Lénine, le révolutionnaire fondateur de l’URSS
Lénine, de son vrai nom Vladimir Ilitch Oulianov (1870-1924), est le principal artisan de la révolution qui porte les bolcheviks au pouvoir en Russie en octobre 1917 et le fondateur, en 1922, de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS)
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Lénine, de son vrai nom Vladimir Ilitch Oulianov (1870-1924), est le principal artisan de la révolution qui porte les bolcheviks au pouvoir en Russie en octobre 1917 et le fondateur, en 1922, de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Théoricien et homme d’action, il a laissé son nom à un courant du marxisme, le léninisme, et à un modèle politique dont l’influence a marqué le XXe siècle.
Ce portrait se veut factuel : suivre le parcours de Lénine, c’est retracer les grandes étapes qui conduisent de l’Empire russe des tsars au premier État se réclamant du communisme. De l’exil du militant à la prise du pouvoir, de la guerre civile à la Nouvelle politique économique, chaque séquence éclaire la manière dont s’est construit, en quelques années seulement, un régime entièrement nouveau.
Repères essentiels sur Lénine
Nom véritable | Vladimir Ilitch Oulianov |
Dates | 1870 (Simbirsk) – 1924 (Gorki, près de Moscou) |
Rôle | Chef du parti bolchevik, dirigeant de la révolution d’Octobre 1917 |
Fondation | Chef du gouvernement soviétique dès 1917 ; création de l’URSS en 1922 |
Pensée | Léninisme : marxisme adapté, théorie du parti d’avant-garde |
Réforme majeure | NEP (Nouvelle politique économique), à partir de 1921 |
Ces repères posent le cadre : Lénine n’est pas seulement un chef d’État, il est d’abord un révolutionnaire professionnel, entièrement voué au renversement de l’ordre existant. Comprendre son action suppose de tenir ensemble ces deux dimensions, celle du théoricien et celle de l’organisateur, qui font l’originalité de son itinéraire.
La formation d’un révolutionnaire
Vladimir Ilitch Oulianov naît en 1870 à Simbirsk, sur la Volga, dans une famille cultivée de la petite noblesse de fonction. Un événement marque durablement sa jeunesse : en 1887, son frère aîné Alexandre est exécuté pour avoir participé à un complot contre le tsar. Le jeune Vladimir se tourne alors vers la contestation politique et la lecture des textes révolutionnaires.
Devenu marxiste, il fait de l’analyse de Karl Marx la matrice de sa pensée. Arrêté pour son activité militante, il est déporté en Sibérie à la fin des années 1890, avant de choisir l’exil en Europe, où il vivra une grande partie de sa vie d’avant 1917. C’est durant ces années d’exil qu’il adopte le pseudonyme de « Lénine », sous lequel il signe articles et brochures.
À l’étranger, Lénine anime la vie des révolutionnaires russes émigrés : il écrit, polémique, organise. Il théorise notamment la nécessité d’un parti solidement structuré, composé de militants disciplinés et professionnels, capable de conduire la révolution. Cette conception fait de lui l’un des chefs de file du mouvement social-démocrate russe, au sein duquel il défend une ligne intransigeante.
Bolcheviks et parti d’avant-garde
En 1903, le parti ouvrier social-démocrate russe se divise sur la question de l’organisation. Lénine et ses partisans, favorables à un parti restreint et centralisé, forment le courant des bolcheviks — du mot russe signifiant « majoritaires » —, face aux mencheviks, partisans d’un parti plus large et plus souple. Cette scission fonde le mouvement dont Lénine sera le chef incontesté.
L’idée centrale du léninisme apparaît ici : la classe ouvrière ne parviendrait pas seule à une conscience révolutionnaire ; il lui faut un « parti d’avant-garde », composé de militants aguerris, pour la guider et diriger la lutte. Ce parti, discipliné et hiérarchisé, doit être l’instrument de la prise du pouvoir. Cette théorie de l’organisation est l’un des apports les plus durables et les plus discutés de Lénine à la pensée politique.
