Conjonction de subordination : définition, liste et emploi
La conjonction de subordination est ce petit mot invariable qui, à lui seul, met une proposition au service d'une autre : « je sais que tu viendras », « il pleut parce qu'il fait froid », « pars avant qu'il ne soit trop tard »
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La conjonction de subordination est ce petit mot invariable qui, à lui seul, met une proposition au service d'une autre : « je sais que tu viendras », « il pleut parce qu'il fait froid », « pars avant qu'il ne soit trop tard ». Sans elle, deux phrases indépendantes se juxtaposeraient ; grâce à elle, l'une devient subordonnée, dépendante de la principale qu'elle éclaire d'une cause, d'un temps, d'un but ou d'une condition. Maîtriser ce mot-outil, c'est comprendre comment se construit la phrase complexe, savoir choisir entre indicatif et subjonctif, et ne plus confondre subordination et coordination. Voici tout ce qu'il faut retenir, avec la liste complète, les nuances de sens et un exercice pour vérifier.
La réponse rapide Une conjonction de subordination est un mot invariable (que, quand, comme, si, lorsque, puisque, parce que, quoique, afin que, bien que…) qui introduit une proposition subordonnée conjonctive et la relie à la proposition principale dont elle dépend. Elle marque un rapport de sens précis : cause, temps, but, condition, conséquence, opposition… À ne pas confondre avec la conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car), qui relie des éléments de même fonction sans créer de dépendance. Selon la conjonction, le verbe de la subordonnée se met à l'indicatif (parce que, puisque, dès que…) ou au subjonctif (bien que, afin que, avant que, pour que…). |
Conjonction de subordination : définition précise
Une conjonction de subordination est un mot invariable dont la fonction est d'introduire une proposition subordonnée conjonctive et de la rattacher à la proposition principale. Le terme « subordination » dit tout : la subordonnée est placée sous la dépendance de la principale, elle ne peut exister seule. Dans « je crains qu'il pleuve », « qu'il pleuve » n'a aucun sens détaché ; il n'a de valeur que rattaché à « je crains ». La conjonction « que » est le pivot qui rend cette dépendance possible.
Le mot est dit invariable : il ne s'accorde ni en genre, ni en nombre, ni en personne. « Quand », « puisque » ou « bien que » s'écrivent toujours de la même façon, quel que soit le contexte. Cette invariabilité le distingue déjà d'autres mots subordonnants variables, comme les pronoms relatifs (« lequel », « laquelle », « lesquels »), qui, eux, s'accordent avec leur antécédent.
On distingue la conjonction simple, formée d'un seul mot (que, quand, comme, si, lorsque, puisque, quoique), de la locution conjonctive, formée de plusieurs mots dont le dernier est presque toujours « que » : parce que, afin que, bien que, avant que, dès que, pour que, tandis que, de sorte que. La locution conjonctive joue exactement le même rôle qu'une conjonction simple : c'est un ensemble figé qui fonctionne comme un seul mot-outil.
Forme | Constitution | Exemples |
Conjonction simple | un seul mot | que, quand, comme, si, lorsque, puisque, quoique |
Locution conjonctive | plusieurs mots + « que » | parce que, afin que, bien que, avant que, dès que, pendant que |
Tableau 1 — Conjonctions simples et locutions conjonctives de subordination.
Conjonction de subordination et proposition subordonnée conjonctive
La conjonction de subordination donne son nom à la proposition qu'elle introduit : la proposition subordonnée conjonctive. C'est une proposition qui commence par une conjonction (ou une locution) de subordination et qui exerce, dans la phrase, une fonction grammaticale précise, exactement comme le ferait un nom ou un groupe nominal.
Le plus souvent, cette subordonnée est complément. Dans « je pense que tu as raison », la subordonnée « que tu as raison » est complément d'objet du verbe « pense » : on pense quelque chose. Dans « il est parti parce qu'il était fatigué », la subordonnée « parce qu'il était fatigué » est complément circonstanciel de cause : elle indique pourquoi il est parti. La conjonction précise alors la nuance : cause, temps, but, condition, conséquence, opposition, comparaison.
