Carrière banque d'affaires post HEC, ESSEC, ESCP : le guide complet

arrière en banque d'affaires (M&A) post prépa CPGE : parcours, salaires, écoles, méthode pour décrocher un stage. Guide complet pour la prépa ECG.

Virage prépa

Pour beaucoup d'étudiants en prépa CPGE économique, la banque d'affaires (ou M&A pour Mergers and Acquisitions) reste le rêve professionnel ultime : salaires élevés dès la sortie, projets stratégiques internationaux, accès à des dossiers à plusieurs milliards d'euros. Mais l'accès à ce métier est extrêmement sélectif, même pour les diplômés des meilleures écoles. Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley, Lazard, Rothschild, BNP Paribas CIB ne recrutent qu'une centaine d'analysts juniors par an en France, sur plusieurs milliers de candidatures.

Cet article te livre le guide complet de la carrière en banque d'affaires post-prépa : panorama des banques d'investissement présentes à Paris, parcours type d'un analyst (du stage été à l'associate après 3 à 5 ans), salaires précis par étape, méthode pour décrocher un summer internship, importance du choix d'école, et alternatives en cas de non-accès au top tier. Avec des conseils concrets pour les étudiants en prépa qui visent ce secteur dès maintenant.

Avant de plonger dans le détail, prends 15 minutes pour regarder notre vidéo où on partage tout ce qu'on aurait aimé savoir avant d'attaquer la prépa.



Qu'est-ce que la banque d'affaires exactement ?

Définition et missions principales

La banque d'affaires (investment banking en anglais, abrégé IB) regroupe les activités de conseil et de financement pour les opérations stratégiques d'entreprises ou d'États : fusions-acquisitions (M&A), introductions en bourse (IPO), émissions d'obligations (DCM pour Debt Capital Markets), augmentations de capital (ECM pour Equity Capital Markets), restructurations financières. Le banquier d'affaires conseille ses clients (entreprises, fonds, États) sur des opérations à fort enjeu, souvent à plusieurs milliards d'euros.

Les différents départements

Les principales lignes de métier sont : M&A (fusions-acquisitions, le plus prestigieux et le plus connu), ECM (introductions en bourse, augmentations de capital), DCM (émissions d'obligations), Leveraged Finance (financement à effet de levier pour LBO), Restructuring (restructuration d'entreprises en difficulté). Chaque département a sa culture et ses spécificités, mais les profils de recrutement sont proches.

La hiérarchie typique en banque d'affaires

Cinq niveaux principaux. Analyst : junior, 0 à 3 ans d'expérience, sortie d'école. Associate : 3 à 6 ans, post-MBA ou promotion interne. Vice-President (VP) : 6 à 10 ans. Director ou Senior VP : 10 à 15 ans. Managing Director (MD) : 15 ans et plus, partner senior. Cette pyramide est très sélective : sur 100 analysts recrutés, environ 10 à 15 deviennent MD au bout de 15 ans, les autres partent vers le private equity, le corporate, ou changent de secteur.

Le rythme de travail réel

Réputé l'un des plus intenses de l'économie. Un analyst junior travaille en moyenne 80 à 100 heures par semaine, parfois plus en période de deals chauds. Les nuits blanches existent, les week-ends sont fréquemment occupés. Cette intensité est compensée par les salaires élevés et l'apprentissage accéléré. Beaucoup d'analysts ne tiennent que 2 à 3 ans avant de partir vers des métiers moins exigeants (private equity, corporate finance, conseil).

Les principales banques d'affaires à Paris

Les bulge brackets américaines (top tier mondial)

Cinq grandes banques d'investissement américaines dominent le M&A mondial : Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley, Bank of America Merrill Lynch, Citigroup. À Paris, elles ont des bureaux relativement petits (50 à 150 banquiers) mais très sélectifs. Goldman Sachs Paris recrute environ 15 à 20 analysts par an. Salaires : les plus élevés du marché parisien. Profils recherchés : HEC, ESSEC, ESCP en priorité, parfois X et Centrale.