Ce que désigne le mot « léninisme » Le léninisme est l’adaptation du marxisme opérée par Lénine aux conditions de la Russie du début du XXe siècle. Il insiste sur trois idées : le rôle dirigeant d’un parti d’avant-garde, la nécessité d’une révolution conduite par ce parti, et l’instauration d’une « dictature du prolétariat » comme étape vers le socialisme. C’est un cadre à la fois théorique et stratégique. |
1917 : les révolutions russes et la prise du pouvoir
L’année 1917 est décisive pour la Russie comme pour Lénine. En février, épuisé par la Première Guerre mondiale, l’Empire russe s’effondre : le tsar Nicolas II abdique et un gouvernement provisoire se met en place. Lénine, alors en exil, rentre en Russie au printemps et appelle aussitôt à poursuivre la révolution au profit des soviets, ces conseils d’ouvriers, de soldats et de paysans.
Son mot d’ordre est simple et efficace : « la paix, la terre, le pain », auquel s’ajoute « tout le pouvoir aux soviets ». Il promet de sortir la Russie de la guerre, de distribuer les terres aux paysans et de nourrir les villes. À mesure que le gouvernement provisoire s’enlise, en particulier en refusant de quitter le conflit, l’influence des bolcheviks grandit dans les grandes villes.
Dans la nuit du 25 au 26 octobre 1917 selon le calendrier alors en vigueur en Russie — début novembre pour le nôtre —, les bolcheviks s’emparent des points stratégiques de la capitale et renversent le gouvernement provisoire. C’est la révolution d’Octobre. Lénine devient le chef du nouveau pouvoir, à la tête du Conseil des commissaires du peuple, premier gouvernement se réclamant du socialisme dans l’histoire.
Les premières mesures
Le pouvoir bolchevik agit vite. Il proclame le droit à la paix et engage le retrait de la Russie de la Première Guerre mondiale, entériné en 1918 par un traité coûteux avec l’Allemagne. Il décrète le partage des grands domaines au profit des paysans et place l’économie sous contrôle de l’État. Lénine installe ainsi, dès les premiers mois, les fondations d’un régime radicalement différent de l’ancien ordre impérial.
La guerre civile et le pouvoir bolchevik
La prise du pouvoir n’assure pas immédiatement sa conservation. De 1918 à 1921, la Russie s’enfonce dans une guerre civile opposant les « Rouges », partisans du régime bolchevik, aux « Blancs », coalition hétéroclite d’adversaires soutenus par des puissances étrangères. Le conflit est d’une extrême violence et fait des millions de victimes, aggravées par la famine et les épidémies.
Pour tenir, le régime met en place une politique économique autoritaire, souvent appelée « communisme de guerre » : réquisitions de récoltes, nationalisations, contrôle strict de la production. Sur le plan politique, le pouvoir se durcit et réprime ses opposants. À l’issue du conflit, les bolcheviks l’emportent, mais le pays sort exsangue, son économie ruinée et sa population épuisée.
La NEP, un tournant économique
Face à la crise, Lénine opère un ajustement pragmatique. En 1921, il lance la Nouvelle politique économique, plus connue sous le sigle NEP. Il s’agit d’un recul tactique : après les réquisitions du communisme de guerre, l’État tolère à nouveau une part de commerce privé, de petite entreprise et de propriété paysanne, tout en gardant la main sur les grands secteurs — l’industrie lourde, les banques, les transports.
L’objectif est de relancer une production effondrée et de réconcilier le pouvoir avec une paysannerie majoritaire. La NEP porte ses fruits sur le plan économique et permet une reprise. Elle illustre une caractéristique de Lénine : la capacité à combiner une doctrine intransigeante avec des choix pragmatiques lorsque la situation l’exige. Cette politique restera en vigueur, sous des formes évolutives, durant les années 1920.
