Les BRICS : définition, membres et enjeux géopolitiques
Les BRICS : définition, liste à jour des membres en 2026, poids économique, dédollarisation, multipolarité et limites du groupe expliqués simplement.
Virage prépa

Les BRICS sont un groupe de grandes économies émergentes — à l'origine le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud — qui se réunissent en sommets annuels pour peser davantage dans la gouvernance mondiale et réduire leur dépendance à l'Occident et au dollar. Élargi depuis 2024, le groupe est désormais souvent désigné par le terme « BRICS+ ».
Acronyme devenu un acteur géopolitique majeur, les BRICS incarnent la montée en puissance du « Sud global » et la contestation de l'ordre mondial occidental. Définition, composition à jour et enjeux : voici l'essentiel à connaître sur un sujet incontournable de culture générale et de géopolitique.
Qu'est-ce que les BRICS ?
Le terme BRIC est forgé en 2001 par Jim O'Neill, économiste de la banque Goldman Sachs, pour désigner quatre grandes économies émergentes à fort potentiel : le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine. À l'origine simple catégorie financière destinée aux investisseurs, le concept se transforme en groupement politique : les quatre pays tiennent leur premier sommet en 2009, à l'initiative de la Russie. L'Afrique du Sud les rejoint peu après, ajoutant le « S » et donnant naissance aux BRICS.
Un point essentiel à comprendre : les BRICS ne sont ni une organisation dotée d'un traité, ni une alliance militaire. C'est un forum de coopération, sans siège permanent ni statut juridique contraignant, dont la force tient à la coordination politique et au poids cumulé de ses membres.
Les membres des BRICS en 2026
Le groupe a connu un élargissement accéléré depuis 2024. Il compte aujourd'hui dix membres de plein droit :
Les cinq fondateurs : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud ;
Quatre pays entrés au 1er janvier 2024 : Iran, Égypte, Émirats arabes unis, Éthiopie ;
L'Indonésie, devenue membre à part entière le 1er janvier 2025.
Plusieurs nuances méritent d'être signalées. L'Arabie saoudite, invitée à adhérer, n'a pas confirmé son adhésion pleine, restée en suspens. L'Argentine, d'abord conviée, a finalement décliné après l'élection du président Javier Milei, qui a réorienté sa diplomatie vers l'Occident. Enfin, un statut de « pays partenaires » a été créé début 2025 pour accueillir une dizaine d'États intéressés (parmi lesquels la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, le Kazakhstan, la Malaisie, le Nigeria, la Thaïlande…), sans en faire des membres de plein droit. Cette composition reste évolutive et mérite d'être vérifiée régulièrement.
Un poids démographique et économique considérable
L'élargissement a renforcé un poids déjà impressionnant. Selon les estimations, les BRICS+ représentent près de la moitié de la population mondiale et plus de 40 % du PIB mondial en parité de pouvoir d'achat — soit davantage que le G7, le club des grandes puissances occidentales.
Ce poids est toutefois très inégalement réparti : la Chine pèse à elle seule une large part du PIB du groupe, ce qui en fait, de fait, le moteur et le leader de l'ensemble. Cette domination chinoise est l'une des clés de lecture des dynamiques internes du groupe.
Un contre-poids à l'Occident
L'ambition affichée des BRICS est de bâtir un monde multipolaire, moins dominé par les États-Unis et les institutions occidentales (FMI, Banque mondiale). Le groupe se veut le porte-voix du « Sud global » et réclame une réforme de la gouvernance mondiale, jugée trop favorable aux pays riches.
Cette ambition se traduit par des initiatives concrètes, comme la création d'une Nouvelle Banque de Développement destinée à financer des projets sans passer par les institutions occidentales. Plus largement, les BRICS offrent à des puissances émergentes une tribune pour faire entendre leurs intérêts et nouer des coopérations Sud-Sud.
La dédollarisation, un enjeu central
Parmi les sujets phares figure la dédollarisation : la volonté de réduire la dépendance au dollar américain dans les échanges internationaux. Plusieurs pistes sont évoquées — recours accru aux monnaies nationales, systèmes de paiement alternatifs, voire l'idée, régulièrement débattue, d'une monnaie commune.
Il faut toutefois rester prudent : ces projets se heurtent à de fortes limites. Le dollar conserve une domination écrasante dans le commerce et les réserves mondiales, et les intérêts des membres divergent. La dédollarisation relève donc, à ce stade, davantage d'une ambition affichée et d'un mouvement graduel que d'une rupture immédiate.
Les limites et tensions internes
La principale faiblesse des BRICS est leur hétérogénéité. Le groupe rassemble des régimes politiques, des niveaux de développement et des intérêts très différents, parfois rivaux : l'Inde et la Chine, par exemple, entretiennent des relations tendues, et tous les membres ne partagent pas la même volonté de s'opposer frontalement à l'Occident. L'absence de structure institutionnelle contraignante limite par ailleurs la portée des décisions. Ces tensions rappellent que les BRICS sont moins un bloc homogène qu'une coalition d'intérêts, dont la cohésion reste à prouver.
Pourquoi ce sujet est essentiel aux concours
Les BRICS sont un cas d'étude transversal précieux. Ils permettent d'illustrer la multipolarité, la recomposition de l'ordre mondial, la montée du Sud global, et les débats sur la puissance et la mondialisation. C'est un sujet d'actualité qui nourrit aussi bien les dissertations de géopolitique que les oraux de culture générale, à condition d'en maîtriser la composition à jour et les nuances.
Les BRICS illustrent l'une des grandes dynamiques du monde contemporain : l'affirmation des puissances émergentes face à un ordre longtemps dominé par l'Occident. Élargi, plus peuplé et plus riche que le G7, le groupe pèse lourd — mais son hétérogénéité et la domination chinoise en limitent la cohésion. Un sujet à suivre, et à maîtriser pour les concours.
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