Les boutiques M&A européennes et françaises

Lazard, Rothschild & Co, BNP Paribas Exane sont les références françaises et européennes. Lazard et Rothschild sont des indépendants prestigieux, avec des bureaux importants à Paris (200 à 400 banquiers). Recrutement très sélectif, 15 à 30 analysts par an selon les bureaux. Ces banques font école pour la formation : un passage chez Lazard ou Rothschild ouvre presque toutes les portes par la suite.

Les divisions M&A des banques universelles françaises

BNP Paribas CIB, Société Générale CIB, Crédit Agricole CIB ont des départements M&A et marchés de capitaux solides. Ils recrutent un peu plus largement que les bulge brackets (20 à 40 analysts par an chacun). Salaires légèrement inférieurs aux bulge brackets, mais conditions de travail un peu moins extrêmes. Très bonne porte d'entrée dans le secteur.

Les petites boutiques M&A spécialisées

Paris compte aussi de nombreuses boutiques M&A de taille moyenne : DC Advisory, Bryan Garnier, ODDO BHF, Cambon Partners, Edmond de Rothschild Corporate Finance. Recrutement plus accessible (parfois ouvert aux écoles top 10 SIGEM), mais expérience tout aussi formatrice. Bon tremplin pour rejoindre ensuite une bulge bracket ou un fonds.

Le parcours type d'un futur banquier d'affaires

En prépa CPGE (deux ans)

La fenêtre du choix d'école commence en prépa. Pour viser une bulge bracket ou Lazard/Rothschild, l'objectif réaliste est HEC, ESSEC, ESCP. EM Lyon et EDHEC restent accessibles. Les écoles top 5-10 SIGEM (Skema, NEOMA, KEDGE, Audencia) sont plus difficiles à valoriser auprès de Goldman ou JP Morgan, mais ouvrent des portes chez BNP CIB ou les boutiques.

En première année de PGE (M1)

Première année après la prépa : c'est le moment d'identifier le projet. Premier stage de 3 à 6 mois en M1 (étape souvent décisive pour le réseau). Beaucoup de futurs banquiers d'affaires font un stage en audit (KPMG, Deloitte, EY, PwC) ou en transaction services (M&A side) en M1, pour acquérir les bases techniques (analyse financière, valorisation). Ce stage M1 est rémunéré entre 1 200 et 2 200 € par mois.

Le summer internship en M2 : étape cruciale

Le summer internship (stage été) de juillet à septembre entre M1 et M2 est l'étape la plus stratégique. Les bulge brackets et les top boutiques recrutent leurs analysts juniors à 80 % via ces summer internships : si tu performes pendant 10 semaines, tu reçois une offre permanente à la fin. Compétition extrême : Goldman Sachs Paris reçoit environ 1 500 candidatures pour 15 places de summer. Salaire : 4 000 à 5 500 € par mois pour 10 semaines.

En deuxième année de PGE (M2) et alternance

Pour les étudiants qui n'ont pas eu de summer internship dans une bulge bracket, le M2 peut servir à intégrer en alternance (1 jour école, 4 jours banque) une banque d'investissement plus accessible. C'est une voie complémentaire pour le secteur. Beaucoup d'analysts juniors en boutiques M&A ou BNP CIB sont passés par cette voie.

L'arrivée en analyst à temps plein

Embauche permanente en septembre suivant la sortie d'école. Onboarding intensif de 6 à 8 semaines (formation technique financière, modélisation, valorisation, présentation), puis affectation à une équipe sectorielle (TMT, énergie, santé, industrie, services financiers). Le contrat est généralement un CDI, avec période d'essai de 4 mois. Le salaire de base, le bonus, et l'évolution sont définis dès l'arrivée.