Il faut bien séparer deux grandes familles de subordonnées introduites par « que ». La subordonnée conjonctive est introduite par la conjonction « que », simple outil de liaison sans fonction dans la subordonnée (« je sais que tu mens »). La subordonnée relative est introduite par le pronom relatif « que », qui, lui, a une fonction dans la subordonnée et remplace un antécédent (« le livre que tu lis » : « que » est COD de « lis » et reprend « livre »). Confondre ces deux « que » est l'erreur d'analyse la plus fréquente.
Le test pour distinguer les deux « que » Le « que » conjonction n'a pas d'antécédent et ne remplace rien : on peut souvent le remplacer par « le fait que ». Le « que » pronom relatif reprend un nom placé juste avant (l'antécédent) et occupe une fonction (COD, attribut) dans la relative. « Je vois que tu ris » (conjonction, = le fait que tu ris) ≠ « le sourire que tu as » (relatif, « que » = COD, antécédent « sourire »). |
Liste des conjonctions de subordination par valeur de sens
Il n'existe pas une seule conjonction de subordination, mais une famille entière, que l'on classe le plus commodément selon le rapport de sens qu'elle établit entre la subordonnée et la principale. Une même idée logique (la cause, le temps…) peut être exprimée par plusieurs conjonctions, avec des nuances. Voici les grandes valeurs et leurs conjonctions courantes.
La cause
Elles indiquent pourquoi le fait principal se produit : parce que, puisque, comme, étant donné que, vu que, du moment que, sous prétexte que. « Il reste chez lui parce qu'il est malade. » Elles se construisent avec l'indicatif, car la cause est présentée comme un fait réel.
Le temps
Elles situent le fait principal dans le temps : quand, lorsque, dès que, aussitôt que, pendant que, tandis que, avant que, après que, jusqu'à ce que. « Lorsque le soleil se couche, la ville s'illumine. » La plupart appellent l'indicatif, mais « avant que » et « jusqu'à ce que » réclament le subjonctif (action non encore réalisée).
Le but
Elles expriment l'objectif visé : afin que, pour que, de peur que, de crainte que, de sorte que. « Il parle lentement afin que tout le monde comprenne. » Le but étant une visée non encore atteinte, elles se construisent toujours avec le subjonctif.
La condition et l'hypothèse
Elles posent une supposition : si, à condition que, pourvu que, à moins que, au cas où, pour peu que. « Nous sortirons s'il fait beau. » « Si » se construit avec l'indicatif ; les locutions en « que » (à condition que, pourvu que, à moins que) appellent le subjonctif.
La conséquence
Elles marquent le résultat du fait principal : de sorte que, si bien que, au point que, de manière que, tellement que. « Il a tant travaillé, si bien qu'il a réussi. » Elles se construisent le plus souvent avec l'indicatif quand la conséquence est réelle.
L'opposition et la concession
Elles signalent un obstacle ou un contraste : bien que, quoique, alors que, tandis que, encore que, quand bien même. « Bien qu'il pleuve, il sort. » « Bien que » et « quoique » appellent le subjonctif ; « alors que » et « tandis que », l'indicatif.
La comparaison
Elles mettent deux termes en regard : comme, ainsi que, de même que, autant que, comme si. « Il agit comme s'il savait tout. » Elles se construisent généralement avec l'indicatif.
Valeur | Conjonctions et locutions courantes | Mode dominant |
Cause | parce que, puisque, comme, étant donné que, vu que | indicatif |
Temps | quand, lorsque, dès que, pendant que, avant que, après que | indicatif (sauf avant que, jusqu'à ce que : subjonctif) |
But | afin que, pour que, de peur que, de crainte que | subjonctif |
Condition | si, à condition que, pourvu que, à moins que | indicatif (si) / subjonctif (locutions en que) |
Conséquence | de sorte que, si bien que, au point que, tellement que | indicatif |
Opposition | bien que, quoique, alors que, tandis que | subjonctif (bien que, quoique) / indicatif (alors que) |
Comparaison | comme, ainsi que, de même que, comme si | indicatif |
Tableau 2 — Les conjonctions de subordination classées par valeur de sens.
