Anglais : maîtriser les mots de liaison (linking words)
Une copie d’anglais peut aligner des idées justes et un vocabulaire riche, et pourtant sonner comme une liste décousue.
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Une copie d’anglais peut aligner des idées justes et un vocabulaire riche, et pourtant sonner comme une liste décousue. Ce qui fait la différence entre un texte laborieux et un texte fluide tient souvent à un détail : les mots de liaison. Ces petits mots — however, therefore, moreover, for instance — sont les articulations de la pensée. Ils relient les idées, marquent les transitions et guident le lecteur d’un argument à l’autre.
Bien employés, les mots de liaison structurent un essai, rendent un paragraphe logique et donnent à l’oral une allure assurée. Mal maîtrisés, ils trahissent une pensée confuse ou un anglais scolaire. Les classer par fonction, comprendre les nuances entre des connecteurs proches et savoir les placer correctement dans la phrase : voilà ce qui permet de les utiliser avec précision et naturel.
À quoi servent les mots de liaison ?
Les mots de liaison, appelés linking words ou connectors en anglais, servent à établir des relations logiques entre les idées. Ils indiquent au lecteur si l’on ajoute une information, si l’on introduit une opposition, si l’on tire une conséquence ou si l’on donne un exemple. Sans eux, un texte devient une succession de phrases juxtaposées, sans fil conducteur apparent.
Leur rôle est double. D’une part, ils assurent la cohésion : ils tissent des liens explicites entre les phrases et les paragraphes, de sorte que le lecteur perçoit la progression du raisonnement. D’autre part, ils révèlent la logique de l’auteur : en choisissant however plutôt que moreover, on annonce une opposition plutôt qu’un ajout, et donc une manière précise de conduire son argumentation.
Il faut cependant se garder d’un excès inverse. Multiplier les connecteurs, ou les employer mécaniquement, alourdit le texte et peut donner une impression artificielle. Un bon mot de liaison est celui qui correspond exactement à la relation logique voulue, placé au bon endroit. La qualité prime toujours sur la quantité.
À retenir Un mot de liaison n’est pas un ornement : il exprime une relation logique précise (ajout, opposition, cause, conséquence…). Le choix du bon connecteur guide le lecteur et révèle la structure de votre pensée. Mieux vaut peu de connecteurs bien choisis que beaucoup employés au hasard. |
L’addition : ajouter une idée
Les connecteurs d’addition permettent d’ajouter une information qui va dans le même sens que la précédente, ou de renforcer un argument. Ils sont indispensables pour empiler les raisons en faveur d’une thèse.
Connecteur | Traduction | Exemple |
Moreover | De plus | The plan is expensive. Moreover, it is risky. |
Furthermore | En outre | She is talented. Furthermore, she works hard. |
In addition | De plus | In addition, the report ignores the costs. |
Besides | D’ailleurs | Besides, no one asked for your opinion. |
What is more | Qui plus est | It is late. What is more, it is raining. |
Not only… but also | Non seulement… mais aussi | Not only did he win, but he also broke the record. |
Ces connecteurs se placent le plus souvent en tête de phrase, suivis d’une virgule. Moreover et furthermore appartiennent à un registre plutôt soutenu, adapté à l’essai. Besides est un peu plus familier et introduit souvent un argument supplémentaire présenté comme décisif. La tournure not only… but also, très utile, entraîne une inversion du sujet et de l’auxiliaire lorsqu’elle ouvre la phrase.
L’opposition et la concession
Les connecteurs d’opposition marquent un contraste, une objection ou une concession. Ce sont probablement les plus importants dans une argumentation, car ils permettent de nuancer, de réfuter ou de reconnaître un point de vue adverse avant de le dépasser.
Connecteur | Traduction | Exemple |
However | Cependant | The idea is appealing. However, it is unrealistic. |
Nevertheless | Néanmoins | It was hard; nevertheless, they succeeded. |
Nonetheless | Néanmoins | The risks are real; nonetheless, we must act. |
On the other hand | D’un autre côté | On the other hand, prices may fall. |
Yet | Pourtant | It is simple, yet powerful. |
Although / though | Bien que | Although he was tired, he kept working. |
Whereas / while | Tandis que | He likes tea, whereas she prefers coffee. |
Despite / in spite of | Malgré | Despite the rain, the match went on. |
Attention aux constructions, qui diffèrent selon les mots. However, nevertheless et nonetheless relient deux phrases et s’emploient généralement en tête de phrase, suivis d’une virgule. Although, though et whereas sont des conjonctions : elles introduisent une proposition avec un sujet et un verbe. Despite et in spite of, en revanche, sont suivis d’un nom ou d’un verbe en -ing, jamais d’une proposition complète : on écrit despite the rain, et non despite it was raining.