Les salaires en banque d'affaires post-prépa

Analyst première année (sortie de PGE)

Bulge brackets parisiennes (Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley) : 95 à 110 K€ de salaire de base, plus un bonus de 50 à 100 % du salaire de base, soit un total de 130 à 220 K€. Lazard et Rothschild : salaire de base autour de 80 à 90 K€, bonus 40 à 80 % du fixe. BNP Paribas CIB et Société Générale CIB : 70 à 85 K€ de fixe, bonus 30 à 60 %. Boutiques M&A moyennes : 55 à 75 K€ de fixe, bonus 20 à 50 %.

Évolution sur 3 ans en analyst

Progression typique chaque année. Analyst 1 (année 1) : 100 K€ total moyen toutes banques confondues. Analyst 2 (année 2) : 130 K€. Analyst 3 (année 3) : 160 K€. Après 3 ans, promotion à associate (poste senior) avec un salaire qui passe à 180 à 250 K€ selon les banques. Le passage analyst-to-associate est un cap important : seuls 60 à 70 % des analysts y arrivent.

Salaires d'associate (3-6 ans d'expérience)

Associate année 1 : 180 à 230 K€. Associate année 3 : 250 à 350 K€. Le bonus prend une part croissante (jusqu'à 100-150 % du fixe pour les meilleurs). C'est aussi à ce niveau que se joue la sélection vers les niveaux supérieurs (VP, Director, MD).

Salaires à 10 ans et au-delà

VP (6-10 ans) : 350 à 500 K€. Director (10-15 ans) : 500 à 800 K€. Managing Director (15+ ans) : 800 K€ à plus de 3 M€ pour les meilleurs partenaires. Ces niveaux sont rarement atteints (10 à 15 % des recrutés initiaux), mais ils représentent le plafond de la carrière en banque d'affaires.

Comment décrocher un summer internship dans une bulge bracket

Le timing : commencer à postuler en septembre M1

Erreur la plus fréquente : sous-estimer la précocité du recrutement. Les bulge brackets ouvrent leurs candidatures pour les summer internships dès septembre de la M1 (un an avant le stage). Les places partent en novembre-décembre. Postuler en mars ou avril est déjà trop tard pour Goldman Sachs ou JP Morgan.

Le CV et la lettre de motivation

CV en 1 page maximum, en anglais. Photo non obligatoire (parfois déconseillée en bulge bracket). Structure : Education (école + classes préparatoires + diplômes), Experience (stages et missions), Skills (langues, logiciels Bloomberg, FactSet, Excel avancé), Interests (activités notables : sport, associations, voyages). Format propre, sans fioritures. La lettre de motivation est souvent moins importante que le CV (parfois remplacée par des questions courtes du formulaire en ligne).

L'épreuve technique : les tests numériques

Tous les bulge brackets imposent des tests numériques en ligne (numerical reasoning) avant l'entretien. Ces tests évaluent la rapidité de calcul, la lecture de graphiques et de tableaux financiers, la logique. Préparation : 20 à 30 heures d'entraînement minimum (sites comme Job Test Prep, Practice Aptitude Tests). C'est l'étape la plus filtrante : 70 % des candidats échouent ici.

Les entretiens : du first round au superday

Processus en 3 ou 4 entretiens. First round : entretien téléphonique de 30 à 45 minutes avec un associate ou un VP, mêlant questions techniques (valorisation DCF, multiples, transactions précédentes) et questions de motivation. Second round : 2 à 4 entretiens consécutifs dans les locaux (le "superday"), avec des analysts, associates, VP. Final round : entretien avec un MD pour validation. Compter 6 à 8 entretiens au total sur 2 à 3 mois.

Les questions techniques classiques

 Comment valoriseriez-vous une entreprise ? (3 méthodes : DCF, comparables, transactions)
- Quelle est la différence entre Enterprise Value et Equity Value ?
- Expliquez-moi le WACC.
- Quels sont les drivers de la valeur dans un DCF ?
- Comment construit-on un modèle financier en M&A ?
- Quels sont les multiples typiques (EBITDA, P/E, P/B) ?
- Que pensez-vous du dernier deal qui a marqué l'actualité ?
- Décrivez-moi un deal récent que vous trouvez intéressant.