Conjonction de subordination ou de coordination : ne pas confondre
L'erreur la plus courante consiste à confondre la conjonction de subordination avec la conjonction de coordination. Les deux sont invariables, les deux relient, mais elles ne font pas du tout la même chose.
La conjonction de coordination relie deux mots, deux groupes ou deux propositions de même fonction, placés sur un pied d'égalité. Elle ne crée aucune dépendance. On les retient par la formule mnémotechnique « mais, ou, et, donc, or, ni, car ». Dans « il pleut et il fait froid », les deux propositions sont indépendantes : chacune pourrait exister seule ; « et » les additionne sans en subordonner aucune.
La conjonction de subordination, au contraire, crée une hiérarchie : elle place une proposition sous la dépendance d'une autre. Dans « il reste chez lui parce qu'il pleut », « parce qu'il pleut » ne peut pas exister seule ; elle est subordonnée à « il reste chez lui ». La conjonction de subordination introduit toujours une proposition qui ne tient pas debout toute seule.
Critère | Conjonction de coordination | Conjonction de subordination |
Exemples | mais, ou, et, donc, or, ni, car | que, quand, comme, si, parce que, bien que… |
Relie | des éléments de même fonction | une subordonnée à une principale |
Crée une dépendance ? | non (égalité) | oui (hiérarchie) |
Propositions reliées | deux indépendantes | une principale + une subordonnée |
Exemple | Il pleut et il fait froid. | Il reste parce qu'il pleut. |
Tableau 3 — Coordination et subordination : deux logiques opposées.
Attention au cas de « car » et « parce que » « Car » (coordination) et « parce que » (subordination) expriment tous deux la cause, mais ne fonctionnent pas pareil. « Car » relie deux propositions indépendantes et ne peut jamais ouvrir une phrase ; « parce que » introduit une subordonnée et peut répondre à la question « pourquoi ? ». On dit « Pourquoi ris-tu ? — Parce que c'est drôle », jamais « Car c'est drôle ». C'est le test le plus sûr pour les séparer. |
Conjonction de subordination : indicatif ou subjonctif ?
Une fois la conjonction choisie, une question se pose : à quel mode mettre le verbe de la subordonnée ? Tout dépend de la façon dont l'action est présentée. Si elle est donnée comme réelle, avérée, on emploie l'indicatif ; si elle est seulement envisagée, voulue ou hypothétique, on emploie le subjonctif.
Les conjonctions qui présentent un fait comme réel commandent l'indicatif : parce que, puisque, comme (cause), quand, lorsque, dès que, après que, pendant que (temps réel), si bien que, de sorte que (conséquence réelle), alors que, tandis que (opposition). « Puisqu'il est là, commençons » : sa présence est un fait.
Les conjonctions qui présentent un fait comme virtuel — souhaité, redouté, non encore réalisé — commandent le subjonctif : afin que, pour que, de peur que (but), avant que, jusqu'à ce que (temps non atteint), bien que, quoique (concession), à condition que, pourvu que, à moins que (condition). « Bien qu'il fasse froid, il sort » : le froid est concédé comme un obstacle.
Conjonction | Mode | Exemple correct |
parce que | indicatif | Il reste parce qu'il est fatigué. |
puisque | indicatif | Puisque tu insistes, j'accepte. |
quand / lorsque | indicatif | Quand il arrive, tout change. |
bien que / quoique | subjonctif | Bien qu'il soit tard, il travaille. |
afin que / pour que | subjonctif | Il explique afin qu'on comprenne. |
avant que | subjonctif | Pars avant qu'il pleuve. |
à condition que | subjonctif | Tu réussiras à condition que tu travailles. |
si (hypothèse) | indicatif | Si tu viens, préviens-moi. |
Tableau 4 — Le mode du verbe selon la conjonction de subordination.