Piège fréquent Ne confondez pas despite / in spite of (suivis d’un nom ou d’un -ing) avec although (suivi d’une proposition sujet + verbe). On dit : Despite the delay, we arrived on time. — ou : Although we were delayed, we arrived on time. Mais jamais « despite we were delayed ». |
La cause et la conséquence
Exprimer un lien de cause à effet est au cœur de tout raisonnement. L’anglais distingue nettement les mots qui introduisent la cause (le pourquoi) de ceux qui introduisent la conséquence (le résultat).
Exprimer la cause
Connecteur | Traduction | Exemple |
Because | Parce que | He stayed home because he was ill. |
Since | Puisque | Since you are here, let us start. |
As | Comme, puisque | As it was late, we went home. |
Due to / owing to | En raison de | The delay was due to bad weather. |
Because of | À cause de | The flight was cancelled because of the storm. |
Because, since et as sont des conjonctions suivies d’une proposition. Due to, owing to et because of sont, eux, suivis d’un nom : on dit because of the storm, et non « because of it stormed ». Cette distinction entre conjonction et locution prépositionnelle est une source d’erreurs classique.
Exprimer la conséquence
Connecteur | Traduction | Exemple |
Therefore | Par conséquent | He lied; therefore, no one trusts him. |
Thus | Ainsi | The data is clear; thus, we can conclude. |
Hence | D’où, de là | The costs rose; hence the higher prices. |
As a result | En conséquence | As a result, sales dropped sharply. |
Consequently | Par conséquent | Consequently, the project was cancelled. |
So | Donc, alors | It was raining, so we stayed inside. |
Therefore, thus, consequently et as a result introduisent une conséquence dans un registre soutenu, adapté à l’écrit argumenté. So est plus courant et convient bien à l’oral ou à un style moins formel. Ces connecteurs se placent le plus souvent en début de phrase, après un point ou un point-virgule, et sont généralement suivis d’une virgule.
L’illustration : donner un exemple
Un argument gagne toujours à être illustré. Les connecteurs d’illustration annoncent un exemple ou une précision qui rend l’idée concrète et convaincante.
Connecteur | Traduction | Exemple |
For instance | Par exemple | Some sports are risky; boxing, for instance. |
For example | Par exemple | For example, many cities have banned cars. |
Such as | Tel(le) que | Fruits such as apples are rich in fibre. |
Namely | À savoir | One country stands out, namely Japan. |
In particular | En particulier | Young people, in particular, use these apps. |
For instance et for example sont interchangeables et peuvent se placer en tête de phrase ou en incise, entre virgules. Such as introduit un ou plusieurs exemples à l’intérieur de la phrase, sans virgule qui le précède lorsque l’exemple est essentiel au sens. Namely sert à préciser exactement de quoi l’on parle, en levant toute ambiguïté.
La conclusion et le résumé
Pour clore un développement, il faut savoir annoncer la synthèse. Les connecteurs de conclusion signalent au lecteur que l’on récapitule ou que l’on tire le bilan de la démonstration.
Connecteur | Traduction | Exemple |
To sum up | En résumé | To sum up, the plan has clear benefits. |
In conclusion | En conclusion | In conclusion, reform is necessary. |
All in all | Tout compte fait | All in all, it was a fair decision. |
On the whole | Dans l’ensemble | On the whole, the results are positive. |
To conclude | Pour conclure | To conclude, three points stand out. |
Ces expressions ouvrent généralement le dernier paragraphe et sont suivies d’une virgule. Il vaut mieux n’en employer qu’une par conclusion, pour ne pas donner l’impression de conclure plusieurs fois. On les réserve à la véritable fin du texte, après avoir présenté l’ensemble des arguments.