FAQ, les questions des préparationnaires

Oui, totalement. Le travail quotidien en banque d'affaires se fait à 80 % en anglais (mails, conf calls, présentations, deals internationaux). Niveau C1 minimum exigé. Beaucoup d'analysts juniors préparent un test TOEFL ou IELTS pendant le PGE pour démontrer leur niveau.

Historiquement oui (le secteur est resté très masculin jusqu'aux années 2010), mais la situation évolue. En 2026, environ 35 à 40 % des analysts juniors recrutés à Paris dans les bulge brackets sont des femmes. À l'échelle des MD, la proportion de femmes reste plus faible (15 à 20 %). Plusieurs initiatives (Women in Banking, programmes de mentorat féminins) accélèrent le changement.

Non. Le métier repose en permanence sur la modélisation financière, l'analyse de chiffres, la valorisation. Un profil qui n'aime pas les chiffres au point d'éviter les calculs détaillés s'épuisera mentalement en 6 mois. Le secteur convient aux profils qui aiment manipuler des modèles complexes avec rigueur.

Partiellement. L'IA générative automatise déjà certaines tâches d'analyst (premières rédactions de pitch books, analyses de transactions historiques, due diligence basique). Les analysts juniors devront monter en compétences plus vite vers les tâches à valeur ajoutée (relation client, jugement stratégique). Le nombre de postes pourrait baisser de 10 à 20 % d'ici 2030 selon les estimations McKinsey 2024. Mais le métier ne disparaîtra pas.

Très rarement. 95 % des emplois de banque d'affaires en France sont à Paris (la Défense, Opéra, Champs-Élysées). Quelques bureaux à Lyon (BNP Paribas CIB, Société Générale CIB), Marseille, Toulouse, mais avec très peu de postes seniors. Pour rester en province, mieux vaut viser le corporate finance dans une grande entreprise.

La durée moyenne d'un analyst junior est de 2 à 3 ans (avant départ vers PE, corporate, conseil, ou changement de carrière). Pour devenir MD, il faut tenir 15 ans. Très peu d'analysts juniors restent toute leur carrière en banque d'affaires : c'est plus souvent un tremplin de 3 à 10 ans qu'une carrière complète.

Oui, plus encore que ce que la fiction représente. 80 à 100 heures par semaine est la norme, pas l'exception. Les nuits blanches pendant les deals sont fréquentes. Les week-ends sont occupés 1 sur 2 en moyenne. Le secteur évolue lentement vers plus de protection (Goldman Sachs a annoncé un protected weekend en 2022), mais la culture reste très intensive.

Très difficile. Les bulge brackets et top boutiques recrutent quasi-exclusivement au niveau master (PGE post-prépa ou MSc Finance). Un BBA EDHEC ou ESSEC peut ouvrir des portes vers la banque privée ou la gestion d'actifs, mais l'accès au M&A top tier requiert un master complémentaire.

Viser une carrière en banque d'affaires post-prépa est un projet de long terme qui se construit dès la deuxième année de CPGE. Choisir la bonne école, intégrer la bonne association finance, préparer le bon stage à la bonne période : chaque étape compte. Une discussion avec un mentor qui a vécu ce parcours récemment peut clarifier les choix décisifs et éviter les erreurs coûteuses.

C'est ce que nous proposons chez Virage Prépa : un diagnostic gratuit avec un mentor récemment admis à HEC, ESSEC ou ESCP et qui travaille en banque d'affaires, qui partage son expérience concrète du recrutement et te conseille sur ton parcours. Nos enseignants viennent de Janson de Sailly, Hoche et Stanislas. Sans engagement, sans pression de vente.

Pour gagner encore plus de clarté sur ton parcours, on a aussi réuni dans une vidéo nos retours d'expérience sur la prépa, les choix d'orientation décisifs et les erreurs qui plombent le plus de candidats chaque année.

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