Le piège de « après que » et « avant que » Ces deux locutions sœurs ne suivent pas la même règle. « Avant que » + subjonctif (action non encore réalisée : « avant qu'il parte »). « Après que » + indicatif (action déjà accomplie : « après qu'il est parti », et non « après qu'il soit parti », faute très répandue). Le sens tranche : ce qui vient « après » un fait suppose ce fait réalisé, donc réel, donc indicatif. |
Conjonction de subordination : les pièges à connaître
« Que » remplaçant une autre conjonction
Quand deux subordonnées de même valeur se suivent, on ne répète pas la conjonction : on la remplace par « que ». « Comme il pleuvait et que la nuit tombait, nous sommes rentrés » : le second « que » reprend « comme ». De même, « S'il vient et qu'il apporte le dossier… » : « qu' » remplace « si » et entraîne le subjonctif (« apporte »).
Ne pas confondre « quand » et « quant à »
« Quand » est une conjonction de subordination de temps (« quand il arrive »). « Quant à » est une locution prépositive qui signifie « en ce qui concerne » (« quant à moi, je pars »). Elles se prononcent presque pareil mais n'ont rien à voir : « quand » introduit une subordonnée, « quant à » introduit un complément.
« Comme » : conjonction aux multiples valeurs
« Comme » peut marquer la cause (« Comme il pleuvait, nous sommes restés »), le temps (« Comme il entrait, le téléphone sonna ») ou la comparaison (« Il est têtu comme une mule »). Seul le contexte permet de trancher : c'est l'une des conjonctions les plus polyvalentes de la langue.
Exercice : reconnaître et employer les conjonctions de subordination
Complète ou analyse chaque phrase, puis vérifie tes réponses dans le corrigé qui suit. Attention au mode du verbe.
Souligne la conjonction de subordination : « Je resterai jusqu'à ce que tu reviennes. »
Indicatif ou subjonctif ? « Bien qu'il (être) malade, il est venu. »
Coordination ou subordination ? « Il travaille et il chante. »
Complète avec une conjonction de cause : « … tu es prêt, partons. »
Indicatif ou subjonctif ? « Je t'attends afin que nous (partir) ensemble. »
Quelle valeur exprime « avant que » dans : « Ferme la fenêtre avant qu'il ne pleuve » ?
Remplace la conjonction répétée par « que » : « Comme il faisait nuit et comme il gelait, nous sommes rentrés. »
Indicatif ou subjonctif ? « Puisqu'il (avoir) raison, inutile de discuter. »
Corrigé 1. « jusqu'à ce que » (conjonction de temps, + subjonctif). 2. Bien qu'il SOIT malade (subjonctif). 3. Coordination (« et » relie deux propositions indépendantes de même fonction). 4. Puisque / Comme tu es prêt, partons (cause, indicatif). 5. afin que nous PARTIONS ensemble (but, subjonctif). 6. Le temps (action non encore réalisée), avec subjonctif. 7. « Comme il faisait nuit et QU'il gelait, nous sommes rentrés. » 8. Puisqu'il A raison (indicatif : la cause est réelle) |
Conjonction de subordination : les réflexes à garder
Repère le mot invariable qui ouvre une proposition ne tenant pas debout seule : c'est une conjonction de subordination.
Classe-la par valeur de sens (cause, temps, but, condition, conséquence, opposition) pour comprendre son rôle.
Choisis le mode : indicatif si le fait est réel (parce que, puisque, quand), subjonctif s'il est envisagé (bien que, afin que, avant que).
Ne la confonds pas avec « car » ou « et » (coordination), qui relient sans subordonner.
Avec ces automatismes, l'analyse de la phrase complexe devient limpide : on identifie la principale, on repère la conjonction, on nomme la subordonnée et on accorde le verbe au bon mode. C'est la clé d'une syntaxe sûre, en dictée comme en rédaction.
Conclusion
La conjonction de subordination est le mot-clé de la phrase complexe : ce petit outil invariable — que, quand, comme, si, parce que, bien que, afin que — relie une proposition subordonnée à la principale et lui donne son sens exact, cause, temps, but, condition ou opposition. La reconnaître, c'est distinguer la subordination (qui hiérarchise) de la coordination (qui égalise), séparer le « que » conjonction du « que » relatif, et surtout choisir le bon mode : indicatif pour le réel, subjonctif pour le virtuel. Une fois ces repères en place, l'analyse grammaticale cesse d'être un casse-tête et la construction des phrases gagne en précision comme en élégance.