La fondation de l’URSS en 1922
L’un des actes majeurs de la période est la création, en décembre 1922, de l’Union des républiques socialistes soviétiques. L’URSS réunit, dans un même ensemble fédéral en principe, plusieurs républiques issues de l’ancien Empire russe, à commencer par la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie et une fédération transcaucasienne. C’est la naissance d’un État nouveau, appelé à durer près de soixante-dix ans.
Cette construction consacre l’œuvre politique de Lénine : un État dirigé par le parti unique, structuré autour de l’idéologie communiste, doté d’institutions inédites. Mais Lénine ne verra pas la suite. Sa santé se dégrade à partir de 1922, à la suite de plusieurs attaques cérébrales qui le contraignent progressivement à se retirer des affaires.
La mort de Lénine et la question de la succession
Lénine meurt le 21 janvier 1924, à Gorki, près de Moscou, à l’âge de cinquante-trois ans. Sa disparition ouvre une intense lutte pour la succession au sommet du parti. Dans ses derniers écrits, il avait exprimé des réserves sur plusieurs dirigeants, dont Joseph Staline, mais ces mises en garde ne suffiront pas à empêcher ce dernier de s’imposer au cours des années suivantes.
Après sa mort, le régime organise autour de Lénine un véritable culte : son corps est embaumé et exposé, la ville de Petrograd est rebaptisée Leningrad, ses textes deviennent une référence obligée. Ce culte contribue à figer sa pensée en doctrine officielle, souvent utilisée pour légitimer les orientations de ses successeurs, y compris lorsqu’elles s’en éloignaient.
Chronologie : les grandes dates de Lénine
Date | Événement |
1870 | Naissance de Vladimir Ilitch Oulianov à Simbirsk |
1887 | Exécution de son frère aîné, tournant de sa jeunesse |
fin des années 1890 | Déportation en Sibérie, puis exil en Europe |
1903 | Scission : naissance du courant bolchevik |
février 1917 | Chute du tsar ; gouvernement provisoire |
octobre 1917 | Révolution d’Octobre : les bolcheviks prennent le pouvoir |
1918-1921 | Guerre civile ; « communisme de guerre » |
1921 | Lancement de la NEP |
1922 | Fondation de l’URSS ; premières attaques de la maladie |
21 janvier 1924 | Mort de Lénine à Gorki |
Lénine au concours : histoire du XXe siècle
Pour les épreuves d’histoire, Lénine est une figure incontournable du début du XXe siècle. Il permet d’articuler plusieurs thèmes majeurs : la chute de l’Empire russe, la naissance du premier État communiste, l’invention d’un modèle de parti unique et les débuts de l’URSS. Bien maîtrisé, son parcours donne une colonne vertébrale chronologique solide.
La rupture de 1917 : deux révolutions, la chute du tsar puis la prise du pouvoir bolchevik.
Le léninisme : parti d’avant-garde, dictature du prolétariat, rôle dirigeant du parti.
Les choix économiques : du « communisme de guerre » à la NEP.
La fondation de l’URSS en 1922 et la question de la succession après 1924.
L’essentiel, à l’écrit comme à l’oral, est de rester factuel et précis : dater correctement la révolution d’Octobre, distinguer bolcheviks et mencheviks, ne pas confondre la période de Lénine et celle de ses successeurs. Cette rigueur chronologique fait souvent la différence entre une réponse approximative et une copie maîtrisée.
Conclusion
Lénine occupe une place centrale dans l’histoire du XXe siècle : en quelques années, il conduit les bolcheviks au pouvoir, dirige un régime en guerre civile, infléchit sa politique économique avec la NEP et donne naissance à l’URSS. Sa pensée, le léninisme, a durablement pesé sur le mouvement communiste mondial.
Mort en 1924, Lénine laisse un État nouveau et une doctrine appelée à connaître bien des relectures. Pour un candidat, l’enjeu est d’en restituer les faits avec exactitude et neutralité, en distinguant l’action de l’homme, le contenu de sa théorie et le destin ultérieur du régime qu’il a fondé.






