacités financières actuelles et les intérêts nationaux.

Pour les concours, cette problématique permet d’articuler justice, responsabilité et souveraineté.

Transition énergétique et résistances

La part des énergies renouvelables continue de croître dans la production d’électricité mondiale. Cependant, la dépendance aux énergies fossiles demeure forte, et certains États investissent encore massivement dans le pétrole et le gaz.

Le débat entre sortie progressive complète des énergies fossiles et simple réduction graduelle traduit un conflit d’intérêts économiques et stratégiques. La transition énergétique ne relève pas uniquement d’un choix technique ; elle implique une transformation des modèles industriels et des rapports de puissance.

Impacts sanitaires, sociaux et géopolitiques

Inégalités climatiques

Les populations les plus vulnérables sont les plus exposées aux risques climatiques. Les pays à faible revenu subissent de plein fouet les chocs extrêmes tout en ayant contribué marginalement aux émissions cumulées.

Cette asymétrie nourrit le concept de justice climatique. Elle permet de relier le climat aux inégalités globales et aux débats sur la redistribution internationale.

Climat et recompositions stratégiques

La fonte accélérée de la banquise arctique ouvre de nouvelles routes maritimes et facilite l’accès à des ressources stratégiques. Cette évolution redessine certains équilibres géopolitiques et renforce les rivalités entre grandes puissances.

Le climat devient ainsi un facteur de recomposition stratégique, au même titre que l’énergie ou la technologie. 

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