Autres relations utiles
Au-delà des grandes fonctions, quelques connecteurs supplémentaires enrichissent une copie. Pour reformuler, on utilise in other words (en d’autres termes) ou that is to say (c’est-à-dire). Pour insister, indeed (en effet, en vérité) et in fact (en fait) renforcent ou rectifient une affirmation. Pour ordonner un propos, first, then, finally organisent une énumération dans le temps ou dans la logique.
Pour marquer une condition, on emploie if (si), unless (à moins que) ou as long as (tant que, à condition que). Pour comparer, similarly (de même) et likewise (de la même façon) soulignent une ressemblance, tandis que in comparison (en comparaison) invite à mettre deux éléments en regard. Ce répertoire complémentaire permet de varier les formulations et d’éviter les répétitions.
Conseils pour les essais et l’oral
À l’écrit, les mots de liaison doivent servir la structure de l’essai. On place idéalement un connecteur de transition au début de chaque paragraphe pour signaler le lien avec le précédent, puis d’autres à l’intérieur pour articuler les idées. L’erreur la plus fréquente consiste à en abuser : trois however dans un même paragraphe alourdissent le texte au lieu de le clarifier.
Variez les connecteurs plutôt que de répéter toujours les mêmes. Alterner however, nevertheless et yet pour l’opposition, ou therefore, thus et as a result pour la conséquence, montre la richesse de votre anglais. Veillez aussi à respecter la ponctuation : la plupart des connecteurs en tête de phrase sont suivis d’une virgule, et un point-virgule peut relier deux propositions autour de however.
À l’oral, privilégiez des connecteurs simples et naturels. So, but, because, for example et also suffisent à structurer un propos sans le rendre artificiel. Les formes très soutenues comme nonetheless ou hence sont excellentes à l’écrit, mais peuvent sonner emphatiques dans une conversation. L’essentiel, à l’oral comme à l’écrit, est que le lien logique soit clair et que le connecteur choisi corresponde exactement à la relation exprimée.
Le bon réflexe Avant d’écrire un connecteur, demandez-vous quelle relation logique vous voulez exprimer : ajout, opposition, cause, conséquence, exemple ou conclusion ? Choisissez ensuite le mot exact, vérifiez sa construction, et n’en mettez pas plus qu’il n’en faut. La clarté prime toujours sur l’accumulation. |
Ordonner et séquencer un propos
Une autre famille de connecteurs, souvent négligée, permet d’organiser un texte dans le temps ou selon un ordre logique. Ces marqueurs de séquence sont particulièrement utiles pour structurer une introduction, énumérer des arguments ou raconter une suite d’événements. Ils donnent au lecteur des repères clairs sur la progression du propos.
Connecteur | Traduction | Exemple |
First / firstly | Premièrement | Firstly, let us consider the causes. |
Then / next | Ensuite / puis | Then, we will look at the effects. |
Afterwards | Par la suite | Afterwards, the situation improved. |
Meanwhile | Pendant ce temps | Meanwhile, prices kept rising. |
Finally / lastly | Enfin | Finally, we must draw a conclusion. |
First of all | Tout d’abord | First of all, let us define the terms. |
Ces connecteurs se placent en tête de phrase, suivis d’une virgule, et fonctionnent souvent par paires ou par séries : firstly… secondly… finally, ou first… then… lastly. Ils sont précieux pour bâtir un plan clair, à l’écrit comme à l’oral. Il faut toutefois veiller à la cohérence : si l’on annonce firstly, le lecteur attend logiquement un secondly ou un finally plus loin dans le texte.
On distingue ces marqueurs de séquence des connecteurs purement logiques vus plus haut. Les premiers organisent l’ordre du propos (d’abord, ensuite, enfin) ; les seconds expriment une relation entre les idées (cause, conséquence, opposition). Une bonne copie combine les deux : les marqueurs de séquence bâtissent la charpente du texte, tandis que les connecteurs logiques en assurent la cohérence interne.
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
La première erreur, et la plus visible, concerne la construction. Beaucoup d’élèves écrivent « despite of » : cette forme n’existe pas. On dit despite ou in spite of, jamais « despite of ». De même, because introduit une proposition (sujet + verbe), tandis que because of est suivi d’un nom. Confondre les deux produit des phrases incorrectes du type « because of he was late ».
La deuxième erreur porte sur la ponctuation. Un connecteur adverbial comme however ne peut pas relier deux propositions avec une simple virgule : on écrit It was late. However, we stayed, ou It was late; however, we stayed, mais non « It was late, however we stayed ». Ce point, souvent négligé, distingue une copie soignée d’une copie approximative.
La troisième erreur est l’excès. Employer un connecteur à chaque phrase donne un texte mécanique, où les however et les therefore s’accumulent sans nécessité. Un bon réflexe consiste à relire son paragraphe et à supprimer les connecteurs qui n’expriment pas une véritable relation logique. Le lien doit se justifier, non s’ajouter par automatisme.
La quatrième erreur, plus subtile, tient au registre. Certains connecteurs très soutenus, comme henceforth, notwithstanding ou thereby, sonnent artificiels dans une copie de lycéen ou d’étudiant si le reste du texte ne suit pas. Mieux vaut employer des connecteurs que l’on maîtrise pleinement, dont on connaît le sens exact et la construction, plutôt que d’exhiber des formes rares mal utilisées.
Quatre pièges classiques 1) « despite of » n’existe pas. 2) however ne relie pas deux propositions avec une simple virgule. 3) trop de connecteurs alourdissent le texte. 4) les connecteurs très rares sonnent faux s’ils sont mal maîtrisés : préférez ceux que vous connaissez parfaitement. |
Un exemple de paragraphe bien articulé
Rien ne vaut un exemple concret pour voir les connecteurs à l’œuvre. Voici un court paragraphe argumenté, dont les mots de liaison ont été choisis pour rendre la progression parfaitement claire, de l’annonce de l’idée jusqu’à la conclusion partielle.
« Social media has transformed the way we communicate. For instance, people can now share news instantly across the world. Moreover, these platforms give a voice to those who were once ignored. However, this revolution has a darker side. Because algorithms reward strong emotions, false information often spreads faster than the truth. As a result, public debate can become more divided. All in all, social media is a powerful tool that must be used with caution. »
Observez la mécanique. For instance introduit un exemple, moreover ajoute un second argument, however marque le tournant vers l’objection, because en donne la cause, as a result en tire la conséquence, et all in all referme le raisonnement. En six phrases, chaque connecteur remplit une fonction distincte et le lecteur suit sans effort le fil de la pensée. C’est exactement ce que l’on attend d’un paragraphe d’essai réussi.
S’entraîner à repérer les relations logiques
Le meilleur entraînement ne consiste pas à mémoriser des listes, mais à raisonner en termes de relations. Avant de rédiger, il est utile de dresser mentalement le plan logique de son paragraphe : quelle est l’idée principale, quel exemple la soutient, quelle objection faut-il envisager, quelle conclusion en tirer ? Une fois ces relations identifiées, le choix du connecteur devient presque automatique.
Un exercice efficace consiste à prendre un texte en anglais et à surligner les mots de liaison, en notant à chaque fois la fonction qu’ils remplissent. On prend ainsi conscience de la manière dont un auteur articule sa pensée et l’on enrichit son propre répertoire. À l’inverse, réécrire un paragraphe en variant les connecteurs — remplacer however par nevertheless, therefore par as a result — développe la souplesse nécessaire pour éviter les répétitions.
Enfin, il est précieux de constituer sa propre fiche personnelle, organisée par fonction : addition, opposition, cause, conséquence, illustration, conclusion. En y ajoutant, pour chaque connecteur, un exemple de phrase que l’on a soi-même écrit, on ancre durablement l’usage correct. Cette appropriation active, plus que la simple lecture d’une liste, est ce qui permet de mobiliser les bons mots de liaison le jour d’une épreuve, à l’écrit comme à l’oral.
Conclusion
Les mots de liaison sont les charnières d’un anglais clair et structuré. Classés par fonction — addition, opposition, cause, conséquence, illustration, conclusion —, ils permettent de guider le lecteur ou l’auditeur à travers le raisonnement et de donner à une copie ou à un exposé une véritable cohérence. L’enjeu n’est pas d’en accumuler le plus possible, mais de choisir à chaque fois le connecteur qui exprime exactement la relation voulue, en respectant sa construction et sa ponctuation. En s’entraînant à repérer ces relations logiques et à varier les formulations, on transforme peu à peu un anglais juxtaposé en un anglais fluide et convaincant, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral.






